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Titre : Fahrenheit 2010
Auteur : Isabelle Desquelles
Date : 2010
Nombre de pages : 192

  • L’intrigue : 

Dans ce témoignage et en 20 chapitres, Isabelle Desesquelles nous parle de sa librairie et de comment est-ce qu’elle a été amené à démissionner de son poste et ce malgré l’amour de son métier et des livres : directrice d’une librairie.

  • Ce que j’en ai pensé : 

Ce fut d’abord le titre qui retient mon attention : Fahrenheit 2010 est une référence à « Fahrenheit 451 », température à partir de laquelle le papier brûle et évidemment, une référence au roman de Ray Bradubury que j’ai beaucoup aimé.
Je me suis donc penchée sur ce livre et c’est en lisant la quatrième de couverture que j’ai absolument eu envie de le lire.

J’aime beaucoup lire les romans /essais/ témoignages sur le thème de la lecture et de la chaîne du livre. J’ai toujours trouvé cela très intéressant de savoir comment cela se passe en librairie, en bibliothèque, aussi bien les aspects positifs que négatifs. Ce livre ne pouvait donc que me plaire.

Isabelle Desquelles, avec ce témoignage, attire l’attention sur les dégradations de la condition de vie des libraires, des librairies et surtout des livres. Elle nous démontre l’absurdité de la transformation des librairies en enseigne culturelle.

Bien évidemment, Isabelle Desesquelles ne critique pas l’ensemble de la profession des libraires.
Elle critique son réseau de librairie indépendante qui s’est vendu à une multinationale qui souhaitait pouvoir concurrencer la FNAC et qui a perdu tout ce qui faisait avant son originalité, son « âme » même et surtout qui a perdu pas mal de clients, qui ne trouvent plus ce qu’ils étaient venus chercher.

J’étais très curieuse de savoir de quel réseau de librairie il s’agissait et après quelques recherches, j’ai trouvé les informations suivantes :
Isabelle Desesquelles était avant la directrice d’une librairie centenaire à Toulouse qui avait plutôt une belle réputation. Une multinationale a racheté le réseau des librairies indépendantes qui est devenu « Chapitre.com ».Et franchement, avant de lire « Fahrenheit 2010, je ne connaissais chapitre.com que de nom et encore…

D’après l’auteure, la multinationale tient deux discours complètement opposés : il faut préserver la polyvalence et le savoir-faire des libraires et il faut faire du profit, virer les documents qui ne se vendent pas assez et les personnes non indispensables à la chaîne du livre.

Bref, la politique des nouvelles directions est de « vendre vendre vendre ». Ici, il n’est plus vraiment question de promouvoir la culture, il s’agit surtout de rentabiliser, de fidéliser, d’amener toujours au pas.

Entendons-nous : Bien entendu qu’une librairie qui marche est une librairie qui vend. Bien entendu que si elle fait du profit c’est préférable pour ne pas fermer et qu’avant tout, il s’agit de vendre. Mais je trouve que comparer une librairie à un supermarché est un non-sens. Vendre des livres ou vendre des tomates ou des appareils ménagers, ce n’est pas comparable. Le savoir-faire et l’expérience ne sont tout de même pas les mêmes. On ne peut pas vendre des livres de la même façon qu’on vend des aspirateurs.

Pour une femme, qui, comme Isabelle Desesquelles, adore la littérature et les livres, voir un tel naufrage a été trop dur pour rester. Elle a préféré abandonner le navire ou elle n’avait plus aucune légitimité et garder sa dignité.

Et pourtant, elle a essayé de combattre, mais elle nous démontre aussi l’absurdité à essayer de se battre contre quelque chose de presque invincible :
Comment ose-t-elle se plaindre d’avoir un travail qui peut-être ne lui plait plus, alors que tant de personnes se retrouvent au chômage? (Je trouve d’ailleurs que la phrase de mon extrait est très parlante de ce qui se passe en ce moment dans le monde du travail. Tant de personne manque de travail qu’on ne peut pas se plaindre des mauvaises conditions de son emploi…on sait très bien qu’il y a une longue queue derrière soi qui nous remplacera dès qu’on partira.)

Le métier de libraire m’a toujours beaucoup attiré. Cela doit être fantastique, si on aime son métier, de pouvoir promouvoir les livres, de donner envie de les lire…mais après ce témoignage, mon enthousiasme est quand même bien refroidi. Au moins, en bibliothèque, il n’est pas question de faire sans cesse des profits et de gagner de l’argent. C’est plus calme, on va dire.

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Ce fut une belle et terrifiante découverte. Très intéressant à découvrir, je le conseille aux personnes qui aiment lire des livres sur les livres (et qui ont quand même un peu d’espoir en ce qui concerne celui-ci).

  • Extrait :

Le travail n’a pas tous les droits. C’est quoi en 2010 un travail dans une société qui rompt sous le poids de ses deux cents millions et quelques de chômeurs recensés dans le monde? Ça veut dire quoi, travail, quand en France on avoisine 4 millions de demandeurs d’emploi? Ça veut dire : tue-toi à la tache et tais-toi?

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