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Titre : Dans la ville des veuves intrépides (vo : Tales from the town of widows)
Auteur :James Cañon
Date : 2008
Nombre de pages : 378

  • L’intrigue

Un matin, alors que le village de Maraquita s’éveille tranquillement, les guérilleros arrivent et pillent le village tout en emmenant les hommes pour les forcer à combattre avec eux.

Il ne reste plus qu’un enfant de 12 ans, Julio que sa mère avait déguisé en fille et le curé, Padre Rafael.

Les femmes commencent à attendre le retour des hommes, puis en constatant la ruine de leur village, Rosalba, la veuve du brigadier devient maire et va essayer de reconstruire leur lieu d’habitation avec de nouvelles règles et de nouvelles lois.

  • Ce que j’en ai pensé

Pour le mois de janvier, le Club des lectrices avait décidé de s’aventurer ou bien en Afrique ou en Amérique Latine.
La Colombie fut finalement choisie, avec un auteur James Cañon, colombien, qui écrit en anglais. Mais le thème de ce roman est bien colombien.

Par contre, je dois avouer que je suis moyennement satisfaite de ce livre.
C’est simple, mon avis a joué au yoyo durant tout le temps de ma lecture. J’ai beaucoup aimé le début, je n’ai pas du tout aimé le milieu ou je me suis carrément ennuyée et j’ai recommencé à aimer ma lecture à la fin.

Le roman est construit en chapitres alternant le récit personnel d’une des femmes et de témoignages des hommes, qu’ils soient des guérilleros ou militaires.

Mon personnage préféré était la Veuve Morales, que j’ai trouvé être la personne la plus attachante. Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal avec Rosalba, surtout au début, avec sa liste de choses à faire et d’interdits.

J’ai donc beaucoup aimé ce premier temps, ce désœuvrement des femmes une fois que les hommes ne sont plus là. Ces femmes, qui sont capables des plus grands sacrifices (se priver pour leurs enfants, endurer un mari violent des années et des années sans rien dire), se retrouvent incapables de prendre la moindre décision les concernant.

Et c’est le début d’un très long apprentissage (qui va d’ailleurs prendre des années!) de la liberté. Elles vont longtemps faire des erreurs et être incapables de se prendre réellement en main, laissant le village et ses habitants s’enfoncer dans la catastrophe et presque la folie à la fin (une fois qu’il n’y a plus de temps, on ne peut pas dire que tout le monde va vraiment bien !)

Et enfin, le déclic aura lieu, quand Rosalba arrêtera de faire des listes et des listes de choses à faire, mais commencera immédiatement à les faire. Arrêter de remettre au lendemain et faire les choses tout de suite.
Et surtout elles vont se rendre compte qu’elles sont bien entre elles, sans les hommes. Sans le remarquer, tout ce qui était masculin a fini par partir du petit village : les garçons sont morts, le prêtre est parti, Julio est devenu Julia et Santiago est surnommé « L’autre veuve ». Il n’y a plus rien qui rappelle vraiment les hommes dans le village.

Le temps était donc venu de créer un autre système.

Un système « purgé » de tout ce qu’il y a de masculin, de chacun pour soi, de compétitivité, mais plutôt un système féminin, basé sur le partage, l’entraide (moi, cela me fait quand même légèrement penser au communisme mais bon…cela a l’impression de marcher…peut-être parce que ce sont uniquement des femmes ?) En tout cas, cela fonctionne et on peut dire qu’elles sont relativement heureuses.

Le principe de la ville de femmes dans un pays d’homme m’a donc bien plu. Surtout quand, à la fin, les hommes reviennent et veulent tout décider à nouveau et qu’ils se font envoyer promener.

Par contre, je n’ai pas trop réussi à adhérer au principe d’être nue tout le temps. C’est aller trop loin pour moi.

Ce qui m’a beaucoup moins plu, c’est l’entre-deux…du moment, où elles commencent à essayer de se prendre en main, jusqu’à ce que Rosalba et Cleotilde trouvent le nouveau système et le proposent aux villageoises.

J’ai trouvé que cela allait dans le grand n’importe quoi (et tout particulièrement l’affaire avec les quatre garçons) et je me suis désintéressée au roman. Mais après c’est vrai que j’ai du mal avec le réalisme magique. Le seul livre sur le réalisme magique que j’ai aimé est « Cent ans de solitude » de Garcia Marquez qui a une écriture magnifique.

Dernier point : J’ai beaucoup aimé découvrir une facette du pays, avec ses guerres civils et ses massacres. Les témoignages des hommes étaient pour cela très intéressants et ont montré comment la situation était complexe.

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Je ne peux donc pas vraiment vous conseiller ce livre, même si j’ai apprécié plusieurs aspects. Disons plutôt que ce que ce roman m’a donné envie de faire, c’est de relire Garcia Marquez et de découvrir ses œuvres que je ne connais pas encore.

  • Extrait :

Oui. Elles resteraient ici, au purgatoire. Car c’était bien là ce qu’était en vérité Maraquita. Le purgatoire. Sauf que personne ne s’en était encore rendu compte.

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