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Titre : Boire la tasse
Auteur : Christophe Langlois
Date : 2011
Nombre de pages : 205

  • L’intrigue

15 nouvelles de Christophe Langlois, qu’on lit, au choix, en dégustant le style ironique et intrigant de l’auteur, ou en s’immergeant dans l’univers mystérieux qui entoure ces histoires et qui est pourtant proche du notre.

  • Ce que j’en ai pensé

Tous les ans (depuis que je fréquente le Salon du Livre) je vais faire un tour au stand de la maison de L’Arbre Vengeur et je m’offre, sur les conseils du libraire, un livre.

Cette année, j’ai choisi ce livre-là. C’est un recueil impressionnant. Impossible de dire s’il m’a plu. Je me suis sentie mal à l’aise durant toute ma lecture, j’avais envie qu’elle finisse.
Pourtant, maintenant que j’y pense, je ne peux dénier le fait que certaines nouvelles sont magnifiques et saisissantes.

Toutes les nouvelles ne se valent pas (disons que je n’en ai pas aimé certaines, alors que pour d’autres, j’étais incapable de lever le nez de mon livre). Elles sont toutes assez sombres, souvent amères et ironiques.

Cela part souvent d’une situation complètement banale et quotidienne (un diner d’amis, une fille qui va faire les magasins…) et lentement on se rend compte que l’auteur glisse vers du fantastique /sciences fiction.

En effet, chaque nouvelle se passe dans un futur qui pourrait être possible, un avenir qui risque d’arriver…et c’est assez effarant.
Se dire que cela pourrait se passer un jour, cela amène à réfléchir. Cela nous oblige à nous poser des questions sur notre société et notre vision de la vie.

Le style est très bon. On entre immédiatement dans l’histoire, c’était impressionnant.

[Attention, je dévoile certaines nouvelles]

Il y en a plusieurs qui sont, je trouve, assez traumatisantes :
Celle des opérations sur les enfants par exemple. Tous les enfants qui sont plus intelligents ou plus forts que les autres, on leur prélève un morceau de muscles ou de cortex pour les redistribuer aux autres enfants au nom de l’égalité….
C’était la nouvelle la plus désagréable à lire, la plus dérangeante à mon avis.

Il y a aussi la nouvelle avec l’appareil photo:  La femme d’un photographe de guerre qui se rend compte des atrocités que son mari a prises en photo et qui ne comprends pas comment est-ce qu’il fait pour dormir, sourire et aimer encore…

Et puis, il y a la nouvelle, où un fils de 92 ans annonce à ses parents (je vous laisse imaginer l’âge des parents, ils l’ont eu à 95 eux !) qu’il a rencontré une femme de son âge et qu’ils veulent avoir un enfant : Une société où presque la plus grande partie de la population est senior et où la trentaine est considérée comme la crise de l’adolescence.

Ou encore la nouvelle où tout citoyen est obligé de communiquer selon ses « moyens » pour enrichir le genre humain. Les personnes qui décident de se vouer au silence sont condamnées à perpétuité à la prison; où on leur fait subir des tortures pour les forcer à recommuniquer.

Et enfin la dernière nouvelle, la plus impressionnante je trouve, où la Bibliothèque Nationale de France est toujours une bibliothèque, mais où ses lecteurs sont tellement immergés (au sens propre du terme, ils vont dans un bain et le bibliothécaire verse un flacon contenant « l’essence » de l’œuvre d’un auteur) dans les livres, qu’ils en oublient tout ce qui est autour et qu’ils en meurent.

Maintenant que j’ai fais la critique de ce livre, je me rends compte qu’elle est plutôt positive et que ce recueil m’a tout de même beaucoup touché.
Même si durant ma lecture, j’avais du mal à apprécier, quand j’y repense, c’était une lecture enrichissante. Je suis contente d’avoir fait la découverte de cet auteur.

  • Extrait

C’est quand on voit l’intérieur du corps humain, se dit-il, qu’on remercie Dieu d’avoir inventé l’extérieur. Et d’avoir recouvert les idées d’une peau : le silence de ceux qui n’en pensent pas moins.

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