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Titre : On ne peut pas lutter contre le système
Auteur : J. Heska
Date : 2012
Nombre de pages : 336

  • L’intrigue

Le système financier mondial va s’écrouler et va plonger les populations dans un chaos sans précédent.  Comment en est-on arrivé là ? Tout s’est joué en quelques jours…

Il y a trois militants de Green Force qui vont tomber sur des documents qui les dépassent et décident de les utiliser en essayant de les rendre public pour sensibiliser la population.

Il y a Samson Bimda, chef d’un village au nord de l’Ouganda qui refuse d’acheter encore une fois les semences d’OGM vendues par le consortium HONOLA. Ces OGM ont ruiné ses champs et il ne peut plus assurer la survie de son village.

Et enfin, il y a Lawrence Newton, membre de la compagnie HONALA qui a abandonné ses convictions et sa femme pour suivre son père et prendre sa place au sein du consortium.

Chacun défend ses intérêts à la veille du grand sommet européen qui déterminera si les semences OGM pourront être commercialisées en Europe.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai eu l’occasion de lire ce roman grâce au projet Hermès, un projet de livre voyageur, organisé par l’auteur lui-même. J’ai été ravie de participer à ce projet et je remercie J. Heska d’avoir pu y participer. Surtout que ce fut une lecture bien agréable !

J’ai été quelque peu troublée de voir qu’il n’y avait pas de titre sur la couverture de l’exemplaire que j’avais, ni le nom de l’auteur. Par contre, l’image de la page de couverture est très bien choisie ! Elle représente parfaitement le roman pour moi !

J’ai dû dévorer ce livre en quelques heures ! Du point de vue du suspense, J. Heska s’y connaît ! On ne peut tout simplement pas s’arrêter dans sa lecture, il faut savoir la suite, il faut comprendre comment la situation a pu dégénérer ainsi en quelques jours !  (D’ailleurs, c’est impressionnant tout ce qui peut se passer comme choses en moins d’une semaine !)

J. Heska exploite dans son roman des thèmes très actuels : le pouvoir, les grandes entreprises, les traders, le profit de l’argent et les OGM. Cela m’a d’ailleurs mise assez mal à l’aise : j’avais l’impression que cela pourrait réellement exister.

Il nous montre à travers ce roman que les actions honnêtes et directes ( représenté par Green Force) n’ont pas beaucoup d’efficacité…faute de moyens. Elles ne servent qu’à ralentir l’inévitable. On veut gagner ? Il faut passer par derrière, entrer chez « l’ennemi », prendre son temps et détruire, saccager lentement mais sûrement les fondements pour être sûr de réussir. Tout détruire sans que personne ne s’en aperçoive. Et quand on le voit, c’est déjà trop tard.

C’est assez brutal et violent comme façon de voir… En attendant, c’est ainsi que cela marche. Les gentils pourront toujours dire qu’ils ne veulent pas « s’abaisser » au niveau des méchants, s’ils veulent rester dans le jeu/course, il faudra bien qu’ils jouent avec les mêmes règles. J’ai beaucoup aimé cet aspect.

Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, ce fut de voir les deux extrêmes. Aussi bien les traders voués corps et âme au système qui fait leur réussite, mais aussi les écologistes extrémistes, les militants qui ne vivent que pour cela et qui n’apportent pas de solution.
Car c’est bien joli de ne plus vouloir « participer » au système, de ne pas vouloir l’ »engraisser » mais arrêter d’avoir une carte bancaire et de posséder un certain confort est juste stupide. Cela leur fera une belle jambe, quand EDF leur coupera l’électricité parce qu’ils n’ont pas payé leur facture !

Quant aux personnages, je dois dire que je n’ai réussi qu’à m’attacher à « Marty », que j’aimais bien avec son calme à toute épreuve (et qui, franchement, a tout du superhéros), Lawrence, ainsi que son meilleur ami.

Sinon, Clara me tapait sur les nerfs (ainsi que toute la bande de Green Force). Ce genre de personnes tellement exaltées, pleines de bons sentiments, cela m’agace.

J’ai bien aimé aussi les passages en Ouganda avec Bimda, qui me semblait être la seule personne honorable et honnête du livre.

[Attention je dévoile la fin]

Bon, arrivée au milieu du roman, j’avais deviné une partie de la fin… en tout cas, il était clair pour moi que Lawrence jouait un double jeu.

Par contre, je suis tombée des nues face à la teneur de son plan. Je dois avouer  que je n’ai rien vu venir !

C’est une très belle fin, très spectaculaire avec tout qui finit par s’assembler comme un grand puzzle, digne de tout le suspense qui monte durant la lecture. Il est tellement facile de rater la fin d’un thriller, mais l’auteur est parvenu sans problème à la rendre incroyable !

Oserais-je l’avouer ? J’ai juste une critique à faire, et encore, c’est juste du chipotage. En fait, j’aurais bien voulu que cela finisse mal et qu’ils meurent tous. Pourquoi est-ce que cela finit aussi bien ?

Je ne trouve pas cela correct. Ils ont brisé le système grâce à un plan très ingénieux certes, mais qui a fait tellement de victimes innocentes.
C’est bien beau de vouloir faire les choses en grand, de vouloir tout détruire pour permettre à un monde meilleur de prendre place, mais quand on commet de telles actions, la seule façon de s’en sortir honorablement, c’est de se sacrifier aussi. Ils auraient dû prendre leurs responsabilités. Parce que le happy-end, c’est super sympa, mais en attendant, le village au Ouganda (pour ne parler que de ceux-là !), il a été détruit. Et les gens sont tous (ou presque) morts là-bas. Alors bon, la moindre des choses quand on fait autant de victimes pour une bonne cause, c’est de se compter dans les dégâts collatéraux.

Après, le fait qu’ils aient décidé de se sauver montre qu’ils ne sont que des êtres humains qui pensent à sauver leurs vies malgré tout. Et c’est en effet plus logique. Mais bon… je suis un peu déçue tout de même.

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Je conseille donc vivement ce roman. Une fois commencé, il est vraiment difficile de s’arrêter et la fin est à la hauteur de l’intrigue. J’ai passé un excellent moment. Je remercie encore une fois vivement l’auteur pour ce livre voyageur et j’ai hâte de lire son prochain roman !

  • Extrait

A 19 heures, les Etats avaient annoncé la chute du capitalisme financier et la création d’une commission d’urgence, avec pour objectif de réformer la système pour en faire un véritable outil au service de l’être humain.
Malgré tout son désarroi, c’est à ce moment qu’Amaury avait éclaté de rire. De bien belles promesses pour faire de l’histoire un éternel recommencement.

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