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Titre : Dix rêves de pierre
Auteur : Blandine Le Callet
Date : 2013
Nombre de pages : 247

  • L’intrigue

Blandine Le Callet se sert de l’imagination qu’on peut tirer des épitaphes de tombes authentiques pour écrire 10 nouvelles. Imaginant les dernières heures des personnes enterrées là, elle nous entraîne dans des descriptions d’une humanité toujours obsédée par les mêmes peurs et les mêmes espoirs.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce recueil de nouvelles.

Je connaissais Blandine Le Callet grâce au roman « La pièce montée », que j’avais beaucoup aimée. J’avais trouvé l’idée excellente, un mariage sous plusieurs points de vue.

Mais je suis tombée en admiration devant le principe de ce recueil : Idée de longue durée, puisque cela faisait plusieurs années qu’elle collectionnait les épitaphe qu’elle trouvait belles, intéressantes, ou intrigantes. Et en faire des petites nouvelles, imaginant comment les morts en étaient arrivés là, je trouve cela génial !

Elle a fait un livre de quelque chose que j’adore faire : prendre des personnes au hasard et essayer d’imaginer leur vie, leurs espoirs, leurs peurs…

Rien ne relie ces personnages, à part la mort et un chien. Chien qu’on retrouve dans chacune des nouvelles et qui semble assister au trépas à chaque fois. Et le chien réagit toujours un peu au moment de du décès des personnages, comme si il avait un sixième sens et qu’il sentait la mort approcher.

Bien évidemment, ces nouvelles ne sont pas très joyeuses…imaginer comment les gens meurent, on peut trouver plus joyeux que cela. Mais j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à dévorer ces nouvelles.

[Attention, je dévoile certains évènements des nouvelles !]

Mes deux nouvelles préférées sont :

La nouvelle de frères et sœurs : cette histoire d’inceste raconté à la première personne du singulier : comment ils ont commencé à s’aimer, leur fuite, leur arrestation et enfin leur mise à mort. Pas une fois, il ne prononce (sauf à la fin) le mot « sœur » ou même « famille ».

Le lecteur se rend compte lui-même et suppose leur lien filial. L’épitaphe est très belle je trouve, et l’histoire est touchante.

La nouvelle de l’architecte est très belle je trouve (voir l’extrait). Je suis d’accord avec l’auteure, penser à cet homme qui il y a presque 2000 ans était incroyablement malheureux d’avoir perdu sa femme, cela m’émeus. J’aime cette constance dans les sentiments amoureux et savoir qu’on réagit de la même manière face à la mort d’un être aimé que ce soit maintenant ou il y a 2000 ans, c’est beau.

J’ai moins aimé la nouvelle dans le bordel et la nouvelle de la matriarche qui a agacé et mis en fureur sa famille pour son testament.

Les nouvelles restantes étaient très agréables à lire.

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Je conseille donc vivement ce livre. L’idée est bonne, l’écriture est agréable, c’est vraiment un plaisir de le lire! J’ai hâte de découvrir d’autres livres de cette auteure.

  • Extrait :

Toi qui lis ces lignes,
va aux bains d’Apollon,
Ce qu’avec ma femme j’ai  souvent fait
et voudrais faire encore,
si seulement je pouvais.

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