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Titre : Absolument dé-bor-dée!
Auteur : Zoe Shepard
Date : 2010
Nombre de pages : 307

  • L’intrigue

Zoe Shepard a réussi les concours de la fonction publique, après plus de 8 ans d’études. Elle prend donc son poste de chargée de mission dans une mairie, prête à travailler.
Mais elle a vite déchanté : son service est  le service « poubelles » où finissent tous les dossiers inintéressants, ses supérieurs sont incompétents, ses journées sont pleines de réunions qui ne servent à rien, aucune décision n’est jamais prise et surtout personne ne travaille vraiment.

  • Ce que j’en ai pensé

C’est le sous-titre de ce livre qui m’a intrigué : « le paradoxe du fonctionnaire ».
Comme je souhaite moi-même passer les concours de la fonction publique et devenir un jour fonctionnaire (pas du tout dans le même domaine qu’elle, ce qui m’intéresse moi, c’est les bibliothèques), je me suis renseignée sur le livre et je l’ai soigneusement noté dans ma PAL. Et le week-end dernier, profitant du hasard qui m’a placé devant des rangées de livres  (bon d’accord, j’y suis allée exprès), j’ai sauté le pas.

Si j’ai terminé très rapidement cette lecture, j’ai du mal à savoir si le livre m’a plu. Certains aspects oui. D’autres absolument pas.

Tout d’abord, j’ai eu du mal à déterminer quel genre de livres j’avais entre les mains…ce n’est pas vraiment un roman, pourtant ce n’est pas un vrai récit autobiographique et ce n’est pas un essai non plus. C’est un joyeux mélange des trois. Et cela rend ce livre plus difficile à juger.

L’auteur a publié ce livre sous un pseudonyme, mais celui-ci est tombé. Elle s’est retrouvée devant le conseil de discipline et a risqué la révocation. Finalement, elle a été suspendue 4 mois de ses fonctions.

Elle savait que le pseudonyme ne pouvait pas tenir longtemps et même si elle n’a cité personne, qu’elle a changé tous les noms et qu’elle s’est donné comme cadre une « mairie » (ce qui a le mérite de rester vague), on sait maintenant qu’il s’agit du  conseil régional d’Aquitaine.

Zoe Shepard  dit qu’elle a retranscrit son quotidien, mais elle n’oublie pas de préciser que son livre est quand même romancé.
Et c’est vrai que c’est un peu difficile à croire quand même, qu’à de tels postes, il y ait des personnes aussi stupides.

Disons que cela fait trop d’anecdotes absolument effarantes en trop peu de temps: peut-être qu’elles les a tous rassemblés pour son livre afin d’avoir une vision plus incroyable, peut-être qu’elle a un peu « embelli » la vérité sur certaines discussions, sur certains faits.

Mais s’il y a la moitié de vrai, je pense pouvoir comprendre pourquoi elle a écrit ce livre : Qu’on puisse arriver au point de devoir tout dire, tout communiquer, de vouloir que les gens sachent ce qui se passe, que la mascarade cesse.

Elle dit elle-même  « Au-delà de la sous-activité, il y a ce dont je ne parle pas vraiment dans le livre : la placardisation et le harcèlement moral que subit toute personne qui ose pointer du doigt les dysfonctionnements. (…)A la fin de la journée, vous vous sentez comme une merde. Puis quand les attaques atteignent un niveau insupportable, sans que l’on sache pourquoi, ça se tasse. Pour mieux recommencer quelques temps plus tard ».

Non seulement, ses collègues et supérieurs sont des idiots, mais en plus, ils la rabaissent sans cesse. Rien de plus agaçant que de se faire utiliser par des imbéciles, persuadés qu’ils sont les plus beaux, les meilleurs, les plus intelligents et qui se permettent de vous conseiller des séminaires pour « apprendre à gérer votre colère », « devenir social ».

Bien sûr, on ne peut pas réduire tous les fonctionnaires à ça, il y a tellement de métiers, de choses différentes, fonctionnaire est un mot bien trop global pour généraliser. Et ça, elle ne le dit pas assez clairement ça, je trouve: parfois, on dirait qu’elle met tout le monde dans le même panier.

Et le bémol, le grand défaut du livre c’est Zoe Shepard elle-même. Elle est d’une méchanceté c’est hallucinant! Pas seulement sur les compétences, mais aussi sur les physiques et ça, ce n’est pas la peine!

Elle n’hésite pas à humilier et ridiculiser des personnes dans son livre, personnes qui ont dû se reconnaitre et savoir qu’on les avait aussi reconnus. Elle est amère, sèche et impitoyable.
Et assez souvent, elle se drape dans ses diplômes, son intelligence, son impression de savoir mieux que tout le monde ce qu’il en est. Pour le travail, je ne dis pas. Mais pour tout ce qui est physique et personnel, elle n’en a pas le droit. C’est incorrect, impoli et elle est aussi ridicule que ses collègues. S’attaquer aux films préférés, au physique de personnes c’est petit, c’est bas et c’est indigne de l’image qu’elle veut qu’on ait d’elle.

Et l’autre problème, c’est que souvent, ces petites critiques sont faites sans le moindre humour, sans légèreté, ni tempérance. Le style n’est pas incroyable, il n’y a pas de malice dans ses moqueries, elle est juste méchante. Et c’est dommage.

Enfin un dernier point plutôt drôle: les employés au conseil régional d’Aquitaine, ses collègues, ses supérieurs…se sont reconnus. Donc, ce n’était pas si loin de la vérité que cela finalement, s’ils arrivent à se reconnaitre dans les situations et les portraits…moi, à leur place, j’aurais tout de même évité de le crier sur les toits.

  • Extrait

Les fonctionnaires territoriaux issus des concours administratifs ont l’habitude de se définir comme des « généralistes ». En théorie, formé pour tout faire, et en pratique, incapables de faire grand chose.

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