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Titre : Le quai de Ouistreham
Auteur : Florence Aubenas
Date : 2010
Nombre de pages : 322 

  • L’intrigue

Florence Aubenas, journaliste, décide de se mettre dans la peau d’une femme célibataire cherchant un emploi, pour ressentir les effets de la crise.

Inscrite au chômage dans une ville, avec pour seul bagage son baccalauréat, elle raconte sa lutte pour trouver un travail, les effets de la crise dans le quotidien des foyers précaire. A Pôle Emploi, en voyant son CV, on lui conseille une voie : femme de ménage. Elle ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura décroché « l’impensable » : un CDI.

  • Ce que j’en ai pensé

C’est vrai qu’en commençant ce livre, je me suis identifiée à Florence Aubenas dans son introduction : La crise on en a tous entendu parler, cela donne une impression de fin du monde, mais pour moi, rien n’a changé dans mon quotidien. Je ne la voyais qu’à travers les informations, les journaux et la télé.

C’est assez violent comme témoignage. C’est déprimant. Tu sors de cette lecture, tu n’as plus tellement envie de te plaindre…

C’est tout un autre monde dans lequel elle plonge : un monde où 150 euros, c’est un véritable parachute doré, où faire 3 heures et demi de transport pour une heure de travail ne soulève même pas d’interrogation, où on doute de la véracité de la crise (et si c’était un coup des politiciens pour nous donner plus d’impôt ?)

C’est aussi une fatigue extrême permanente. Ces personnes enchaînent parfois trois travails différents, se lèvent très tôt le matin pour nettoyer avant l’arrivée des employés ou très tard le soir, une fois que tout le monde est parti dans l’entreprise…Tout ça pour 100 euros, 150, parfois 400…

C’est avoir des problèmes de santé et ne pas aller voir le médecin…le médecin c’est possible dans un autre monde, une autre vie…on y pense même pas là…

Les conditions sont déprimantes aussi bien du côté des chercheurs d’emploi (qui ne trouvent rien, les offres partent en moins d’une heure) que du côté de Pôle Emploi.

Eux ont une peur constante d’un attentat, d’un « client » (car maintenant on doit les appeler les clients) qui revient se venger, peur de ne pas faire les chiffres qu’il faut, que les chômeurs ne se présentent pas au rendez-vous obligatoire une fois par mois (qui avant durait parfois plus d’une heure, maintenant c’est 20 minutes…souvent moins) et que l’alarme de leur ordinateur s’enclenche (puisqu’il ne fait pas du chiffre)…

Ils sont submergé, ils ne savent pas comment gérer tout ça, donc ils vont vite, très vite pour traiter tous les dossiers, pour rattraper le retard…

On ne peut pas dire que j’ai pris du plaisir à cette lecture…c’était très intéressant, je l’ai lu d’une traite, je me suis indignée, j’ai été effarée…il m’a permis de mettre les choses en perspectives on va dire.
Elle qui était pleine de courage au début devient de plus en plus fatiguée, déprimée et sans force…Elle accepte tout et n’importe quoi pour un contrat, elle n’a pas le choix de toute façon.

En tout cas, je le conseille à tous. Un tel témoignage, cela remet les idées en place.

  • Extrait

Elle a brusquement une voix rauque et dure qu’on ne lui devinait pas :
-Si tu ne fais pas tout ça, t’es mort. Fini, t’existes plus. C’est du donnant-donnant avec le patron. Il faut savoir rester en bas pour réussir. »

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