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Titre : Chinoises (vo: the good women of China)
Auteur : Xinran
Date : 2002
Nombre de pages :327

  • L’intrigue

Xinran, une jeune journaliste dans les années 1990, présente chaque nuit à la radio chinoise une émission appelée « Mots sur la brise nocturne », où elle laisse des auditrices parler d’elles-mêmes.

Elle a commencé à rassembler ces témoignages, d’épouses des hauts dirigeants aux paysannes illettrées, qui parlent sans censure et tabou de leurs souffrances (mariages forcés sans amour, familles décimées par la révolution culturelle, violence, inceste…) , mais aussi de leurs bonheurs (enfants, métier, amoureux…).
Un portrait sans concession de la place de la femme chinoise dans son pays.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai lu Chinoises dans le cadre de mon challenge ABC 2012 (c’est la lettre « X », encore une des lettres pas faciles à trouver !). Au tout début de mon blog, j’avais lu et critiqué  « Baguettes chinoises »  de la même auteure et j’avais aimé, je me suis donc dit que c’était une certaine valeur sûre.

Et j’avais raison. Ce fut une belle lecture, très sombre, mais je ne regrette pas mon choix.

Tout d’abord, il y a ce titre, très sobre : « chinoises ».
Il dit déjà ce qu’on va trouver dans ce livre : On va y parler des femmes chinoises (comment elles vivent, comment elles sont, ce qu’elles pensent, ce qu’elles font…)  Pour une fois que je préfère le titre français à l’original (qui est plus long), cela vaut la peine de le signaler!

En fait ce livre peut être résumé par une seule phrase, qui a le mérite d’être simple et clair : « Je me souviens d’avoir pensé que s’il y avait une autre vie, je ne voulais pas renaître femme », que j’ai d’ailleurs gardé comme l’extrait le plus percutant.

Ce récit est  très intéressant. Et il est également très déprimant. J’avais parfois de la peine à croire que les hommes pouvaient réellement se conduire ainsi. Il est difficile, alors que j’ai toujours vécu en Europe et que je n’ai jamais eu à me battre pour l’égalité hommes/femmes, que j’ai grandi dans un foyer heureux et uni de s’imaginer ce que ces femmes ont vécu. C’est abominable. Et pourtant, ces témoignages sont réels.

Elle interroge ses auditeurs sur tous les thèmes, essaye tant bien que mal de toucher un peu à tous les sujets (autant que la censure -qui n’est jamais loin, on le voit bien-  le permet) mais c’est toujours à propos des femmes. Elle répond aux questions sur les mariages forcés, le manque d’argent, des femmes obligées de mendier, de se prostituer, de l’inceste, des viols du manque de justice, du mariage…

Après il ne faut pas oublier que si les personnes lui parlent, c’est parce qu’elles ont des problèmes. Les personnes heureuses en couple n’ont pas besoin de ce genre de réconfort et de réponses. Donc évidemment, il n’y a que des histoires tristes. Mais c’est incroyable de voir comment la femme est encore bien derrière les hommes dans ce pays !

Je ne sais pas dire qu’est ce qui m’a choqué le plus…je pense que ce sont ces
paysans devenus dirigeants sous la révolution culturelle qui ont épousé des femmes cultivées (alors qu’ils avaient souvent encore des femmes dans la zone occupées) parce que la culture et le savoir les attiraient, mais, qui une fois mariés les traitaient comme des objets négligeables ! Quelle contradiction !

Car il ne faut pas oublier : le manque de savoir est une vertu pour les femmes! Moins on en sait, mieux c’est!( Il suffit de se rappeler que Xinran qui alors qu’elle avait reçu une éducation plutôt évoluée ne savait pas ce que c’était que l’homosexualité alors qu’elle était étudiante !)

J’ai souvent entendu qu’en Chine, les femmes et les hommes grâce au communisme sont égaux. Et c’est vrai que, quand on les voit travailler, il y a peu de métiers qui ne sont pas complètement mixes. Les femmes font exactement les mêmes activités que les hommes. Mais Xinran nous montre que cette égalité n’est qu’une façade.

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Une fois qu’on a terminé ce recueil de témoignages, (surtout si on est une femme) on remercie le ciel de ne pas être née en Chine.
Malgré une lecture quelque peu difficile à cause du thème et des situations, je le recommande. On apprend énormément de choses.

  • Extrait

Je me souviens d’avoir pensé que s’il y avait une autre vie, je ne voulais pas renaître femme.

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