Mots-clefs

, , , , , , , ,

Titre : Le silence du livre / ce vice encore impuni
Auteurs : George Steiner et Michel Crépu
Date : 2006
Nombre de pages : 70

  • Contenu

George Steiner ( écrivain anglo-franco-américain et spécialiste de littérature comparée) s’intéresse à l’histoire du livre et à sa fragilité. Il détaille plus particulièrement les courants « anti-écrits », ainsi que la nouvelle façon d’appréhender l’écriture dans notre société.

En réponse à ce petit essai, Michel Crépu (écrivain français, critique littéraire et directeur de la revue des deux Mondes), lui s’intéresse au « sens intime de la finitude », auquel renvoie la fragilité du livre et la difficulté de s’extraire de la société de nos jours pour lire.

 

  • Ce que j’en ai pensé

C’est un tout petit livre, que j’ai trouvé à la bibliothèque et que j’ai trouvé très intéressant ! En vérité, j’aurais voulu qu’il soit dix fois plus long !

Je vais vous parler l’un après l’autre de ce que j’ai retenu de ses deux essais :

 

Le silence des livres 

George Steiner nous rappelle tout d’abord que notre société est plus imprégnée par l’oral que par l’écrit. On l’oublie souvent, l’écriture est plutôt récente dans l’histoire de l’humanité. Comme il le fait remarquer, l’écrit «dessine un archipel dans les vastes eaux de l’oralité humaine ».

Et en effet, quand on y pense, l’écriture date du deuxième millénaire avant notre ère en Chine ancienne. La plus grande partie de l’histoire de l’humanité s’est transmise de façon orale, à travers les chansons, les histoires, les contes…L’écrit, qui prend une place tellement considérable dans notre monde est finalement assez  « jeune », si on peut s’exprimer ainsi.

 

Il nous parle aussi des différents arguments qu’il y a eu dans le monde contre l’écrit (arguments assez intéressants et qui se sont réalisés en plus, surtout pour le deuxième je trouve!)

  1. le texte est contractuel et figé.
    On peut dire qu’il relie l’auteur à ce qu’il écrit, sans possibilité de modification. Alors que l’oralité rend possible le moyen de se corriger soi-même, immédiatement. (tandis que pour l’écrit, il faut un autre écrit!)
  2. le texte réduit notre capacité d’apprendre par cœur des textes. Si on a les textes à portée de mains, ce n’est plus la peine d’emmagasiner autant de connaissances dans la mémoire : Il suffit de reprendre les livres. Le pouvoir de notre mémoire s’est trouvé diminué depuis l’écrit.

L’auteur se pose aussi la question de l’appropriation du texte : Il est vrai que lorsqu’on apprend un texte par cœur, il nous appartient d’une certaine manière et il nous change, puisqu’on l’a en nous. Avec l’écrit, ce n’est pas pareil.

Autre point marquant fut le paragraphe sur le manque de silence. Je suis tout à fait d’accord avec lui, lire tranquillement est devenu presque un luxe.

————–

 Ce vice encore impuni

Michel Crépu a soulevé un point très intéressant dans son petit essai : l’incompatibilité de la lecture solitaire avec notre société.

Pourtant, tout est rassemblé pour propager la lecture. On a tout ce qu’il nous faut, des librairies, des bibliothèques, des professeurs, mais il nous manque le temps et la patience.

Pour ce qui est du temps : On a une phobie de l’ennui, qui, je trouve devient inquiétante. Il faut toujours faire quelque chose, et souvent, il faut être occupé et faire partie de groupes. Vouloir être seul est mal vu, surtout si c’est pour une occupation aussi solitaire que la lecture.

Pour ce qui est de la patience, notre génération est une génération web 2.0. Une génération habituée à sauter d’un lien à l’autre, à avoir l’information le plus rapidement possible et à ce que cette information soit la plus courte possible.
J’ai parfois du mal à me plonger dans ma lecture, mes yeux sautent automatiquement d’un mot à l’autre à la recherche de l’information intéressante au lieu de lire dans l’ordre. Il me faut à chaque fois plusieurs minutes pour me « remettre dans le bain » et recommencer à lire soigneusement.

———————————

Pour finir, n’hésitez pas à l’emprunter, il se lit en deux heures facilement. On apprend beaucoup de choses (ce fut en tout cas le cas pour moi) et il nous amène à réfléchir sur la place de la lecture et de l’écrit dans notre société.

 

  • Extrait

La musique, sous les formes du chant ou de la performance instrumentale, semble véritablement universelle. Elle est le langage fondamental pour communiquer sentiments et significations. La majeure partie de l’humanité ne lit pas de livres. Mais elle chante et danse.

Publicités