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Titre : Mrs Dalloway 
Auteur : Virgina Woolf
Date : 1925
Nombre de pages : 218

  • L’intrigue

Clarissa Dalloway s’apprête à donner en fin de journée une réception. Durant toute la journée, elle va se préparer à accueillir ses invités et à faire en sorte que cette soirée soit un succès.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai terminé ce livre au tout début du mois de novembre. Et franchement, j’ai été bluffé. Ce livre a été, assez étrangement, un coup de cœur. Pourtant, je ne peux pas dire que je l’ai adoré, mais en sortant de ma lecture, tout ce que je me suis dit c’est que ce roman était absolument génial et qu’il fallait vraiment que je découvre tous les ouvrages de Virginia Woolf (d’ailleurs, il y a « Promenade au phare » qui me fait de l’œil).

Mais quelle difficulté d’en faire la critique ! Je ne pense pas être capable d’expliquer exactement  pourquoi est-ce que ce roman a été un coup de cœur, alors que j’ai mis plus d’un mois à le lire…je ne peux que essayer de vous faire passer mon enthousiasme.

En fait, dire que j’ai mis plus d’un mois à le lire n’est pas tout à fait exact. Je l’ai lu en deux fois. Une après-midi (juste après mon visionnage du film the Hours, un excellent film d’ailleurs !), où j’ai avalé une centaine de pages.

Puis quelques semaines plus tard, j’ai avalé les cents dernières pages en une soirée (ce fut d’ailleurs mon 1000 livre lu en tout.)

S’il y a eu une telle interruption, c’est par manque de temps, de silence et de courage. Je m’explique :
Je trouve que la première phrase est extrêmement prometteuse…Bien évidemment, je suis influencée, puisque c’est une phrase très connue et que j’avais adoré la scène dans le film ou les trois actrices à tour de rôle déclament cette phrase… toujours est-il qu’en lisant je me suis calée bien confortablement dans mon lit avec ma tasse de thé et je me suis lancée avec impatience dans ce livre.

Or l’impatience c’est vraiment le sentiment qu’il ne faut pas avoir quand on commence Mrs Dalloway…dès les trois premières pages, je me suis rendue compte que j’allais mettre du temps à lire ce livre, qu’il se dégustait et qu’il fallait y aller tranquillement.

Le style est difficile. Il faut se laisser aller, lâcher prise  et surtout ne plus faire attention au temps (il faut du temps pour lire ce roman, avoir tout le temps possible) et se mettre à lire en écoutant le son de sa voix (moi, cela m’a aidé à lire et a contribué à mon plaisir). Très dur et laborieux, je mis bien 10 pages à me remettre dedans à chaque fois, mais après je me régalais.

Je vais un peu vous parler du contenu lui-même :

Ce livre est le récit d’une seule journée. Elle commence tôt le matin, alors que Clarissa décide d’aller acheter les fleurs pour sa réception elle-même et se termine avec la fin de cette réception. On voit la journée passer grâce à Big Ben, qui sonne toutes les heures.

En fait, dès que Clarissa frôle une personne, chez elle, dans la rue, on a accès aux pensées et aux vies de ses inconnus, sous la forme d’un monologue intérieur à chaque fois.

C’est ainsi que le lecteur saute sans arrête d’un personnage à un autre personnage, d’une histoire à une autre histoire…c’est très impressionnant, surtout que rien dans la forme du texte ne nous indique qu’on change de personne.
Et c’est également assez frustrant, puisqu’on aimerait bien pouvoir connaître réellement tous les personnages et passer un peu plus de temps sur certains.

On nous décrit les gestes les plus petits et les plus simples. On a l’impression que Virgina Woolf essaye de nous démontrer que même dans les plus petits gestes du quotidien, il y a de la beauté. Tout est analysé, presque disséqué et c’est avec plaisir que j’ai suivi toutes ses réflexions.

Clarissa m’est très sympathique. C’est vrai qu’on peut dire qu’elle est un peu futile, qu’elle a manqué sa vie en s’enfermant dans les conventions de sa société et qu’elle a finalement passé sa vie à préparer  et à aller à des réceptions…mais elle a en elle une certaine force, qu’on pressent plus qu’on ne voit. J’ai l’impression qu’elle aurait pu faire des choses absolument formidables, mais qu’elle a tout simplement décidée d’être tranquille et heureuse (enfin, c’est mon sentiment). Et cela, je ne peux pas m’empêcher de le respecter. Elle a choisi la vie qu’elle voulait mener (bien entendu, elle en avait les moyens) et elle l’a fait avec succès.

Elle est capable d’avoir de ses « moments » où tout est clair et limpide dans leur vie. Ou elle comprend énormément de choses et ou tout reprend sa place, ce qui la rend parfois un peu mélancolique. Ces moments d’épiphanie ne durent jamais et qui semblent contenir tout le bonheur d’une vie. Après réapparaît la vie quotidienne, un peu grise et fade, mais elle s’en remet vite.

En parallèle (l’autre personnage principal), on suit Septimus Warren Smith, un jeune homme qui au retour de la guerre tombe lentement dans la folie et joue avec l’idée du suicide et qui, comme Clarissa, s’interroge sur la vie et ses éléments…seulement de manière bien plus sombre.

Alors que Clarissa a une aura particulière avec son bonheur, Septimus au contraire est plutôt seul et malheureux. Il se laisse envahir par ses « moments » alors que Clarissa ne les laisse pas prendre le dessus.

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La prochaine étape, c’est lire The Hours de M. H. dont j’ai vu l’adaptation et dont j’ai été bluffé! Je ne peux pas conseiller ce roman à tout le monde. C’est une œuvre qui n’a rien de facile, mais ce fut une telle découverte pour moi qu’elle va certainement m’influencer dans mes prochaines lectures.

  • Extrait

Et maintenant, Clarissa escortait son Premier ministre à travers la pièce, allègre, étincelante dans la noblesse de ses cheveux gris. Elle portait des boucles d’oreilles et une robe de sirène, d’un vert argenté. Elle semblait caracoler sur les vagues, les cheveux tressés en nattes, et elle avait toujours ce don d’être ; d’exister ; de tout résumer à l’instant où elle passait.

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