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Titre : La liste de mes envies 
Auteur : Grégoire Delacourt
Date : 2012
Nombre de pages : 186

  • L’intrigue

Jocelyne est mercière à Arras. Elle a tout de la femme ordinaire, un mari (parfois un peu cruel mais qu’elle aime, deux enfants devenus grands et indépendants et un petit blog sur son métier qui a un peu de succès. Elle mène sa petite vie tranquille et sans souci. Jusqu’au jour au grâce à ses deux amies et voisines elle joue au Loto et qu’elle gagne 18.547.301€.

  • Ce que j’en ai pensé

J’en ai tellement entendu parler de ce livre! Je me suis donc décidée à le réserver à la bibliothèque  (parce qu’il n’est jamais dans les étagères !) pour voir de plus près de quoi il s’agit.

Il y a tellement de critiques aussi bien négatives que positives sur ce roman…

Je ne vais pas être très originale en donnant mon avis : ce roman est sympathique. Agréable. Plein de clichés c’est vrai, mais il a réussi à me toucher quand même. Ce n’est pas un coup de cœur et un chef d’œuvre, mais pas une grande déception non plus.

Tout d’abord le style…il est simple (parfois trop ?), accessible à tous.Le roman se lit très facilement.

Ensuite, il y a cette question qu’on se pose tous, au moins une fois de sa vie (même les personnes qui ne jouent pas) : Et si on gagnait au Loto ?
Qu’est-ce qu’on ferait? Comment utiliser l’argent? Comment procéder ? Qui gâter ? Faut-il mettre de côté ou bien dépenser ?  Et surtout comment être sûr que soudainement on ne vous aime pas pour votre argent ?

Ce roman est gentil.
Je ne vois pas comment le qualifier autrement. Dans une époque comme la nôtre, au milieu d’une crise, il est toujours bon de rappeler que l’argent seul est loin de faire le bonheur et qu’il peut au contraire détruire beaucoup de choses, si on ne fait pas attention.

Le défaut de ce livre est peut-être qu’il insiste un peu (beaucoup ?) trop sur cet aspect. Et que la philosophie de « le bonheur est à deux pas et entre nos mains, ouvrez les yeux » est un peu simple quand même.

Alors, oui, c’est vrai que souvent le bonheur est déjà là, dans les multitudes de petits moments et qu’on ne s’en rend pas vraiment compte, tellement on est enfermé dans sa routine quotidienne et le désir d’avoir toujours plus et mieux. Souvent on finit par regretter ce qu’on avait et qui convenait parfaitement.

Jocelyne, elle, l’a compris et elle craint de tout perdre : c’est pour cela qu’elle n’en parle à personne. Pas même à son mari. Elle a peur, après tout ce qu’elle a vécu, après les hauts et les bas dans sa vie de perdre ce qu’elle a réussi à construire.

Jocelyne  est –comme le roman – gentille. Parfois trop. Elle a supporté des situations par amour, par gentillesse qu’elle n’aurait jamais dû supporter. Son mari a usé jusqu’au bout de sa bonté et de son amour. J’avais parfois un peu envie de la secouer et de lui ouvrir les yeux…mais bon, il en faut des gens comme ça…

J’ai beaucoup aimé la liste de ses envies…cela fait toujours du bien de faire des listes et de pouvoir barrer petit à petit ce qu’on arrive à avoir, de mettre par écrit ses désirs (parce que finalement -et l’auteur a raison je trouve – ce sont ces listes-là qui nous font avancer, c’est d’avoir des désirs et des souhaits…on s’ennuierait si on avait tout ce qu’on voulait tout le temps)

J’ai beaucoup aimé aussi toute la partie sur son blog…qui vivote gentiment d’abord et qui peu à peu -ayant du succès – prend de l’ampleur, avec des centaines de commentaires, des lettres, des commandes, amenant ainsi sa mercerie à avoir une seconde jeunesse…C’est que cela va vite maintenant avec internet! Reste à savoir si le succès va durer, ou si il va partir aussi vite qu’il est venu.

[Attention, je dévoile la fin]

Et puis la fin m’a surprise! Je ne m’attendais pas du tout à ça!

Elle est particulièrement amère cette fin…entre la mort du mari qui finit par se laisser mourir de faim et elle qui fait une dépression et en ressort presque indifférente au monde, tellement méfiante et froide qu’elle en est presque incapable d’aimer les autres….( et puis la dernière phrase est triste…)

Elle le dit elle-même, elle s’est débarrassée de ce qu’elle était avant, une femme aimante, bonne et douce…Elle a perdu sa joie de vivre. On ne peut qu’espérer qu’elle va réussir petit à petit à se reconstruire.

La morale est claire : ne jetez pas le bonheur que vous avez déjà, n’essayez pas d’avoir le beurre, l’argent du beurre et le laitier, sinon vous allez passer à côté de votre vie et ce sera tant pis pour vous !

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Ce livre est donc une jolie petite découverte, un livre que j’ai lu en une soirée avec plaisir, mais bon, c’est loin d’être un coup de cœur et il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

  • Extrait

Et chaque mercredi après-midi elle me dit :Oh, Jo, Jo si je gagnais, si je gagnais, vous n’avez pas idée de tout ce que je ferais!
Et aujourd’hui, pour la première fois, je lui demande, vous feriez quoi Mado?
Je ne sais pas, répond-elle. Mais ça sera extraordinaire.