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Titre : Cartographie des nuages (vo: Cloud Atlas)
Auteur : David Mitchell
Date : 2004
Nombre de pages : 660

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  • Intrigue

6 êtres humains à 6 périodes différentes, avec 6 histoires différentes…et pourtant, tout est relié…
Il y a un voyageur qui traverse l’Océan Pacifique en 1850, un musicien sans le sous menant une vie difficile entre les deux guerres, une journaliste essayant de découvrir un scoop sur un réacteur nucléaire dans les années 1990, un éditeur qui doit fuir ses créanciers mafieux dans les années 2000, une clone dans un monde futuriste qui se retrouve dans les couloirs de la mort et un jeune homme dans un monde post-apocalyptique qui tente tant bien que mal de survivre à la barbarie…

  • Ce que j’en ai pensé

Comment résumer ce livre? Je pense que cette critique fait partie des critiques les plus difficiles  que j’ai eu à faire (d’ailleurs, j’ai bien traîné pour la faire, cela fait presque un mois que j’ai terminé ce livre !!)

Il n’y a pas une histoires, mais 6! Il n’y a pas un héros, mais six, et encore, finalement, on pourrait dire qu’il n’y en a qu’un seul et qu’il n’y a qu’une seule histoire….

Tu es perdu? C’est normal!

C’est grâce à la bande-annonce de l’adaptation du livre que j’en ai entendu parler. J’ai été très intriguée après mon visionnage et je me suis mis à la recherche d’une bibliothèque possédant ce roman. Et j’ai bien fait!
Je vais essayer de vous transmettre mon enthousiasme pour ce livre, malgré la difficulté d’en parler.

L’auteur a réussi à construire ses 6 histoires et à les imbriquer sans que cela soit bancal, ce qui n’est pas simple. C’est un véritable coup de maître qu’il est parvenu à faire, il faut le souligner !
En fait, chaque partie est une « histoire » qui est lue par la personne principale de la partie suivante. Toutes les histoires (sauf la dernière) sont interrompues au milieu. Puis une fois que la sixième histoire est terminée (elle se trouve au centre du livre), on peut dire que le roman remonte dans le temps et referme/termine chacune des parties.

Ce livre forme avec ses six parties une sorte de pyramide et le lecteur termine donc le livre avec la fin de la première partie.

Pour ce qui est du style, Mitchell arrive à manier et à jongler avec les genres et les formes différentes sans le moindre souci et avec talent en plus : une partie est écrite sous la forme d’un journal intime, une autre dans un genre épistolaire, une autre est une sorte de policier et deux parties sont de la science-fiction (dont une sous la forme d’une interview)…

Ce roman parle avant tout de l’humanité. Comment elle est, comment elle fonctionne, quelles douceurs et violences on y trouve et toujours cette envie de conquête et de posséder qui nous caractérise tellement bien.
C’est parfois assez déprimant. On voit que la nature de l’homme à travers les siècles est plutôt fixe et n’a guère changée (et on ne peut pas dire qu’il essaye vraiment non plus !).

[Attention, je dévoile la suite et la fin]

Et si on finit sur une note d’espoir où Adam Ewing décide qu’il va essayer de changer le monde, qu’il va (pour le futur, ses enfants, ses descendants) essayé d’améliorer les choses et de créer un monde meilleur, on n’oublie pas que finalement, la fin du roman…c’est le « début ». Ce n’est que la fin de la toute première histoire, il y en a 5 qui suivent. Et quand on voit comment se sont passés les autres, et comment termine la dernière histoire, on n’a guère d’espoir.

La question que pose ce livre est la suivante : est-ce qu’on se réincarne et si oui est-ce notre destin de vivre et de subir à jamais différentes époques? Sommes-nous condamnés à recommencer encore et toujours les mêmes erreurs sans jamais vraiment apprendre ?

Mes « histoires » préférées sont les deux dernières.
Peut-être parce qu’elles ont lieu dans le futur, un futur assez effrayant, ou la vie est plus fragile à ce moment-là, entre Somni condamnée à mort et Zachary qui se trouve dans un monde apocalyptique avec les derniers vestiges d’une civilisation techniquement supérieure en train de disparaître.
Ce sont aussi les plus intéressantes je trouve.

Mais chaque histoire a son charme (particulièrement celle de l’éditeur aussi, qui dénonce le traitement qu’on réserve de nos jours aux personnes âgées ( la mort est devenue tabou et on cache les personnes âgées afin de ne plus les voir et de ne pas se rappeler ce qui nous attend) ou encore celle de la journaliste qui enquête sur le réacteur nucléaire et qui démontre que l’appât du gain est devenu plus important que la vie et la planète (faire de l’argent à tout prix, peu importe que le réacteur risque de tuer des centaines de personnes après).

Bien évidemment, il y a aussi des personnes « bien » dans ce roman, des personnes qui se battent pour un monde meilleur, des personnes qui arrivent sur une petite échelle à améliorer les choses parfois et qui font qu’on ne peut pas condamner entièrement l’humanité…mais ils ne sont pas nombreux.

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Pour terminer, je conseille vivement ce livre. Il est vrai que c’est quand même un gros roman ( 660 pages) mais il en vaut vraiment la peine. Ce n’est pas tout à fait un coup de cœur ( les coups de cœurs sont rares chez moi donc bon) mais il reste un très bon livre, aussi bien sur le fond que la forme et j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

Et j’ai hâte de voir le film qui sort en début d’année 2013!

  • Extrait

Les gens des Vallées voudront pas entendre qu’la faim des hommes a donné vie à la Civilis’rie, pis qu’c’est la même faim qui l’a tuée. C’est c’que j’ai appris chez d’autres tribus où j’suis restée. Des fois, quand qu’tu dis à quelqu’un qu’ses croyances sont pas vraies, il croit qu’tu dis qu’sa vie et leurs vérités sont pas vraies.

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