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Titre : Journal de l’année du désastre
Auteur : Kressmann Taylor
Date : 1967
Nombre de pages : 220

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  • L’intrigue

Le 3 novembre 1966 en Italie la pluie tombe sur Florence. Il pleut tellement que l’Arno fini par sortir de son lit et se transforme en torrent qui va tout balayer sur son passage. La ville est ravagée.

Kressmann Taylor grâce à son journal nous raconte exactement comment s’est passé l’inondation et surtout comment s’est organisée la ville après l’inondation pour se relever.

  • Ce que j’en ai pensé

J’aime beaucoup Kressmann Taylor. Je l’ai d’abord découverte plus jeune avec « Inconnu à cette adresse » qui est (je trouve) un petit chef d’œuvre.
Puis, il y a un an, j’ai lu « Jour sans retour » que j’ai vraiment adoré.

Alors quand j’ai appris qu’elle avait tenu un journal l’année de l’inondation de l’Arno et qu’elle l’avait publié, j’ai tout de suite eu envie de le lire.

Ce livre est son seul récit véridique. Elle n’a rien inventé et s’est contenté de raconter jour après jour les évènements marquants de l’inondation.

Ce fut très intéressant de voir comment l’inondation s’est déroulé, et mieux encore, comment est-ce que Florence s’est débrouillé durant les premières heures et les premiers jours pour sauver ses chefs d’œuvres et ses habitants. Il montre aussi comment et pourquoi le monde (et surtout l’Italie) ont mis autant de temps à réagir face à cette catastrophe et à envoyer des secours.

Ce qui est drôle (d’un point de vue bien évidemment ironique) c’est que le monde a surtout réagi face aux œuvres d’art qui étaient abimés et détruites plutôt qu’aux habitants qui se retrouvaient sans toit et sans nourriture. C’est grâce aux musées et aux bibliothèques que la conscience internationale s’est réveillée et que de l’argent a été envoyé en masse.

Je connaissais l’existence de cette inondation grâce à un film. J’avais donc entendu parler de ces centaines d’étudiants et de jeunes (appelés « anges de la boue »)  qui sans relâche ont travaillé dans la boue pour sauver les peintures, les livres et les statues. J’ai trouvé cela très beau et émouvant.

Ce qui est impressionnant aussi, c’est le calme et l’optimisme des florentins. On peut être sûr que les parisiens n’auraient pas pris les choses aussi bien!
A Florence, les habitants se sont mis au travail immédiatement, sans oser se plaindre sur son sort. Et pourtant, combien de famille n’avait plus de d’endroit où vivre? Combien de commerçants n’avaient plus rien, même plus de magasins? J’avais parfois peine à croire que cela s’est réellement passé comme ça.

Le fleuve a laissé plus de 600 000 tonnes de gravats et de déchets dans la ville après son passage.

C’était la première fois qu’arrivait une telle catastrophe. Car, si on avait déjà connu les inondations, c’était la première fois que tout était souillé de mazout. Florence est devenu un immense laboratoire, où on a nettoyé a en aveugle en espérant ne pas détruire à jamais des œuvres d’art en essayant de les sauver et de les débarrasser de tout ce noir qui collait.

Il y a eu plus de 14 000 œuvres endommagés dans les musées, parmi lesquelles l’ensemble des collections étrusques du musée archéologique, mais aussi 3 à 4 millions (!!!) de livres et de manuscrits endommagés (toutes les archives se trouvaient sous le niveau de la terre et ont donc été immergé durant de longs jours).

Ils disaient à cette époque qu’il faudrait plus de 20 ans pour tout nettoyer et remettre à neuf. Pourtant on sait qu’en 2003 il y avait encore 36 000 volumes plein de boues attendant dans des sous-sols…je me demande où est ce qu’ils en sont à présent.

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Ce fut un témoignage très intéressant en tout cas et en plus dans un style plutôt très agréable.  J’ai appris énormément de choses et cela m’a donné très envie d’aller voir Florence.

  • Extrait

Ainsi, sans même un effort de volonté, avons-nous redécouvert la vérité première du stoïcisme : à savoir qu’il est inutile de se mesurer aux faits qui échappent à votre vouloir.

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