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Titre : Retour à Brideshead (vo: Brideshead Revisited)
Auteur : Evelyn Waugh
Date : 1945
Nombre de pages : 606

  • L’intrigue :

Charles Ryder se lie d’amitié à Oxford avec un jeune Lord Sebastian Marchmain. Il s’attache peu à peu à ce jeune homme et est autorisé à pénétrer dans son monde et à faire la connaissance de toute la famille. Très vite considéré comme un proche, il ne pourra empêcher son ami de sombrer dans l’alcoolisme dû à ses rapports difficiles avec l’autorité, sa religion, sa mère et sa nature…

  • Ce que j’en ai pensé :

La grande majorité de ce livre se passe durant les années folles, donc avec une ambiance assez particulière, où l’art de vivre et les mœurs de l’aristocratie anglaise tentent de s’adoucir sans y parvenir tout à fait.

L’histoire se déroule sous le point de vue de Charles, un jeune homme qui n’appartient pas vraiment à ce milieu et qui découvre avec nous ce monde. Comme il le dit, durant les grandes vacances, Sebastian est reparti vers un monde auquel il n’a pas accès.
Et même si le narrateur est Charles, les véritables personnages de ce roman sont la famille Marchmain . Les deux soeurs, les deux frères et les deux parents.

[Attention je dévoile la suite]

La religion tient une grande place dans ce livre.
C’est certainement en partie de la religion que Sebastian s’en veut tellement, c’est la religion qui a en partie détruit le mariage des parents, c’est la religion qui séparera finalement Julia de Charles.

Je pense que Waugh montre que si la religion est enseignée dès l’enfance, que les termes comme paradis, enfer, rédemption font partis du langage courant, alors cette personne aura du mal à s’en détacher.
Julia a essayé, a prétendu ne plus avoir la foi, pourtant c’est elle qui a la fin amène le prêtre pour son père et qui quitte Charles, parce qu’elle se rend compte qu’elle ne peut pas finalement « vivre dans le péché ».

La religion est donc abordé tantôt avec cynisme (le rôle de Charles) tantôt avec humilité (Cordelia) et sérieux (Térésa la mère). C’était très intéressant de voir ces différents points de vue, les voir se confronter.

L’histoire d’amour Charles / Julia ne m’a pas vraiment passionné. J’ai préféré la première partie du livre, quand Charles découvre leur monde et l’université. Le personnage de Charles à la fin , amer, blasé et solitaire ne m’a pas plu plus que ça. Cela manquait d’émotion je trouvais…Émotion que je trouvais sans problème dans la famille Marchmain…

J’ai beaucoup aussi aimé le personnage d’Anthony, un drôle d’homme, ouvertement homosexuel, plein de manières et étranges et pourtant le seul personnage lucide et vraiment honnête. On le suit lui aussi à travers les années et c’est le seul personnage qui ne change pas vraiment et qui reste fidèle à lui-même.

Une grande question : Qu’est-il arrivé à Sebastian?
Pourquoi devient-il alcoolique, ne supporte-t-il plus sa famille et sa façon de vivre? Est-ce juste un problème avec l’autorité? Et qu’elle est sa relation avec ce jeune allemand après?
En gros, Waugh, durant tout le roman joue sur l’idée que peut-être Sebastian est homosexuel, chose plutôt mal vu à cette époque. On ne le saura pas et d’ailleurs, une fois que Charles perd Sebastian de vue, on n’aura que rarement l’occasion d’entendre parler de lui.  Si ce n’est pour suivre sa destruction année par année…le jeune homme cynique et charmant du début n’a plus rien à voir avec le vieil homme avant l’âge détruit par l’alcool et la tristesse.

  • Extrait

-Mon Dieu, voyez-vous, il y avait quelque chose de la sainte, mais ce n’en était pas une. Personne ne saurait avoir de la haine pour une sainte, vous ne croyez pas? De même qu’on ne saurait vraiment détester Dieu aussi. Quand on veut les haïr, Lui et Ses Saints, il faut bien trouver quelque chose qui ressemble à soi-même, dont on peut faire semblant de croire que c’est Dieu et qu’on peut détester.

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