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Titre : La mer noire
Auteur : Kéthévane Davrichewy
Date : 2010
Nombre de pages : 213

  • L’intrigue

Tamouna, une vieille dame géorgienne, se réveille le jour de son anniversaire à l’aube et revoit durant toute cette journée sa vie défiler devant elle. Elle se souvient tout particulièrement d’une journée, l’été de ses 15 ans ou elle avait rencontré Tamaz, un homme qu’elle allait aimer toute sa vie.

Tout a commencé à partir de là : le lecteur va suivre Tamouna dans ses premiers émois amoureux, brusquement interrompus par l’exil en France pour fuir les russes, ses premiers pas à Paris, toute sa vie enfin…

  • Ce que j’en ai pensé

Une très bonne amie m’a offert ce livre pour mon anniversaire, persuadée qu’il allait me plaire : et une fois de plus, elle ne s’est pas trompée !

J’aime vraiment beaucoup les histoires de famille…surtout quand la famille est très grande, qu’il y a un tas de petits cousins, de grands-mères, d’oncles et tantes…j’adore voir les relations, les souvenirs, les réunions de famille, où les problèmes, les joies ressortent… C’est un véritable plaisir de plonger dans ce genre de livre et de famille !

De plus, c’est un pays dont on entend assez peu parler (la Géorgie) dans la littérature et cela m’a beaucoup intéressée…

Le début est lumineux et heureux : C’est sous le point de vue des enfants et de leurs jeux alors que les vacances commencent…
La menace soviétique se fait de plus en plus entendre, ils comprennent vaguement qu’il se passe quelque chose de grave, mais à l’abri dans leur monde, ils ne voient rien et ils profitent des petits plaisirs de la vie.

Puis vient le temps de l’exil, quand la communauté  se réfugie en France et reste entre elle :
Au début, il y a l’espoir et la certitude de rentrer chez eux et de retrouver leur vie d’avant…mais peu à peu, cet espoir s’évanouit, pour ne devenir plus qu’une sorte de  fantasme…C’est n’est plus seulement temporaire et le terme « apatride » prend tout son sens pour cette famille…

Et les semaines et les mois et les années passent…beaucoup se fondent dans la masse, prennent parfois la nationalité française et se construisent une nouvelle patrie. D’autres restent sur leurs positions et continuent à cultiver leurs différences…

Ils savent que leur pays n’existe plus…ils n’arriveraient pas à retrouver celui qu’ils ont quitté…Au milieu de l’Union Soviétique, ce pays est celui, où ils ne retourneront jamais, mais dont ils continueront à parler avec des étoiles dans les yeux.

Et quand le Mur tombe, que l’Union Soviétique s’effondre, ils en sont tout interdits…personne, ou presque ne retourne là-bas, et si ils y retournent, c’est seulement en touristes. Ils ne peuvent plus rester, c’est impossible. Ce pays est perdu pour eux. Et pourtant, ils pensent et parlent toujours géorgiens, ils cultivent leurs traditions, leurs fêtes et leurs habitudes alimentaires.

[Attention je dévoile la fin]

Quant à l’histoire d’amour, elle est belle finalement (surtout vers la fin)…un peu amère, car, même si ils n’ont jamais été ensemble physiquement, qu’ils ont tous les deux construit leur vie de leur côté, ils ont toujours été « ensemble » :
Ils se sont toujours aimés et si ils se sont perdus de vue souvent (et qu’on peut penser qu’ils sont passés à côté de leur histoire qui aurait été splendide), ils sont restés fidèles à l’image qu’ils avaient l’un de l’autre et ils peuvent sans souci s’appeler mutuellement « l’amour de leur vie ».

J’ai aimé me plonger dans cet univers, de suivre cette famille, de les voir grandir, mûrir, se marier, faire des erreurs, être heureux…

———————-

J’ai beaucoup aimé ce petit roman et il aurait pu être un véritable coup de cœur mais…
Le seul bémol est qu’il est trop court…plusieurs des caractères étaient juste survolés, certaines époques aussi (comme Tamouna le dit plus âgée, elle se souvient de périodes en tranches, pas de tout, mais c’est dommage)

J’aurais voulu connaître la vie de tous et avoir 500 pages de plus à dévorer…j’ai eu un petit goût d’inachevé en fait.
Pourtant, je le conseille vivement aux personnes qui aiment ce genre de roman sur le temps qui passe et les personnages qu’on suit durant toute leur vie…

  • Extrait

Par honnêteté envers lui, je ne vais plus t’écrire. Je n’ai pourtant pas cessé de t’aimer. J’ai cessé d’espérer.

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