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Titre : Les princes du sang
Auteur : Gilbert Schlogel
Date : 1992
Nombre de pages : 635

  • L’intrigue

C’est toute l’histoire de la chirurgie et de la médecine, du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours qu’on révise (ou découvre) avec cette saga familiale. On suit sur cinq générations une même famille, dont tous les membres ayant la même vocation : chirurgien.

  • Ce que j’en ai pensé

Attention, ce livre est un pavé ! J’ai profité des vacances pour le lire. Ce fut une lecture plutôt agréable.

J’ai trouvé certains membres de la famille plus attachants que d’autres, mais aucun ne m’a particulièrement plu. Ce n’est pas tant l’aspect romanesque du livre que j’ai apprécié (il y a quelques répétitions entre les générations…disons que c’est intéressant, mais je n’étais pas passionnée), mais plutôt l’aspect historique.

On voit l’évolution du métier de chirurgien : ils passent pour de simples « barbiers » sous Louis XVI, ils gagnent du terrain et une nouvelle gloire sous l’Empire et ils finissent par être des notables respectés. Au tout début on considérait le chirurgien comme un artiste, maintenant c’est une sorte de technicien, capable de choses incroyablement précises,  mais incapable de se passer de l’électronique et des machines.

Ce qui est aussi intéressant aussi, c’est de voir l’histoire du monde qui se passe à côté et que les personnages sont obligés de prendre en compte dans leurs parcours: On voit passer la Révolution et ses nouvelles règles (comme l’abolition des concours avec comme conséquences des tas de médecins incompétents), les guerres napoléoniennes, la défaite en 1870 contre les français, les victoires en 1918 et 1945 avec les atrocités de la guerre et enfin la guerre d’Algérie…

Et ce qu’on remarque surtout, c’est, que de tous temps, l’avancement dans la hiérarchie est en priorité liée à la politique. Ceux qui sont bien avec le pouvoir en place grimpent plus facilement les échelons. Bien évidemment, les personnes très doués y parvenaient aussi, mais avec plus de difficultés et de temps que ceux qui étaient dans les petits papiers d’un ministre ou d’un maire.

J’ai appris énormément de choses avec ce livre et j’ai été stupéfaite de voir petit à petit les progrès de la médecine arriver. Comment, lentement les médecins et les chimistes se sont rendus compte que si plus de deux patients sur quatre mourraient, ce n’était pas de la faute de la fatalité mais de la leur !

J’ai adoré lire les découvertes et pouvoir les railler et m’indigner tranquillement (parce que bon moi, je sais !) quand ils étaient sceptiques face aux découvertes (« Comment? Il faut se laver les mains ? Si les patients meurent c’est parce que tout est sale ? Traitez nous de meurtriers tout de suite ! » ou mieux « Comment ? Opérer et soigner sans douleur ? Grâce à quoi ? Un gaz ? C’est presque un blasphème de vouloir retirer la douleur ! »).

C’était donc très amusant de voir naître l’anesthésie générale, l’asepsie, la radiologie, les antibiotiques, les greffes d’organes par petites touches…chacune de ses « révolutions »  mettaient des années à s’intégrer dans les habitudes, à être comprises par tous et à être réellement appliquées.

Quand on se dit qu’au moment des guerres napoléoniennes, on pensait que les chirurgiens avaient atteint leurs limites d’opération avec les amputations et les ulcères! C’est impressionnant les opérations qu’on arrive à réaliser aujourd’hui !

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Une lecture donc plaisante et plutôt instructive! Je le conseille aux personnes qui ont envie de découvrir une partie de l’histoire de la médecine tout en lisant un roman!

  • Extrait

C’est un médicament nouveau, découvert par un homme extraordinaire qui s’appelle Alexander Fleming. Il fait céder les plus sévères infections. Une découverte encore plus importante pour la chirurgie que celles de Lister. Vous l’essayerez, mais n’en parlez pas. Pour le moment, il est réservé aux troupes. […] Le nom est écrit dessus, « pénicilline ». 

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