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Titre : Baguettes chinoises (vo : Kuaizi guniang)
Auteur :Xinran
Date : 2008
Nombre de pages  :335

  • L’intrigue :

Trois, jeune fille chinoise fuit son village à l’aide d’un oncle pour échapper à un mariage arrangé. Troisième fille dans une famille de six filles, elle va tenter sa chance à la ville (Nankin) et essayer de prouver que même les femmes sont capables de réussir leur vie et ne sont pas inutiles comparé aux hommes.

Deux de ses sœurs, Cinq et Six vont la rejoindre un an plus tard et toutes les trois vont lutter pour se faire une place et gagner le respect des autres.

  • Ce que j’en ai pensé

Je voulais lire son roman « Chinoises »,mais il ne se trouvait pas à la bibliothèque. J’ai donc pris celui là pour découvrir l’auteur et je n’ai pas regretté.

Dès le début, le ton est donné: en guise d’épilogue, Xinran nous raconte l’anecdote d’une femme à la campagne qui s’est suicidée parce qu’elle n’arrivait pas à avoir un fils. Et son époux de dire « Et puis c’est sa faute à elle,si elle n’a su mettre au monde qu’une poignée de baguettes et aucune poutre! »

Et oui, les femmes sont des baguettes…Des objets cassables, fragiles et qu’on peut remplacer sans problème…et les hommes des poutres, c’est à dire ce qui tient la maison en place, le pilier, ce qui est indispensable.

Et c’est la phrase d’une villageoise  » Je vais leur montrer, moi,à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre! » qui a donné à Xinran d’écrire ce livre.

Ce qui est impressionnant, c’est la différence de mentalité entre la ville et la campagne (campagne pourtant pas si lointaine que ça)
La campagne a un retard non pas d’années, mais plutôt de dizaines et dizaines d’années avec la ville.

Et on a peur pour ces trois gamines tellement naïves, tellement ignorantes, qui se retrouvent en ville, les proies de tous les méchants. Heureusement, elles ont eu la chance de tomber sur les bonnes personnes.
Et lentement, elles arrivent à se développer, à avancer, à prendre confiance en elles. On les prend en compte et pas comme des pièces en trop.

Les trois sœurs sont trois schémas différents :
-Trois, plutôt dégourdie, mais qui n’arrive pas à s’intégrer et ne deviendra jamais citadine et finira par se soumettre aux « règles » de son village

-Cinq, illettrée et plus lente que ses autres sœurs arrivera à force d’efforts à réussir dans un domaine manuel,mais non intellectuel : mais restera toujours une campagnarde à la ville

-Six, elle est au collège, sait lire et parle un peu anglais. Elle va tout faire pour s’émanciper et quitter son monde pour voir de nouveaux horizons.

On entend parler de la Révolution Culturelle de loin, sous forme de souvenirs de certains citadins…et cela est effrayant. ( Et cela m’a fait penser au roman Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie, roman que j’avais beaucoup aimé)

C’est un roman qui se veut plein d’espoir,malgré le thème plutôt sombre.
C’est peut-être mon seul reproche : tout est un peu happy-end durant tout le livre. Elles rencontrent immédiatement les bonnes personnes, trouvent un travail en moins d’une heure,tout le monde cherche à les aider…
Xinran a voulu rendre hommage à toutes ses femmes et montrer que s’émanciper et prendre une véritable place dans le monde était possible.
Mais après, quand on voit l’épilogue de ce qui est arrivé à ces trois femmes ( car ce sont des histoires vraies, mais elles n’avaient aucun lien entre elles) on a froid dans le dos…

  • Extrait

    A ton avis, Six,pourquoi nos deux oreilles se trouvent-elles de chaque côté de notre tête? C’est pour nous permettre d’entendre ce qui vient à la fois de droite et de gauche, car ce ne sont pas forcément les mêmes sons. De même, certaines choses existent et ça ne veut pas dire pour autant que tu les vois, ou que tu les voies telles qu’elles sont vraiment. 

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