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Titre : Les pays
Auteur : Marie-Hélène Lafon
Date : 2012
Nombre de pages : 203

  • L’intrigue

Claire, fille de paysan monte à paris pour ses études. Elle comprend très vite que le monde de son enfance est un monde qui est en train de disparaître et que son salut doit venir des études supérieures.
Boursière, elle engage toutes ses forces dans ses études et découvre un univers inconnu : Paris.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai découvert cette auteure avec son roman L’Annonce que j’avais bien aimé. En voyant à la rentrée littéraire qu’elle en sortait un autre et en voyant un lecteur le rendre à la bibliothèque, j’en ai profité pour l’emprunter.

C’est un style très particulier qu’a Marie-Hélène Lafon.
Il n’y a pas de paragraphe dans le texte, c’est très ramassé, très compact. Si compact que, parfois, cela manque un peu d’air.
Mais l’écriture est calme, posée, très soutenue et je dois avouer que cela fait du bien parfois, un tel style. Il faut juste prendre le temps de le lire correctement, sans sauter des lignes. Comme j’avais déjà lu un roman de cette auteure, je savais à quoi m’attendre, je n’ai donc pas été surprise.

Et ‘ai donc apprécié cette lecture. Je pense que j’aime bien Marie-Hélène Lafon et que je vais suivre de près ses futures œuvres et essayer de trouver ces romans précédents.

Ce roman se découpe en trois parties :

1. Avant ses études à Paris, Claire visite avec son père le Salon de l’Agriculture. C’est donc en quelque sorte un premier contact avec la ville, même si elle n’en verra pas grand chose.

2. Les années d’étude à paris, ces années de passage, de transition, ou encore incertaine de sa véritable place, elle apprend à connaitre Paris et à devenir une citadine.

3. Devenue professeure des années plus tard, Claire accueille son père et son neveu chez elle et son père mesure l’écart entre eux. Elle n’appartient plus à son monde et elle est entièrement devenue citadine.

Le grand thème de ce petit roman (dont j’aime beaucoup la forme de la maison d’édition qui est, à l’image du roman, très sobre) est la rencontre de deux mondes : La Province et la Capitale.

Grâce à Claire, jeune fille d’agriculteur, on assiste à la rencontre du monde de la ville moderne et d’un monde qui est entrain de disparaitre, celui de l’agriculture.

Son père le lui répète assez souvent : il fait partie des dernières personnes à être véritablement paysan dans le sens traditionnel du terme : maintenant l’élevage et l’agriculture se font à grande échelle et plus vraiment chez les particuliers.

Claire arrive petit à petit à se faire à cette nouvelle atmosphère, ce nouveau monde, surtout grâce à son travail sérieux (elle l’a vite compris : n’ayant pas la famille et les racines qu’il faut pour réussir sans difficulté dans la vie, elle mise tout dans le travail personnel et sa culture générale.)

J’ai beaucoup aimé lire ses premiers pas dans l’université. J’ai trouvé cela plutôt intéressante de voir ses étonnements, ses doutes et ses incompréhensions pour une ville que moi, je connais très bien.

Mais elle va être incapable de s’intégrer réellement dans ce monde, ni d’arriver à garder des véritables liens avec sa vie d’avant. Elle devient une citadine mais sans devenir une parisienne. Elle sera éternellement entre les deux, la Province et la Capitale. Cela me fait un peu penser à ces personnes qui ont deux nationalités et qui se sentent aussi bien français qu’allemand par exemple. C’est exactement la même chose. Cela peut être aussi bien une force qu’une faiblesse.

Je trouve que dans son cas, ce fut plutôt une faiblesse, même si elle a l’air plutôt heureuse et sereine à la fin. Elle a mis du temps à se positionner par rapport à ces deux « pays » et à trouver sa véritable place.

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Une belle découverte donc, de cette rentrée littéraire 2012. Aussi bien pour la forme que pour le fond, je le conseille aux personnes qui ne connaissent pas encore cette auteure pour la découvrir.

  • Extrait

Il pensait que toute sa vie il avait couru après les machines, de plus en plus il avait été esclave des machines ; il fallait d’abord les acheter, en empruntant pour le gros matériel, et quand on arrivait au bout des mensualités la machine était usée, dépassée, on empruntait de nouveau pour en acheter une autre, ça ne finissait jamais ; même si les paysans de sa génération avaient été les premiers à profiter du confort des machines ; il reconnaissait le confort des machines leur puissance leur efficacité ; il pensait à ça, au confort des machines et à l’esclavage que c’était, que c’était devenu. Peut-être parce qu’il était vieux.

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