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Titre : Extrêmement fort et incroyablement près (vo : Extremely Loud and Incredibly Close)
Auteur : Jonathan Safran Foer
Date : 2005
Nombre de pages : 425

  • L’intrigue

Cela fait un an que le père d’Oskar (new-yorkais de 9 ans) est mort, lors des
attentats du 11 septembre 2001. En fouillant la chambre de ses parents, il fait tomber un vase dans lequel se trouve une enveloppe avec une clef : il n’y a qu’un mot écrit sur l’enveloppe : Black.

Habitué aux énigmes que son père lui laissait lors de son vivant, il est persuadé que cette clef concerne son père. Il part donc à la recherche de la signification de ses deux objets en se concentrant sur ce nom inscrit sur l’enveloppe.

  • Ce que j’en ai pensé

Ma cousine m’a vivement recommandé ce roman, dont je connaissais l’existence grâce au film qui est sorti il y a quelques mois et grâce la couverture, plutôt inhabituelle qu’on retient facilement. En le voyant à la bibliothèque, j’en ai profité et je l’ai emprunté.

Ma lecture fut loin d’être un coup de cœur, mais j’ai passé un moment plutôt agréable.

Tout d’abord la forme dans ce livre est très intéressante. Ce roman est constitué de deux parties.
La première est plutôt située dans le présent, sous la forme des pensées d’Oskar. C’est une sorte de journal, où il colle toutes les photos qu’il a prises, tous les papiers qu’il a ramassés. C’est comme si il avait sa vie couché sur du papier.

La deuxième partie, plutôt sous la forme de lettres, nous raconte l’histoire des grands-parents d’Oskar, tous deux rescapés d’une ville enfouie sous les bombes en Allemagne.
Cette partie-là m’a moins passionné. Sous forme de lettre, le grand-père d’Oskar essayait d’expliquer à son fils à venir, qu’il était incapable de rester près de lui parce qu’il se sentait incapable de réellement vivre après ce qu’il avait vécu.
La grand-mère d’Oskar a donc élevé son fils seule.

Ce roman a quelques défauts.
Je vais uniquement parler de la grand incohérence de ce livre : Une mère qui laisse son fils de 9 ans sortir le soir tard et la journée tout seul, cela ne colle pas du tout avec le caractère de la femme sérieuse et aimante (et ce, malgré l’explication un peu bancale de la fin). Cela ne tient pas et c’est dommage, parce que cela gâche un peu le livre.

Et puis le caractère de l’enfant ne fait pas très réel parfois. Après, je n’ai pas eu de contacts avec des enfants surdoués, mais certaines réactions sonnent fausses.

C’est un roman sur le deuil et sur la culpabilité.

J’ai lu dans certaines réactions que le fait d’avoir utilisé le 11 septembre était jugé comme inapproprié et trop facile pour soutirer des bons sentiments. Je ne l’ai pas ressenti ainsi. J’ai trouvé cela plutôt bien amené.

C’est un pauvre enfant de 9 ans qui ne se console pas d’avoir perdu son père et surtout qui ne se pardonne pas d’avoir été incapable d’être là pour lui quand il en avait le plus besoin. Il essaye donc de garder un lien avec son père, s’interdit d’être heureux et de recommencer à avancer. Il ne peut pas.

[Attention, je dévoile des éléments de la suite]

Il décide alors de chercher la solution de cette clef, afin de se rapprocher de son père. Je suis certaine que très rapidement il sait que la clef ne mène à rien. Que cette serrure n’avait rien à voir avec son père. Mais pour lui, c’est la seule façon d’avancer, la seule façon de ne pas rester sur place et de se mettre à pleurer et à crier.

J’avais souvent envie d’envoyer une claque au gamin…il est assez prétentieux, il raconte souvent n’importe quoi et il se permet du haut de ses 9 ans de juger tout le monde et en premier sa mère.

Mais quand on se rend compte du poids de la culpabilité qu’il porte, on ne peut qu’avoir pitié. Cet enfant, il va avoir beaucoup de mal à se reconstruire. A la fin du livre, il va enfin pouvoir commencer, puisqu’il a réussi à avouer ce qui s’est passé et comment il a été incapable de répondre à l’appel de son père. Mais ce n’est que le premier pas vers la « guérison ». Il va devoir apprendre à vivre avec cela.

Cette discussion avec le propriétaire de la clef m’a beaucoup émue. Et c’est aussi cette discussion qui a sauvé le livre pour moi. Sans cette scène, je ne l’aurais pas mis dans « lectures agréables ».

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C’est donc un livre assez particulier…difficile de dire si j’ai vraiment aimé ma lecture. J’ai en tout cas été touché par cette histoire et par la quête de ce petit garçon. Si vous tombez dessus, n’hésitez pas à le lire, ne serais-ce que pour la forme qui est assez inhabituelle.

  • Extrait

J’ai dit :
– J’ai besoin de savoir comment il est mort.
Il a feuilleté le cahier pour revenir en arrière et montrer, « Pourquoi? ».
-Pour pouvoir arrêter d’inventer sa mort. J’arrête pas d’inventer.

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