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Titre : Le musée du Dr Moses (vo : The Museum of Dr Moses)
Auteur : Joyce Carol Oates
Date : 2007
Nombre de pages : 448

  • L’intrigue

Ce recueil de nouvelles nous présente des scènes de la vie quotidienne, basculant lentement mais sûrement dans le sordide et dans l’horreur.

  • Ce que j’en ai pensé

Le sous-titre de ce recueil est « histoire de mystère et de suspense » et en effet on est servi!
Franchement, je ne sais pas trop comment critiquer ce livre…d’abord parce que c’est un recueil de nouvelles et qu’il est difficile de savoir comment aborder ce genre de livre…ensuite parce que j’ai été plutôt déroutée par ce recueil.

Je vais tout d’abord vous parler du plus important, à savoir le style. En trois mots : il est incroyable.

Oates a des tournures de phrases, des expressions, une façon d’écrire qui est absolument stupéfiante. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été étonnée à ce point-là par une écrivaine contemporaine. Il est d’ailleurs difficile de s’arrêter de lire quand on entre dans une nouvelle.

Par contre Oates ne fait pas dans le joyeux du tout. C’est très sombre et je n’étais pas du tout préparée!.
Je ne crois pas avoir lu une nouvelle qui termine réellement bien. Elles sont toutes déprimantes et tournent assez souvent au drame. C’est à peine si une ou deux apportent sur la fin une lueur d’espoir.

Ce ne sont pas juste les petits tracas de la vie de tous les jours, qui empoisonnent souvent les journées, non c’est bien pire : Ici, il s’agit de meurtres, de chantage, de haine…

Je n’ai pas aimé toutes les nouvelles…je n’en ai pas compris une, j’ai été déroutée par une autre (« Fauve » qui bascule dans le fantastique) et certaines m’ont mises trop mal à l’aise.

[Attention je dévoile certaines nouvelles]

Si je dois en citer trois :

La toute première « salut comment va! » avec une fin retentissante qui m’a fait un peu rire malgré moi (je pense qu’on a tous fantasmé à un moment de pouvoir répondre par un coup de pistolet comme ça aux personnes qui nous énervent) qui ne me donne pas du tout envie de commencer du jogging !

La nouvelle appelée « Gage d’amour » qui parle d’une vengeance implacable : Le narrateur qui préfère mourir afin que sa femme qui le quitte le découvre décomposé, pour bien lui briser la vie…
La femme va donc se retrouver coupable sans le vouloir de la mort de son ex-mari qui s’est suicidé pour elle et qui a préparé le coup pour qu’elle assiste à un spectacle macabre…c’est vraiment déprimant, mais très bien construit. Le narrateur, mort depuis plusieurs jours est là, tel un spectre et il détaille le trajet que sa femme va faire dans la maison jusqu’à le trouver, décédé.

Enfin, la nouvelle « surveillance antisuicide », où un fils en prison joue avec les nerfs de son père : son petit-fils a disparu, ainsi que sa compagne de son fils et le père cherche à savoir ce qui s’est passé. Sont-ils en vie ? Morts ? Que s’est-il passé cette nuit-là ?
Et son fils commence à faire du chantage à son père en lui racontant ce qui s’est passé…les disputes, le bain d’eau bouillant, la mort de l’enfant…et la décision de l’envoyer dans un paquet par la poste au grand-père…
Quand il supplie à la fin son fils de lui dire la vérité, si cela s’est vraiment passé ainsi, son fils lui répond qu’il le saura…si jamais un jour il reçoit le paquet…

Cette nouvelle était vraiment impressionnante.

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Pour finir, autant l’avouer, je suis un peu restée sur ma faim et j’ai hâte de découvrir un peu plus son oeuvre et de lire un roman d’elle! Par contre, je déconseille ce recueil aux personnes déjà un peu déprimées…c’est une très mauvaise idée de le lire alors !

  • Extrait

Rien ne nous déroute davantage que d’être haï par quelqu’un. Nos propres haines secrètes, elles, nous paraissent si naturelles. Si inévitables.

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