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Titre : The casual vacancy
Auteur : J.K. Rowling
Date : 2012
Nombre de pages : 503

  • L’intrigue

Un notable meurt subitement alors qu’il allait dîner avec sa femme. Immédiatement, la petite ville commence à spéculer sur qui va bien pouvoir le remplacer.
L’enjeu est grand : une partie de la ville veut se séparer d’une partie de la banlieue mal famée et cette décision va être discutée au prochain conseil.

  • Ce que j’en ai pensé

J’en ai mis du temps à le lire ce roman! Et pourtant, ce fut une lecture agréable, que je n’ai pas regretté du tout!

Je n’ai pas regretté non plus de l’avoir lu en anglais (même si l’argo était tout de même très difficile à lire). Au contraire, je pense que j’aurais perdu beaucoup en français. Mais peut-être le relirais-je en français un jour, car je me rends compte que plusieurs choses m’ont échappées.

Donc, non ce n’est pas un nouveau Harry Potter, non, ce n’est pas le renouveau du roman adulte et je ne vois pas pourquoi cela devrait l’être. Il est vrai que si on s’attendait à un chef d’œuvre, on a dû être déçu.

Il faut dire que j’aime beaucoup les romans de ce genre : ou il ne se passe finalement pas grand-chose en action, mais où on détaille chaque petit événement et chaque pensée des personnages. Si les personnages me plaisent, j’adore cela ! Je ne cherche pas à comprendre pourquoi est-ce qu’on nous dit ça, qu’est-ce que cela vient faire là…quand c’est bien fait, je me laisse aller sans me poser de questions. Et c’est ce que j’ai pu faire avec ce roman.

La mort de ce petit notable inconnu du monde sert à décrire cette petite bourgade et la vie des habitants.

Une chose que j’ai beaucoup aimé, c’est à quel point cela faisait vie réelle. A la fin, rien ne change. Il n’y a pas de grands héros, de belle histoire d’amour romantique à souhait qu’on ne trouve que dans la fiction avec retournement de situation. Même si beaucoup d’événements s’enchaînent à la fin, personne ne change du tout au tout pour devenir meilleur. Au mieux, les personnages les plus insupportables se tiennent tranquille un petit moment.

Autre chose qui fait « vie réelle », il n’y a pas de méchants ni réellement de gentils non plus. Même si certains personnages sont particulièrement haïssables, cela reste des personnes humaines avec leur bon et leur mauvais côté. Ce sont des gens ordinaires, un point c’est tout.

Ce roman nous montre les mesquineries, les combats, les peines, les joies des gens qu’on côtoient tous les jours et dont certains nous ressemblent parfois.

Il y a de tout : l’adolescent dans la famille aisée qui refuse de reconnaître l’autorité parentale, la femme d’une quarantaine d’année qui s’ennuie dans son mariage, l’autre qui déménage dans cette petite ville pour se rapprocher de son amant qui ne veut pas d’elle, la jeune fille mal dans sa peau et qui se fait harceler en classe…

Chacun, avec plus ou moins de raison d’être heureux ou malheureux, furieux ou triste. Comme il s’agit d’une petite ville, tout le monde connaît tout le monde, connaît toutes les rumeurs, les secrets et la mort du notable devient l’événement du mois, grâce à cette place de libre au conseil.

Il y a vraiment de tout, toutes les situations quotidiennes, dont beaucoup nous sont familières. Et parce que les personnages sont tous intéressants et valent la peine d’être suivi, cela m’a beaucoup plu.

J’ai tout particulièrement aimé Andrew, qui est je trouve vraiment l’adolescent typique, avec des boutons, amoureux de la belle fille de la classe, ami avec le type le plus populaire, mais qui cache un père violent. J’ai l’impression que cet enfant va s’en sortir, parce qu’il arrive malgré tout cela à être à peu près équilibré (comparé à son ami Stuart, ou ce n’est pas du tout le cas)

J’ai aussi beaucoup aimé Sukhwinder, la jeune fille dont tout le monde se moque et qui a eu des frères et sœurs tellement doués, qu’elle passe inaperçue, aussi bien à l’école que chez elle. Elle fait finalement partie des personnages les plus attachants et intelligents.

[Attention, je dévoile la fin]

Autre fait que j’ai beaucoup apprécié : que finalement l’élection se termine de façon logique. Qu’il n’y ai pas de grand retournement de situation, avec les gentils qui vont « sauver » les champs et le centre médical. Une fois Barry et son aura, son courage et ses sourires parti, son parti n’arrive pas à gagner et il est très probable que les champs retournent à Yarvil à la fin et que le centre médical ferme.

C’est stupide et dommage, mais tellement logique. C’était Barry qui portait à lui seul le projet. Une fois mort, il n’y a plus rien à faire, malgré les tentatives des personnes qui l’aimaient de reprendre le flambeau.

J’ai tout de même un bémol : la fin.

Cela m’a surprise tout de même : je ne l’aime pas, je la trouve trop tragique, trop affreuse, trop moche. Je n’en vois pas l’intérêt. Je ne vois pas ou J.K. Rowling veut en venir, si ce n’est pas que la vie est moche quand on n’est pas né dans la bonne famille et que l’indifférence des gens prendra de toute façon le dessus, malgré les moments émouvants. Et ça, je n’ai pas besoin de la noyade d’un enfant de trois ans et du suicide de sa grande sœur pour le savoir. On sait que de telles choses arrivent parfois, souvent, c’est abominable, mais l’écrire…j’ai trouvé que c’était allé trop loin.

Et la vie continue alors dans cette petite ville.

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Une lecture agréable  loin d’être un chef d’oeuvre certes, mais je ne suis pas vraiment déçue par ma lecture! Je le conseille à ceux qui aiment ce genre de roman sur l’humain et sa vie au quotidien.

  • Extrait

– My husband is dead, all right. He’s dead, so the Fields will have to get on without him, wont’ they?

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