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Titre : Lira bien qui lira le dernier
Auteur : Hubert Nyssen
Date : 2004
Nombre de pages : 127

  • Le contenu

Hubert Nyssen, écrivain et éditeur (d’Actes Sud), à l’aide d’une lettre à une lectrice qui s’inquiète de l’avenir de la lecture, décortique les prévisions, les espoirs et les peurs qui sont celles de notre époque à propos de la crise du livre.

  • Ce que j’en ai pensé

De cet homme, j’ai déjà lu La sagesse de l’éditeur, petit essai sur l’édition qui m’avait beaucoup plu. Donc quand George l’a proposé au prix du Club des Lectrices, j’ai été ravie d’avoir à le lire.

IMG_0080C’est bien simple : voici une petite image du livre lui-même et du nombre de post-it que j’y ai insérer. je ne compte pas parler de tout, mais voici en gros ce que j’ai retenu de cette lettre ouverte et ce que j’en ai pensé :

Tout d’abord, et il insiste beaucoup sur ce point (et je suis tout à fait d’accord avec lui), il faut vraiment faire une bonne fois pour tous la différence entre la lecture et le livre (tout comme le déploiement de la lecture ne peut être comparé à l’alphabétisation, cela n’a rien à voir !)

Le livre c’est le format. La lecture, c’est l’acte de lire. La forme change et a toujours changer. On continue et on continuera à lire que cela soit sur du papyrus, un manuscrit, un livre ou une tablette!

Il faut arrêter de confondre et de tout mettre dans le même sac, ce qu’on fait beaucoup trop souvent. C’est le livre qui risque de disparaître et non la lecture qui est plus essentielle que jamais, puisque tout sur l’ordinateur se fait par lecture. Tu ne sais pas lire, tu ne peux pas te servir de l’informatique.

Ayant été éditeur très longtemps,  il a beaucoup d’anecdotes très intéressantes sur le changement des œuvres et des écrivains. Et il nous prévient contre le voyeurisme, en nous faisant remarquer qu’avant les auteurs se disaient : qu’est-ce que je vais pouvoir écrire et comment? Alors que la question posée à présent est plutôt : comment est-ce que je vais apparaître et qu’est-ce que les gens veulent? Et nous, les lecteurs, on se pose plus la question de «C’est qui ?» que «C’est quoi?».

Autre point abordé : les prix littéraires trop nombreux. Là encore, je suis d’accord avec lui. Il y en a tellement (et surtout ce sont toujours les mêmes maisons d’éditions qui gagnent depuis plusieurs années) que la notion de prix et de découverte littéraire ne veut plus dire grand-chose :C’est devenue une vraie compétition économique. Le lectorat est devenu un marché qu’il convient d’exploiter au mieux.

On ne laisse donc que peu de chances aux nouveaux auteurs qui ont à faire leurs preuves très vite sinon ils sont hors-jeu.
La question du profit est devenue trop importante et c’est triste On passe peut-être à coté de chefs d’œuvres qui ont besoin de plus d’un mois dans une librairie pour se faire connaitre. Avec toujours les mêmes best-sellers partout, on voit toujours la même chose dans les librairies et je suis sûre que je passe à côté de petites merveilles… C’est dommage.

Et il faut comprendre que les livres et la lecture ne sont pas pour toutes les personnes. C’est comme ça, il faut faire son deuil de l’idée de faire du monde entier une belle et grande famille de lecteurs. Certains ne peuvent pas lire de poésie, ou de romans ou ne lisent pas tout court. C’est ainsi, ils font autre chose et ils ne leur manquent rien. Vouloir les amener à la lecture à tout prix sous prétexte ne va pas les amener à devenir des grands lecteurs.

Ce que j’ai retenu surtout de cet essai ce fut un petit conseil que je compte essayer de suivre (et que je pense, je suis déjà d’une certaine manière) : il faut, très égoïstement, arrêter de vouloir freiner le progrès, qui viendra de toute façon et arrêter de ses poser 20 000 questions en ayant peur et…faire tout simplement ce qu’on souhaite. On veut lire sur une liseuse ? On lit sur une liseuse sans avoir à se justifier pendant des heures auprès des puristes indignés. On préfère les livres? Et bien on lit sur des livres et on envoie promener ceux qui veulent à tout prix vous convaincre qu’il faut vivre avec son temps. On veut des livres neufs ou bien d’occasion ou encore ceux de la bibliothèque ? On souhaite lire des livres compliqués ou jugés trop populaires ? On fait ce qu’on souhaite point final.

Bon mon plus grand problème avec ce livre a été la forme en fait. J’ai vraiment eu du mal avec la lettre ouverte et surtout le ton libertin…cela m’a vraiment mise mal à l’aise ses « ma belle » et tous les autres petits mots…

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Une lecture donc très instructive et plutôt agréable (à part pour une partie minime de la forme),je le conseille vivement aux personnes qui veulent en savoir plus sur la crise du livre sans lire un essai de 500 pages indigestes!

Merci à George pour cette découverte!

  • Extrait

Pour sauvegarder vos plaisirs de lectrice, vous avez donc intérêt à demeurer vigilante. Les bonnes lectures, celles que nous n’oublierons pas, souvent procèdent de nos révoltes.

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