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Titre : La sagesse de l’éditeur
Auteur :  Hubert Nyssen
Date : 2006
Nombre de pages : 111

  • L’intrigue

Hubert Hyssen nous parle de son métier d’éditeur.
C’est un témoignage, où on ne parle pas tellement du côté technique du métier, mais plutôt de comment est-ce qu’ils en sont arrivé là et pourquoi. Ils nous disent pour quelles raisons leurs métiers les passionnent.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce livre vient de la collection « la sagesse d’un métier » qui parle de différents métiers avec toujours ce même titre « la sagesse de… ».

Je possède « la sagesse du bibliothécaire »  que j’avais trouvé – évidemment – très intéressant et j’espère lire un jour « La sagesse du professeur de français ».
J’aime beaucoup lire des témoignages qui ont trait à la lecture, qui racontent comment les gens en sont venus à la lecture, pourquoi, comment ils lisent …
Tout d’abord parce que j’arrive facilement à m’identifier, ensuite, parce que souvent ils citent un tas de livres et d’auteurs que je ne connais pas et que je retiens pour les découvrir. J’adore quand un livre me donne plein d’idées de lecture !

Hubert Nyssen est le fondateur d’une maison d’édition que j’aime beaucoup, qui m’a fait découvrir de très beaux livres : Actes Sud.
Une des seules maisons d’édition qui se trouve en Provence et qui a énormément de succès. Je trouve le format et les couvertures plutôt sobres et élégantes.

Il nous parle donc de son métier et dans la multitude d’anecdotes et de conseils et d’explications voici ce que j’ai retenu :

1. L’édition c’est de la folie. C’est des paris. Parfois, cela marche, parfois c’est un succès, parfois c’est une catastrophe.
Il faut avoir les fonds pour maintenir la maison à flot. Il faut oser se lancer, avoir une sorte de sixième sens et voir ce qui est un chef d’œuvre et ce qui ne l’est pas.

(Ce qui l’a lancé, ce fut la découverte de Nina Berberova, inconnue en France alors qu’elle avait écrit ses romans plus de 40 ans auparavant.  Leur rencontre a été le début et le succès pour les deux .
De même pour Paul Auster qu’Actes Sud a lancé en Europe. Quand les Etats-Unis ont vu son succès, ils ont alors commencer à l’éditer.)

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2. La plupart des éditeurs ont été attiré par l’écriture. :

Etre éditeur, c’est un autre moyen d’être proche de l’écriture, d’être son « protecteur » son « dépositaire » en quelque sorte.

D’ailleurs, le monument de l’éditeur, son œuvre, – son chef-d’œuvre devrais-je dire – est son catalogue. Tous ses auteurs qui se côtoient, qu’il a rassemblé dans sa maison, certains se ressemblant, d’autres ne pouvaient être plus différents…

A propos de cela, j’ai beaucoup aimé une citation de Pierre Assouline sur Gaston Gallimard «  Il ne fut l’auteur d’aucun livre, mais il les a tous signés »

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3. C’est un métier, où la passion pour la découverte est essentielle.  Le rôle de l’éditeur est de protéger l’écriture et de la perpétuer.  D’éviter que les textes ne tombent dans l’oubli (ce qui ne semble pas très évident dans notre société de « maintenant » et de  « tout de suite »)

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4. Ce métier est entrain d’évoluer, hélas dans une direction un peu douteuse : Maintenant certains éditeurs n’hésitent plus à le dire « il faut faire du chiffre! »

Il s’est déjà retrouvé devant des jeunes éditeurs, qui avouaient tranquillement qu’ils n’avaient pas le temps de lire, sans qu’ils remarquent le comique de la situation : Un éditeur qui ne lit pas ? Comment est-ce que c’est possible ?

Il nous parle aussi des auteurs qui tentent de copier les styles qui ont du succès, ces auteurs qui écrivent ce qu’on attend qu’ils écrivent et les éditeurs qui finissent par préférer les livres  « performants » aux livres révélateurs.

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5. L’éditeur de nos jours, se retrouve devant deux choix :
Ou il reste un passeur d’idées et d’émotions où l’écriture est la reine ou  bien il devient une sorte de commerçant et fait plus facilement de l’argent.

(Et je suis tout à fait d’accord avec lui, quand il dit que le livre ressemble à une marchandise maintenant : un papier souvent de mauvaise qualité, où on prend le plus d’espace possible, donnant des textes tout ratatinés, des couvertures criardes avec des appréciations et des incitations à la lecture, qui sont plus grandes que la police du titre et de l’auteur)

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6. Pour Hubert Nyssen la sagesse de l’éditeur réside dans l’alliance entre l’éditeur et l’auteur, une alliance qui va bien plus loin que la simple relation « contrat d’édition ».
Le rôle de l’éditeur, c’est, en partie, de montrer à l’auteur ce qu’on voit quand on lit son texte, ce qui est souvent différent de ce que l’auteur voulait dire en fait.

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7. Pour lui, l’écriture est le lieu de rencontre de trois folies, celle de l’auteur, celle de l’éditeur et celle de la lecture. Les trois s’investissent certes à des nouveaux différents, mais ils essayent de se rassembler .

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Il rend un bel  hommage aux lecteurs aussi :

« Et s’il est avéré qu’on ne saurait écrire sans lire, il n’en est pas moins certain que lire est une manière que lire est une manière d’écrire ou de récrire et que partant, le lecteur est une espèce d’auteur. »

On a envie de citer tout le livre, c’est terrible! En tout cas, j’ai beaucoup aimé lire ce petit livre, qui m’a appris beaucoup de choses et qui m’a conforté dans plusieurs de mes idées!

  • Extrait

Ainsi donc, au moment où, enfin, j’étais devenu éditeur, j’étais entré sans le savoir dans le processus de cette crise. Maintenant je sais , et je dis à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure et que jamais je ne décourage : entrer dans l’édition c’est entrer dans la crise. Et c’est fort bien ainsi. La crise attise la détermination.

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