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Titre : Soie (vo :Seta)
Auteur : Alessandro Baricco
Date : 1997
Nombre de pages : 120

  • L’intrigue :

Vers 1860, Hervé, un jeune homme décide de partir au Japon pour trouver des œufs sains de vers de soie, dont il fait le commerce. Il quitte sa femme Hélène et s’engage dans un long voyage pour rencontrer le seigneur Hara Kei, qui vit dans un petit village et qui est prêt à lui vendre des œufs. Il rencontre également une jeune femme européenne, qui ne parle jamais et qui ne quitte pas le côté de Hara Kei, dont il devient très vite fasciné.

  • Ce que j’en ai pensé :

J’ai trouvé que ce roman avait la forme d’un conte ayant pour thème le sens de la vie et  de l’amour, tout nous faisant découvrir un pays peu visité au XIXième siècle, le Japon.

Ce qui m’a posé un problème dans ce roman, c’est que le personnage ne vit pas réellement.
On a plus l’impression qu’il se laisse aller, qu’il  subi sa vie et ce qui lui arrive au lieu de la vivre et de réagir.
Qu’il s’est construit deux mondes : le réel avec son épouse aimante qui l’attend à la maison et l’imaginaire avec la jeune fille au Japon, où il peut prétendre être un héros, un homme qu’il n’est pas réellement. Et il est incapable de lâcher l’un ou l’autre de ces deux mondes.

[Attention, je dévoile la fin]

C’est vraiment l’histoire d’un couple, qui traverse le temps et les absences de l’époux: car Hélène voit bien qu’il rêve d’une autre femme tout en continuant à l’aimer, elle.
Et je trouve ça triste de la voir se rendre compte que de l’autre côté de la planète, son mari a une autre femme et qu’il y retourne tous les ans, malgré le danger, la guerre et le temps qui passe.

Et pourtant avec cette autre femme -qui est au passage la maitresse d’un homme puissant du village-  il ne se passe presque rien…un regard…un mot…une nuit ou elle le rejoint…c’est tout. C’est presque un rêve et il va continuer à rêver des années et des années avant le réveil un peu brutal : la mort de sa femme.

Et se rendre compte que la lettre en japonais, n’est pas de la jeune femme au Japon, mais de sa femme, c’était affreux. Il a attendu toutes ses années et à la mort de sa femme, il va  lire une magnifique déclaration d’amour de la personne qui a partagé sa vie durant toutes ses années…seulement, c’est trop tard pour lui répondre.

Le style m’a plu, car il était assez original, par rapport à ce que j’avais lu auparavant. C’est un style très simple, épuré, avec des chapitres très courts et numérotés. L’auteur a essayé de faire ressembler ses chapitres à des petits poèmes comme les haïkus, je pense.

  • Extrait :

C’était au reste un de ses hommes qui aiment assister à leur propre vie, considèrent comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.

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