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Titre : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert 
Auteur : Joël Dicker
Date : 2012
Nombre de pages : 664

  • L’intrigue

Marcus Goldman est après un premier roman, un jeune écrivain à succès. Mais alors qu’il doit se mettre au livre suivant pour respecter son contrat avec son éditeur, il se retrouve incapable d’aligner la moindre phrase valable.

Alors que le délai pour remettre son prochain manuscrit approche, un scandale éclate en Amérique : son mentor et ami Harry Quebert, illustre professeur et écrivain se retrouve accusé du meurtre de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Marcus, persuadé de l’innocence de son ancien professeur va mener son enquête pour prouver son innocence.

  • Ce que j’en ai pensé

Et oui! J’ai fini par craquer et par réussir à trouver un moyen de mettre la main sur ce livre : c’est bien simple, j’avais un week-end pour le lire et le rendre. Mission accomplie.

Cela n’a pas été très dur. Il y a un suspense indéniable dans ce roman, qui ne donne qu’une seule envie, c’est de continuer et de lire vite vite vite pour savoir enfin la vérité sur Harry Quebert.

Mon verdict? Il se compose en deux parties :

C’est un très bon thriller, divertissant, saisissant, avec une fin excellente dont on n’arrive pas à se douter. Cela ne m’étonne pas qu’il ait reçu le prix Goncourt des lycéens, ils ont dû adorer cette histoire! Je le conseille vivement !

Par contre, si j’ai aimé lire ce livre, autant le dire tout de suite, cela s’arrête là. Avec tout le bruit qu’il y a eu autour, je m’attendais tout de même à un autre niveau par rapport au style et à la forme. Il faut dire qu’il a gagné le Grand prix du roman de l’Académie française.

Pour rappel c’est un prix attribué à une œuvre originale publiée dans l’année en cours, qui est un des prix prestigieux de l’Académie.
Pour vous donner quelques exemples, Belle du Seigneur d’Albert Cohen a eu ce prix, George Bernanos pour Journal d’un curé de campagne aussi, ou bien encore l’année dernière Sorj Chalandon pour Retour à Killybegs.
Et je trouve qu’il ne mérite pas cette distinction. Le style n’a rien d’exceptionnel et est même parfois très simple et sans attrait. De plus, il y a beaucoup de dialogues qui, hélas, sonnent faux.

Il y a plusieurs éléments que je n’ai pas aimé dans ce roman et qui m’ont empêché d’apprécier pleinement l’intrigue, mais je ne vais vous parler que des deux plus importants :

  1. Certains personnages sont de véritables caricatures. L’auteur va trop loin, cela ne fait plus réaliste du tout (enfin je trouve). Pour ne parler que des deux personnages les plus flagrants : la mère de Markus et son éditeur. Ou il a vraiment une dent contre sa mère et son éditeur, ou Joël Dicker a mal dosé les caricatures. Ces personnages n’ont aucune réalité, aucune profondeur et c’est dommage.
  2. On peut lire sur la quatrième page de couverture que ce roman est une réflexion sur l’Amérique et les travers de la société moderne et la justice et la littérature et les médias (oui cela fait beaucoup !) et bon…je suis tout de même moyennement d’accord. C’est vrai, on nous sort de très belles vérités tout au long du roman, mais bon…rien de bien neuf sous le soleil, soyons honnêtes.

 

Alors, même si je me montre plutôt très critique, j’ai aimé ce roman.

L’effet de surprise a été totale, surtout pour le dernier rebondissement et j’ai été plutôt très satisfaite de la manière dont cela a été manié et tourné. Joël Dicker a eu une imagination et une maîtrise impressionnante pour orchestrer autant de faits et de personnages en même temps, sans que cela ne sonne trop faux.

Et j’ai bien aimé au début la critique du monde de l’écriture, des éditeurs et des auteurs avec leur phobie du « non best-seller », qui sont obligés d’écrire un livre tous les ans pour que le public ne les oublie pas et ne passe surtout pas à autre chose. Il ne s’agit plus tellement d’écrire, mais plutôt de produire. Pour produire des best-seller, on n’écrit pas ce qu’on veut écrire, mais ce que le public veut lire.

[Attention, je dévoile la fin !]

[Vraiment, il ne faut pas lire!]

J’ai été ravie d’abord de voir que Nola était finalement une jeune fille beaucoup plus débrouillarde que la pauvre jeune fille amoureuse et légèrement niaise dont on avait le portrait au début, à travers les paroles d’Harry Quebert. Elle prend vraiment les choses en main (même si elle le fait mal, notamment avec le chef de la police). C’est grâce à elle qu’Harry peut rester dans la maison et se contenter d’écrire, alors qu’elle s’occupe de lui quotidiennement.

Ensuite, j’ai beaucoup aimé découvrir qui étaient les meurtriers. Et que finalement, aussi, tout cela n’était qu’une question de jalousie et d’orgueil mal placé.

Car le jeune policier était en fait juste furieux. Lui, beau, jeune, bien bâti, n’arrivait pas à comprendre que Jenny, la magnifique et splendide Jenny qu’il aimait depuis toujours, puisse être amoureuse d’un homme défiguré qui n’arrivait pas à parler correctement. Et donc, il s’est donné un grand plaisir à « corriger » ce pauvre homme, pour lui donner une leçon. Accompagné de son chef, ils y sont allés tellement fort qu’ils ont fini par le tuer et ils en ont été les premiers étonnés. Et Nola a juste été un témoin malencontreux à éliminer.

Tout ça, pour de la jalousie mal placée…

Et enfin, il y a le grand retournement de dernière minute, l’élément auquel on ne s’attend pas du tout et qui m’a également plu : Harry Québert est un imposteur. Lui, qui entre chaque chapitre nous donnait sa leçon du jour n’a pas écrit le roman qui a fait son succès. J’ai été un peu déçue de le voir partir à la fin et non pas rester avec Marcus, mais bon, ce sont des détails.

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Donc, franchement, je vous conseille de vous lancer, mais sans attendre un chef d’oeuvre. Pour indice, moi, je l’ai dévoré et j’ai passé un moment agréable. C’est un bon thriller, un bon divertissement, mais cela s’arrête là.

  • Extrait

-Au fond, Harry, comment devient-on écrivain?
– En ne renonçant jamais. Vous savez Marcus, la liberté, l’aspiration à la liberté est une guerre en soi. Nous vivons dans une société d’employés de bureau résignés, et il faut, pour se sortir de ce mauvais pas, se battre à la fois contre soi-même et contre le monde entier. La liberté est un combat de chaque instant dont nous n’avons que peu conscience. Je ne me résignerai jamais. 

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