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Titre : Trois ombres au soleil
Auteur : john.henry
Date : 2012
Nombre de pages : 274

  • L’intrigue

Loïc, un jeune homme désabusé, arrive à Bruxelles afin de trouver un travail. Il rencontre une jeune fille, Sonia qui l’aide à se remettre d’un lendemain de cuite  et dont il tombe amoureux. Pour vivre, il se retrouve à former le troisième âge à la recherche sur Internet.

Marie, une vieille dame retraitée et veuve est enfermée dans sa routine, où elle se laisse vivre, sans plus rien espérer. Quand un autre membre de son club de thé propose de prendre des cours pour savoir utiliser internet, elle décide d’y aller.

  • Ce que j’en ai pensé

Il y a un mois, j’ai été contacté par un auteur pour lire et critiquer sur mon blog son roman. Il m’a donc fait parvenir ce livre voyageur « Trois ombres aux soleil » (pour en savoir plus, allez voir le site de l’auteur)

Alors autant le dire rapidement, j’ai passé un moment très agréable avec ce livre : Je dois avouer que j’avais peur de ne pas aimer et de devoir faire une critique négative, mais j’ai lu ce livre en quelques heures avec plaisir!

Le livre est constitué de chapitres qui alternent le point de vue des deux personnages principaux : Loïc un jeune homme désabusé par la mort récente de ses parents qui arrive à Bruxelles et Marie, une vieille dame retraitée et veuve qui laisse passer les dernières années de sa vie sans rien faire.
Ces deux personnages sont très attachants (même si j’ai une nette préférence pour Marie).

Ce dont ce livre parle en priorité (enfin je trouve) c’est du sentiment de solitude qu’on peut éprouver quand on se retrouve seul pour la première fois dans une grande ville.
Ici personne ne connait personne, personne ne se mêle des affaires des autres, ne parle aux autres : On est seul.

Marie n’a jamais vraiment fait partie de la société. Dans l’ombre de son mari, elle ne vivait pas pour elle et selon ses principes. Une fois veuve, elle s’est retranchée dans son appartement et s’est enfermée dans une routine. Si elle sortait parfois, elle ne se mêlait plus du monde et de la « vie », se réfugiant dans l’excuse de son âge pour ne rien changer.

Loïc, lui, est un cas autrement plus grave. Jeune, seul, complètement perdu et sans attaches, il a décidé de haïr le Système avec un grand « S ». Il hait la notion de profit, de capitalisation…

Il est persuadé qu’avec un tel système les gens ne vivent plus : qu’ils n’ont plus réellement de vie, qu’ils ne sont plus que des automates qui vont de leurs  maisons à leurs bureaux pour gagner de l’argent et qu’il leur manque le « petit truc en plus » pour être réellement vivants.

Quel est ce «petit truc en plus » ? C’est de « vivre » au jour le jour, de faire ce qu’on a envie de faire, sans penser à la suite, aux conséquences…

Et c’est vrai : la plus grande partie de la population ne vit pas comme si il n’y avait pas de lendemain. Et ce pour une raison très simple : Il y en a un !

Pour vivre ainsi, il faut être inconscient, ou ne rien avoir à perdre (et donc être un peu désespéré) ou savoir parfaitement qu’on a un endroit pour vivre, ainsi qu’une certaine sécurité financière pour se retourner en cas de grands problèmes. Sinon on finit SDF, voir pire.

C’est là que j’ai trouvé que les deux personnages exagéraient un peu. On peut très bien se sentir pleinement vivant tout en se souciant du lendemain.

Après il ne faut pas oublier que ces deux cas étaient spéciaux. Ils n’allaient pas bien et seule une sortie violente de leur « routine » pouvait les aider.

 

Bref pour revenir à notre petit idéaliste (parce que tout de même, il se rend parfaitement compte, cette philosophie de vie est sympathique mais elle ne paye pas le loyer !), il se retranche dans la solitude et essaye de faire son deuil.  Il reprend lentement goût à la vie grâce à son nouveau travail, à son équipe de petits vieux et grâce à Sofia.

Là où j’ai eu du mal à le suivre, c’est sur sa « haine » de la ville. Il n’aime pas le côté très anonyme des grandes villes. Dans le métro, on ne sourit pas, on ne regarde personne, on ne crée pas de lien, on garde nos pensées pour nous et on avance. On frôle les gens et cela ne va pas plus loin. Moi, franchement j’adore l’anonymat des grandes villes (parisienne dans l’âme qui parle) et je n’arrivais vraiment pas à comprendre son malaise.

Ce qui a été vraiment très sympathique à lire, c’était l’éveil de Marie : comment elle se rend lentement compte qu’elle a raté plusieurs choses dans sa vie, comment elle commence à se bouger, lentement, puis plus sûrement, comment elle finit par se lâcher et par faire les quatre cent coups.

Et puis les cours d’internet pour le Troisième Age étaient très drôles à lire. Surtout le premier cours ! Cela devait être très difficile pour Loïc, je le comprends. Comment expliquer des choses qui sont tellement évidentes et claires pour nous à d’autres qui n’y comprennent rien ? C’était hilarant : leurs réactions face aux adresses, comment se déplacer dans un espace virtuel, les souris…

Je dois avouer que j’ai trouvé la fin un peu énigmatique, je ne suis pas sûre d’avoir compris tous les liens et les intrigues (le coup du tatouage, Joseph et Sonia, le coiffeur, l’Eglise…). mais je pense avoir saisi l’essentiel !

Une fin aussi assez triste…la vie est faite de choix, il les a fait en état de cause…C’est tout de même difficile de vivre et de se dire qu’on est passé à côté de l’essentiel, qu’on a raté sa vie de peu…

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Enfin, ce fut une lecture agréable, j’ai ris plusieurs fois, c’était un thème assez inhabituel (pour moi en tout cas) et je conseille ce livre avec plaisir.  Il mérite d’être un peu plus connu qu’il ne l’est pour l’instant et d’avoir un public.

Merci à john.henry pour ce prêt!

  • Extrait

Voilà, c’était ça, une réponse conformiste, pour continuer à se morfondre avec aisance dans cet état d’esprit battu d’avance. Se complaindre dans sa situation et penser qu’elle est identique à celle des autres automates qui l’entourent! Putain, non, tout le monde n’a pas de petits tracas…On se les crée les tracas, on s’accommode des tracas.

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