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Titre : Amazone
Auteur : Maxence Fermine
Date : 2004
Nombre de pages : 220

  • L’intrigue

Un soir, les habitants d’une petite ville perdue au cœur de l’Amazonie sont témoins d’une vision bien particulière : sur le fleuve se trouve un radeau. Et sur ce radeau se trouvent un piano blanc et un homme noir en costume blanc qui joue du jazz, oublieux de la réalité.

Cet homme s’appelle Amazone Steinway. L’odyssée de cet homme et de son piano blanc  va bouleverser le quotidien et la vie de plusieurs des habitants de ce petit village et les mêler à la poursuite de son rêve.

  • Ce que j’en ai pensé

J’avais adoré le petit roman « Neige » du même auteur, que j’avais trouvé incroyablement poétique et agréable à lire. Ce roman-ci m’a moins plu, mais reste une très agréable lecture.

Maxence Fermine est toujours aussi poétique et raconte toujours de belles histoires, un peu surréalistes, irréelles…Mais grâce au style, le lecteur se moque des quelques exagérations, du fait que les gros problèmes du héros se résolvent en quelques lignes, comme par magie…c’est ce qui fait l’originalité du roman, je trouve.

J’ai beaucoup aimé quand on apprend pourquoi est ce que le piano est blanc et non pas noir. L’explication du beau-père d’Amazone est, je trouve, très amusante.

Il faut voir ce petit roman comme le récit d’une légende. La légende du piano blanc dans la forêt de l’Amazonie. Et comme toutes les légendes, tous les détails ne sont pas clairs et tous les éléments de la quête ne sont pas réellement possibles.

C’est donc une quête qu’Amazone (on ne saura jamais son vrai nom, il a emprunté le sien à son piano) poursuit, une quête pour accorder du repos à l’âme défunte de sa femme et à la sienne aussi.  Cette quête passera pas plusieurs étapes, Elle commencera au beau milieu de « nulle part » (dans le petit village d’Esmeralda qui ne se trouve pas sur les cartes) puis passera par le « hasard », les « regrets », la « chance », l’ »errance », la « folie » et enfin se terminera par le « rêve ».

Petit à petit durant la lecture, on le voir passer par toutes ses étapes et avancer dans sa quête, toujours confiant en l’avenir. Je dois avouer que j’avais très hâte de voir le dénouement.

[Attention je dévoile la fin]

C’est peut-être pour cela que j’ai été étonnée et (il faut le dire) un peu déçue par la fin. Je ne pensais pas que cela allait finir mal comme ça (c’est vrai on peut toujours argumenter que cela termine bien puisque dans la mort il retrouve la femme qu’il aime et qu’il n’a cessé d’attendre…mais bon…)

Je m’attendais à quelque chose de plus merveilleux, de plus magique…là devoir passer par la folie et en mourir tout en jouant pour retrouver sa bien-aimée c’est…dommage. Un peu facile.

J’ai bien conscience de faire ma difficile et la lecture de ce roman fut un véritable plaisir, mais j’avais tellement hâte de voir ce qui allait arriver une fois dans le village où sa femme est née que, quand la folie a cessé et que la réalité a rattrapé Amazone (en cassant les lianes et en précipitant le piano dans les chutes) j’ai été plutôt triste et déçue.

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Je conseille ce roman (même si conseille de lire d’abord « Neige » dans une belle édition avec les illustrations, plutôt que la version poche) Le style est très léger, beau, poétique (oui oui, c’est le mot-clé de la critique!) et se lit très facilement. Et j’ai hâte de lire « Le labyrinthe du temps » du même auteur qui est la lecture du prochain rendez vous du club des Lectrices.

  • Extrait

Comment pouvait-on jouer une aussi belle musique en fermant les yeux? C’était quelque chose d’inimaginable pour lui. Peut-être que ce qui était beau n’avait pas besoin de lumière, que son aura et sa clarté se trouvaient dans les notes qui transpiraient de l’instrument et que, pour ce qui tutoyait le divin, l’obscurité suffisait. 

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