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Titre : Accès direct à la plage 
Auteur :  Jean-Philippe Blondel
Date : 2003
Nombre de pages : 108

  • L’intrigue :

Au rythme d’un narrateur par chapitre, des hommes, des femmes, ou des enfants nous parlent de leurs vies, de leurs façons de percevoir le monde et leur entourage.

Une chose les relie et les rassemble : la mer et les stations balnéaires dans lesquelles ils se succèdent.
Ce livre se divise en 4 tranches de vie, séparées de 10 ans, où on voit les personnages évoluer sous des points de vue toujours différents.

 

  • Ce que j’en ai pensé :

C’est mon troisième roman de Jean-Philippe Blondel et c’est un véritable coup de cœur pour moi.

Je suis sortie de ce roman époustouflée. Abasourdie. Sans voix.
C’est, sans hésiter, mon préféré des trois que j’ai lu et de loin.

Il est capable de prendre la voix de tout le monde…du veuf à l’adolescente de 15 ans, en passant par le macho et la femme mariée qui s’ennuie…
Il est crédible dans tous ses témoignages, chose que je trouve assez rare.

Cela traite de mon thème préféré : les relations humaines:
Comment chaque personnage voit son entourage, comment on comprend après coup pourquoi un personnage a agi comme ça, après avoir vu son point de vue.

On se rend compte que la plupart du temps, personne n’a complètement tort. Tout le monde a un peu raison (enfin presque tout le monde, il y a un point de vue qui m’a complètement hérissée et bloquée) et que si ils avaient fait l’effort de s’expliquer un peu plus, calmement, ils se seraient compris et certains n’auraient peut-être pas mal tourné.

Il y a quelques histoires, quelques points de vue, qui terminent sur un point positif. Mais si peu…le reste du temps, il n’y en a pas un pour racheter l’autre, ils ont des idées étriquées, un manque d’amour, la certitude d’avoir eu raison et les autres forcément tort tout le temps…c’est un peu déprimant tout de même. Je ne vois pas la vie et le monde de manière si négative.

Plus on arrive vers la fin et plus tout se recoupe. On comprend tout, les liens se font, on voit les relations. Ce livre est très bien construit, c’est un plaisir de le lire.

[Attention je dévoile la fin!]

Ce que j’ai préféré, c’est quand certains personnages parlent d’autres personnages sans savoir ce qu’ils sont devenu alors que nous on ne le sait que trop.
On sait que le petit garçon qui a lu des Spirou avec un autre gamin a fini à 19 ans par violer et tuer en groupe une gamine de 15 ans et qu’il s’est suicidé dans sa cellule, après un procès où tous ses amis ont rejeté la responsabilité sur lui.

Des portraits qui se croisent et se recroisent, des cercles qui recommencent à l’infini, l’ado anarchique qui finit par être un monsieur honorable qui continue encore et toujours à ressasser son voyage aux Etats-Unis de quand il était jeune…

Et on termine par celui  avec qui on avait commencé : L’enfant solitaire qui est devenu un adulte solitaire, ses illusions envolées et toujours avec ce rêve inaccessible : faire partie du Club Mickey.

Petit, le club Mickey était le lieu, où tous les petits garçons allaient et lui en était exclu. Plus grand, c’est devenu le club de ceux qui avancent dans la vie, qui font quelques chose et il a l’impression d’en être toujours exclu.

C’était beau, émouvant, drôle parfois, triste voir abominable (lire un des violeurs parler d’injustice quand il évoque sa peine de 5 ans en prison c’est… à peine supportable)

On se retrouve devant des portraits de gens bien, de gens pas bien, de gens ordinaires…et le grand thème de Blondel : la vie qui passe et les personnes qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont.

J’aime les histoires de la vie qui passe et les hommes qui font avec ce qu’ils ont. Je trouve ça toujours passionnant de voir comment ils se débrouillent avec leurs consciences, avec leurs erreurs et leurs rêves.

 

En deux mots, je trouve que ce livre est un petit bijou et je le conseille vivement.

 

 

  • Extrait :

Dans la voiture, ils se tenaient la main sur la banquette arrière et ils regardaient le paysage en souriant. Je suis sûr qu’ils ne voyaient rien. Ils commençaient à imaginer. Vivre avec elle. Vivre avec lui. Un bonheur timide.

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