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Titre : Une partie de chasse
Auteur : Agnès Desarthe
Date : 2012
Nombre de pages : 153

  • L’intrigue

Tristan, jeune citadin accompagne trois membres du village à la chasse, afin de faire plaisir à la femme qu’il aime, qui voudrait s’intégrer.

Refusant de tuer, il protège un lapin qu’il a blessé sans le vouloir en le cachant dans son sac. Mais un accident se produit et Tristan est désigné pour rester avec le blessé pendant que les autres partent chercher du secours.

  • Ce que j’en ai pensé

J’en ai entendu parler grâce à l’émission La Grande Librairie. Le titre, le résumé et la présentation de l’auteure m’avait plu, j’ai donc cherché à récupérer ce livre. Je l’ai donc emprunté à la bibliothèque.

J’ai passé un bon moment, sans aucun doute.

Il y a deux récits : d’un côté on a la chasse en elle-même (donc le présent) qui tourne mal et la tempête qui arrive et de l’autre, on a les souvenirs de Tristan (son enfance, la maladie de sa mère, sa vie….)

Le style est agréable et certains passages sont particulièrement captivants.

D’après les critiques, le sujet du livre est le deuil de la jeunesse. Tristan qui met définitivement derrière lui ses années de jeunesse pour enfin devenir adulte.

Je dois avouer que je n’ai pas vu cela du tout !

Ce que j’ai surtout retenu et préféré ce sont les dialogues entre le lapin et Tristan sur leurs conditions.

C’est plutôt le lapin qui pose les questions à Tristan, curieux de mieux comprendre l’être humain. Et on en vient vite à ce qui différencie les animaux de l’homme.

Il y a de nombreux points que le lapin n’arrive pas à comprendre, comme le malheur, l’appartenance à une société et surtout la conscience de l’infini, l’ennui et l’amour.
Et Tristan essaye de justifier au mieux son espèce jusqu’à arriver au point où il explique que ce qui fait que l’homme est supérieur aux animaux est qu’il a une conscience et qu’il arrive à combattre son instinct. Qu’il ne pense pas toujours seulement à lui et que s’il aime une personne, il sera capable de sacrifier sa vie pour elle (voir le passage assez long que j’ai choisi en extrait qui m’a particulièrement marqué)

Le reste m’a moins passionné (surtout le passé de Tristan et ses premiers pas de la vie réelle), mais cela restait plaisant à lire et j’ai rapidement terminé le livre.

[Attention, je dévoile la fin]

J’aurais voulu savoir ce qu’il est arrivé à certains personnages, pourquoi est-ce que cela termine  ainsi, et surtout comment cela continue. Tristan reste-t-il vraiment avec Emma? Va-t-il partir ? Va-t-elle lui avouer et arrêter de le tromper?

Moi, franchement, j’aimerais qu’il quitte Emma et qu’il aille se reconstruire ailleurs, dans un environnement plus apte à son caractère. Il est plutôt original, assez solitaire…dans un village, ou la seule façon de s’adapter c’est de connaître tout le monde et d’être toujours au courant de tout, je ne pense pas qu’il va être capable d’être vraiment heureux et épanoui.

Il pourrait profiter de la tempête qui a fait table rase pour faire de même et repartir sur des nouvelles bases autre part. C’est ce que je ferais en tout cas.

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C’est un tout petit livre qui me donne envie d’en savoir plus sur cette auteure…quand j’aurais le temps donc…difficile ça à trouver, vu ma PAL! Mais n’hésitez pas à le lire, il y a de très beaux passages qui valent la peine !

  • Extrait

Chacun de vos actes est logique, utile, efficace. Appelons ça la loi de la nature. Quel repos, certes, mais quel ennui. Je vais te dire, moi, ce que vous n’aurez jamais, ce que tu devais nous envier, la pépite que tu devrais rapporter aux tiens: ce qui vous manque, c’est la possibilité de faire n’importe quoi, d’agir en dépit du bon sens, de tordre le cou au rendement, à la raison, à la causalité. Nous seuls avons le pouvoir d’agir contre notre bien, mais parfois, me croiras-tu, c’est ainsi, en nous dirigeant vers notre perte, que nous accédons à un bien suprême, une qualité d’être supérieure, une présence au monde plus intense que tout ce que tu pourras jamais entrevoir ou ressentir.
Nous nous battons sans cesse, contre nous-mêmes, contre notre instinct, nous cherchons, nous errons, nous nous trompons et, grâce à ces détours, à ces refus, nous nous élevons, au sein même de notre chute, nous volons, nous transcendons.

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