Mots-clefs

, , , , ,

Titre : Le manoir de Tyneford (vo :The novel in the viola)
Auteur : Natasha Solomons
Date : 2011
Nombre de pages : 450

  • L’intrigue

Elise, une jeune bourgeoise autrichienne se retrouve obligée par sa famille à accepter un poste de femme de chambre dans les campagnes de l’Angleterre. C’est une fuite : elle est juive et si une guerre n’est pas encore sûre, les lois anti-juives se durcissent au fil des jours.

Elle qui, toute sa vie a été habituée à être servie, va devoir apprendre à servir.

  • Ce que j’en ai pensé

C’est à la librairie de la Griffe Noire que j’ai vu pour la première fois ce livre, avec une très bonne critique. Alors quand je l’ai découvert à la bibliothèque, tout seul, je me suis jetée dessus pour le ramener chez moi.

Après une lecture, même si j’ai apprécié ce roman, je suis contente de ne pas l’avoir acheté.

C’est donc encore un roman avec la deuxième guerre mondiale comme décors. Mais il y a deux éléments qui diffèrent du schéma habituel :

1. L’héroïne est une juive autrichienne…D’habitude ce sont plutôt des juifs allemands… donc les déportations et les lois anti-juives ne sont pas les mêmes durant années trente et ce jusqu’à l’Anschluss

2. Elise dès le début du conflit parvient à fuir. C’est donc en Angleterre profonde qu’à lieu l’intrigue, là où la guerre mettra énormément de temps à arriver, sans jamais être véritablement là. Pas de camps, de véritable bataille, de cris…cela reste très sobre et c’est plutôt l’attente qui tient lieu de guerre

L’auteur a voulu faire revivre à travers son roman un village anglais qui a été réquisitionné pour l’armée durant la guerre : cela devait servir d’espaces d’entrainement et ne durer que quelques années. Finalement, à la fin de la guerre, tout le village est définitivement réquisitionner pour l’armée, malgré leur promesse de rendre le village. Toute une population chassée de son lieu d’habitat à jamais.

Je n’ai pas trop aimé le début du livre. En fait jusqu’à la partie du scandale, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

C’était plus l’ambiance que je trouvais intéressante : ce monde encore plein de protocoles, d’habitudes, de traditions…traditions que la guerre et Elise vont lentement puis sûrement bousculer pour réduire au néant.

Avant les classes sociales ne se mélangeaient pas. C’était tellement hors de propos qu’on n’y pensait même pas.
Mais là, afin de survivre et de fuir, des aristocrates se sont retrouvé à servir dans des maisons. Il fallait avoir un emploi pour avoir le droit de rester en Angleterre. Des comtesses, des baronnes, des personnes riches se sont retrouvées être gouvernantes, femmes de chambre, ou pire encore, simples servantes.

C’est exactement ce qui se passe avec Elise : elle n’est ni une véritable femme de chambre, et elle n’est plus une bourgeoise. Personne dans le manoir ne sait exactement comment se comporter avec elle. Elle a eu de la chance de tomber amoureuse du maitre de maison et que celui-ci l’aime également, ce qui lui a permis de quitter sa position de femme de chambre.

J’ai adoré toute la partie de la fête d’anniversaire de Kit avec comme apothéose le scandale qui éclabousse et la maison et la jeune fille!

[Attention je dévoile la fin]

Si je m’attendais à la mort de Kit, je trouve la fin tout de même un peu particulière (non pas le dernier chapitre, où on saute des dizaines d’années pour voir ce que sont devenus les personnages. Je ne l’ai pas aimé. J’aurais préféré que cela s’arrête à celui d’avant. Là, je trouve que cela gâche la fin)

Non, je veux parler du fait qu’amoureuse du fils, notre héroïne finisse par aimer et épouser son futur beau-père. Je trouve cela quand même assez particulier, même si c’est bien amené.

————————————-

Un roman agréable à lire, avec de beaux rebondissements et un arrière-plan très intéressant, mais je ne pense pas le garder en tête longtemps. Je le conseille pour une lecture tranquille, sans prise de tête.

  • Extrait

Mais il est dans notre nature de ne jamais prêter assez d’attention au bonheur.

Publicités