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Titre : Rosa Candida  
Auteur : Auour Ava Ólafsdóttir
Date : 2010
Nombres de pages : 334

  • L’intrigue

Arnljótur, un jeune homme d’une petite vingtaine d’années quitte la maison familiale, où se trouve son frère jumeaux autiste et son père.
Trop de choses sont arrivés dans les mois précédents (sa mère morte dans un accident de voiture avec qui il était très proche, un enfant avec Anna, une de ses aventures d’une demi-nuit) et il aspire à un peu d’indépendance.

Il décide de s’éloigner un peu de son entourage, pour prendre le temps de comprendre ce qui lui arrive et ce qu’il veut. Il propose ses services de jardinier à un monastère, réputé pour son magnifique jardin de roses, hélas à l’abandon.

Les moines acceptent et Arnljótur part avec dans ses bagages des boutures de « Rosa Candida » les fleurs préférées de sa mère.

  • Ce que j’en ai pensé

On a beaucoup entendu parler de ce petit livre dernièrement et le voyant à la bibliothèque, j’ai sauté sur l’occasion pour le découvrir.

Le héros est plein de candeur, de naïveté. Il décide de partir, de quitter le nid familial et il devient petit à petit (enfin, assez rapidement là quand même) un adulte.

Je me suis identifiée au personnage au début, quand il est seul dans sa petite chambre, content d’être parti, mais en se demandant ce que fait son père en ce moment précis, de ce qu’il va manger…
Il est content d’être indépendant, mais il éprouve aussi de la peur, de la nostalgie et une petite envie de retrouver la sécurité du foyer de l’enfance, où il n’aura pas à se préoccuper de responsabilités.

Mais il ne s’agit pas juste d’un jeune adulte qui s’émancipe.
Ce jeune homme a quand même eu quelques problèmes (mort de la mère, enfant) et sa décision de partir vient de là. Il cherche à savoir ce qu’il veut, comment il veut être et ce qu’il va faire. Il aime jardiner (une passion qui lui vient de sa mère) et donc, il décide de partir loin, travailler dans le jardin d’un monastère tombé dans l’oubli, où il y a des centaines de variété de ses fleurs préférées : les roses.

Il décide même d’y apporter une nouvelle variété, les rosa candida, les roses à huit pétales, les fleurs préférées de sa mère.

Le jardin est à l’abandon et il va le reconstruire et lui rendre sa splendeur du passé (métaphore de sa vie qui est à l’abandon aussi et qu’il reconstruit lentement). Même si il s’ennuie un peu le soir, qu’il manque de contacts humains (il a du mal à comprendre le patois qu’on parle dans le village) cette vie cadrée et règlementée lui fait du bien et lui permet de réfléchir à sa vie et sur ce qu’il veut faire.

Chose qui n’a rien à voir, l’auteur  parle d’une bibliothèque magnifique avec beaucoup de manuscrits. J’aurais voulu en savoir plus de ce côté-là! Hélas, il n’y a pas eu plus de détails…

Cela a l’air d’un endroit très calme, très beau…c’est dépaysant à lire, j’ai beaucoup aimé lire les descriptions (cela se passe en Islande) de ce pays que je connais mal.

Le grand défaut du livre est certainement que l’enfant qu’il a eu, la petite fille, est parfaite.
Elle ne pleure pas, fait à peine des caprices, comprend tout ce qu’on veut d’elle, aime déjà se trouver belle dans la glace (elle a 9 mois !) et se recouche tranquillement le matin quand son père lui dit que la nuit n’est pas fini! (on dirait un peu l’enfant tout beau et rose avec les cheveux blonds et les yeux bleus des publicités en fait)

[Attention, je dévoile la fin]

Je dois admettre que j’ai été surprise par la fin. Dès qu’Anna a emménagé, j’étais persuadée qu’ils allaient finir ensemble et former une belle et heureuse famille jusqu’à la fin des temps ! Et bien non! L’auteur évite le happy end  rose et gluant!

Anna le lui dit clairement : elle est trop jeune.
Elle n’assume pas d’avoir un enfant, une famille…il y a encore plein de choses à faire pour elle, avant de se caser et de se poser.
Elle ne lui demande pas de l’attendre au début et le laisse démuni, toute une nuit. Il la regarde dormir et il se rend compte qu’il est entrain de la perdre (très beau passage). Ce n’est que lorsqu’elle part, qu’elle lui dit “donne-moi 6 mois ” et elle abandonne son enfant aux mains du père.

Et se retrouve seul à la fin, avec sa fille qui est encore un bébé, il espère qu’elle va revenir, mais rien n’est sûr. Il est bien plus amoureux et mature qu’elle ne l’est.

La suite? On ne sait pas. Peut-être qu’elle va revenir, peut-être pas. Vu comment elle a expliqué ce qu’elle voulait et pourquoi elle partait, je ne pense pas.
Je me base sur le fait qu’elle laisse sa fille et qu’elle lui dit qu’il se débrouillera mieux pour l’élever et qu’elle est prête à aider s’il le faut. Elle parle au futur et cela ne semble pas être le futur proche. Cela n’encourage pas à penser qu’elle compte revenir bientôt.

C’est un charmant petit livre, frais, dépaysant qui change les idées, donne envie de partir découvrir ce petit coin perdu avec son jardin enchanté. Ce fut une gentille lecture, très bien pour l’été.

  • Extrait

Cette exigence faite à l’art de montrer la réalité m’étonne. On penserait plutôt que les gens en auraient marre de la réalité quotidienne.

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