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Titre : Le roman du mariage (vo :The marriage plot)
Auteur : Jeffrey Eugenides
Date : 2011
Nombre de pages :  552

  • L’intrigue

Au début des années 80 dans une université américaine, trois étudiants terminent leurs cycles et entrent dans l’âge adulte.
Alors que Mitchell, jeune homme idéal aime Madeleine, celle-ci tombe profondément amoureuse de Leonard, un jeune génie au charisme incroyable mais assez étrange.

Mais que veut exactement dire l’amour à notre époque ?

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai vraiment beaucoup apprécié ma lecture! Et je ne regrette pas d’avoir pris le risque de le lire (je crois que j’avais été un peu traumatisée par le film Virgin Suicide qui est une adaptation d’un de ses livres).

C’est tout de même un gros livre (plus de 500 pages) mais je l’ai lu en deux jours à peine, tellement la prose m’a plu.

Ce que je ne comprends pas, c’est la couverture, qui est trompeuse : Ce qu’on comprend de l’image, c’est qu’un homme aime une femme qui aime un autre homme qui lui aime le premier homme…
Hors ce n’est pas du tout le cas. Dans ce triangle amoureux, il n’est nulle part question d’homosexualité entre Léonard et Mitchell.

A part ce défaut, cette lecture fut un plaisir (même si le roman est peut-être un peu trop long). Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié la simplicité de l’intrigue.

Car il est tout de même difficile de faire plus classique : C’est un homme qui aime une femme qui en aime un autre. Jusqu’à là, rien de bien neuf sous le soleil en littérature.

J’ai vu plusieurs critiques regretter le fait que cela se passe avec comme
arrière- fond une grande université avec des personnages plutôt brillantes, comme si les personnes qui ne sortent pas d’une belle et grande université ne sont pas capables de vivre de telles expériences. Je ne me suis pas réellement posée la question et cela ne m’a pas posé de problèmes.

En fait, j’ai beaucoup aimé toutes les références littéraires et théologiques, surtout celles sur la littérature victorienne, que j’aime beaucoup. Cela me donne envie de relire des classiques et de reprendre la faculté en lettre pour les étudier!

Et j’ai trouvé que faire un roman sur le mariage à notre époque (où le mariage ne veut plus dire la même chose qu’il y a 50 ans) était une excellente idée.

Parce que la notion d’amour et de mariage a bien changé durant le dernier siècle. Se marier il y a 100 ans n’a plus du tout la même signification qu’à présent.

Ce roman nous raconte l’histoire de jeunes adolescents qui expérimentent la vie, qui pensent aimer et avoir des pensées fixées à jamais et qui finissent par se prendre quelques claques bien mérités de la vie, qui les rendent adulte.

J’ai aimé le personnage de Madeleine, ainsi que celui de Leonard (que j’ai trouvé plutôt très intéressant).

Leonard est un personnage incroyablement charismatique je trouve. Il est touchant et très intéressant…son intelligence, la façon dont il vit et combat avec sa maladie… C’est le personnage que j’ai préféré.

Par contre Mitchell…j’ai trouvé le personnage durant les trois quarts du livre insupportable. C’est vraiment le beau mec qui a toujours tout eu dans la vie, sportif agréable qui est insupportable.
Et je le trouve aussi assez misogyne. Cette suffisance, ce prétendu savoir incroyable cela me tapait sur les nerfs. Cette façon de retourner toujours autour de Madeleine d’attendre et encore d’espérer malgré sa lettre de rupture…j’ai trouvé cela lamentable.

Et puis toute sa quête religieuse m’a un petit peu tapé sur les nerfs au bout d’une centaine de pages…

[Attention, je dévoile la fin]

Mais ce que j’ai préféré c’est certainement la conclusion. J’avais deviné que cela allait terminer ainsi et j’en suis ravie.

Je pense d’ailleurs que c’est uniquement à ce moment là que j’ai réellement apprécié le personnage de Mitchell. Quand il a la lucidité de voir qu’il n’aura jamais Madeleine, que Leonard soit là ou pas. Elle ne l’aimera jamais et il est assez fort à la fin pour enfin l’accepter et la laisser en paix.

Et cette façon plutôt éloignée de le demander, en prenant comme exemple le domaine de prédilection de Madeleine : les romans de l’époque victorienne. J’ai trouvé cela bien amené et intelligent.

Je me demande où est ce que l’auteur veut en venir : attention jeune fille ne te marie pas trop vite? Ne va pas avec des personnes ayant des soucis psychologiques? Maries toi uniquement avec des personnes de ton milieu ou tu souffriras? Ou alors est-ce que l’amour ne peut pas tout, ne sauve pas tout et qu’il faut s’y engager de manière sage ?

C’est surtout la dernière question que je trouve la plus juste (les autres sont peut-être un peu trop évidentes). Car Madeleine et Leonard se sont vraiment aimés. C’était plus qu’un amour d’adolescent. Mais ils n’ont pas réussi à sauver leur relation.

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Une lecture donc très intéressante  qui me donne envie d’en savoir plus sur cet auteur et de lire un autre de ses livres. Je le conseille, ce livre m’a vraiment passionné.

  • Extrait :

Les chagrins d’amour amusent tout le monde sauf ceux qui les subissent.

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