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Titre : Rien (VO : Intet )
Auteur : Janne Teller
Date : 2007
Nombre de pages : 140

  • L’intrigue : 

Alors que la rentrée arrive, Pierre Anthon, un élève de 4e sans histoire, annonce qu’il a compris le sens de la vie : c’est tout simple, il n’y en a pas.
Il déclare que « tout commence pour finir » , il quitte l’école et va s’installer dans un arbre.

Ses camarades ne comprennent pas son geste. Ils essayent alors de lui prouver qu’il a tort que la vie vaut quelque chose et décident de « construire » un « mont de signification »  : chacun leur tour ils désignent au suivant ce que l’enfant doit abandonner (quelque chose auquel il tient) pour le mettre sur le « mont ».

Cela commence tout doucement…mais ce qu’il faut abandonner va de plus en plus loin.

  • Ce que j’en ai pensé:

Je suis sortie de ce livre limite traumatisée. Franchement, je pense que je regrette de l’avoir lu. Il y a des images, des idées que je n’avais pas envie d’avoir en tête.
Il est violent ce livre, on s’en prend plein la figure et évidemment cela amène à réfléchir, à se poser des questions sur soi même, mais là, c’était trop pour moi.

Je crois que le plus hallucinant est, que ces enfants n’ont aucune frontière, aucune limite.
A aucun moment il y en a un qui dit réellement stop. Qui se fâche et se révolte. Certains font des crises de panique et hurlent, mais ils finissent par se résigner.

Ce qui me fait peur, c’est de savoir que le livre est adressé aux enfants (en effet, c’est un livre jeunesse). Faire lire ce livre à un enfant, sans avoir un adulte qui lui explique tout après, c’est de la folie.

On sait tous que les enfants sont plutôt cruels par nature, qu’ils n’ont pas encore réellement de sens des réalités bien fixés et que cela peut dégénérer très facilement si les adultes n’interviennent pas.
(d’ailleurs, en parlant d’adules, dans ce livre, ils sont quasiment inexistants…ils n’apparaissent qu’à la fin et ils n’arrivent pas à gérer correctement ce qui arrive à leurs enfants!)

Et bien évidemment, quand les enfants sont obligés de céder quelque chose auquel ils tenaient beaucoup, ils décident de se venger sur le suivant. Et ça va de plus en plus loin, c’est de plus en plus grave et comme il y a l’effet de groupe et aucun sens des proportions, cela finit par dégénérer.

[Attention je dévoile la fin]

Je ne sais pas le pire, entre le viol collectif, le petit frère déterré ou le doigt coupé, ces gamins ont tous de sacrés problèmes ! Ils sont marqués à vie!

Et pendant ce temps, Pierre Anthon reste sur son prunier et continue à proclamer que la vie n’a pas de sens alors qu’en dessous, ses camarades de classe détruisent leur enfance et leur vie à essayer de lui prouver le contraire.

Je me sentais mal à la fin.
En effet, s’ils traitent la vie comme ca, il a raison Pierre, la vie ne vaut rien. Eux qui essayaient de prouver que la vie avait un sens, j’ai l’impression qu’ils n’ont réussis qu’a faire le contraire en s’enfonçant dans la barbarie -et en finissant par lyncher Pierre, donnant un point final à son idée :  ils ne respectent même plus la vie.

Donc voilà…c’est un livre extraordinaire, très fort dans son message…mais pour moi, cela a été trop. je ne le conseille pas aux personnes sensibles et encore moins aux enfants.
  •  Extrait :
La pensée n’a de valeur qu’à l’instant où elle est pensée.
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