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J’ai eu la chance de pouvoir participer à une rencontre avec Jean-Louis Fournier, lors d’une animation à la bibliothèque Cavanna de Nogent-sur-Marne.

Jean-Louis Fournier est un auteur français (également humoriste et réalisateur). Il est entre autres le créateur des albums jeunesse « La noiraude », et il a également reçu en 2008 le Prix Fémina pour « Où on va papa? ».
Ces romans, plein d’humour, parle souvent de membres de sa famille, ou bien de thèmes qui lui tiennent à cœur.

Hélas, je n’ai pas pu prendre de notes lors de cette rencontre. Mais voici ce que j’ai retenu :

Jean-Louis Fournier est un monsieur à présent d’un certain âge, qui est extrêmement sociable et gentil. Il prend du plaisir à rencontrer son public, à voir la tête de ses lecteurs et à répondre à leurs questions. La rencontre fut, grâce à cela, particulièrement agréable.

Ces réponses, à l’image de ses livres, étaient pleines d’humour.

Il nous a parlé de sa façon d’écrire, d’essayer de faire « court » (citant une anecdote amusante sur Balzac qui devait faire deux pages sur un thème et qui en avait amené trente en disant qu’il n’avait pas eu le temps de faire « court » ). Il est vrai qu’il est toujours difficile d’essayer d’écrire moins, car tout l’essentiel doit tout de même si trouver dans ce qu’il écrit.

Il nous a parlé de ses livres, des réactions de certaines personnes par rapport à cela (surtout pour « Où on va papa? », qui a suscité beaucoup de critiques, vu le thème. Certaines personnes se sont permises de lui dire qu’on ne pouvait pas rire de cela, ce à quoi Fournier réplique qu’il faut savoir rire de tout pour mieux supporter. Il nous a également fait remarquer que de telles remarques venaient rarement des personnes ayant des enfants handicapés.

Plusieurs de ses romans parlent de Dieu. Il nous a dit avoir un compte à rendre avec lui, ayant eu beaucoup de mal à supporter la religion lors de son enfance. D’où, par exemple, Le C.V. de Dieu, où il met en scène Dieu, qui après la création du monde s’ennuie et cherche du travail. Dieu, qui, pour Fournier est capable du meilleur comme du pire.

La rencontre a duré une petite heure. Comme c’était sur mon lieu de travail, je n’ai pas pu réellement assister à toute l’animation, ni y prêter toute mon attention. Mais ce que je vais retenir est ceci : Il a dit à un moment qu’il n’aimait pas les gens ennuyeux. Qu’en être était vraiment terrible. Il peut être sûr au moins, que lui n’en n’est pas un.

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A cette occasion, j’ai lu deux autres œuvres de Fournier (j’ai déjà lu deux de ses livres, Le CV de Dieu, que j’ai beaucoup apprécié et Ça m’agace, que j’ai nettement moins aimé) dont je fais les chroniques directement dans cet article)

J’ai donc lu son célèbre « Où on va papa? », ainsi que « Les mots des riches, les mots des pauvres ». Mon préféré reste toujours Le C.V. de Dieu.

Titre : Où on va papa?
Date : 2008

Nombre de pages : 150

Voici donc le livre pour lequel il a reçu le prix Fémina en 2008. Il nous parle de sa relation avec ses enfants handicapés : leurs naissances, l’annonce de l’handicap, les réactions des gens…

Je n’ai pas beaucoup aimé ce livre qui m’a mise assez mal à l’aise. Tout le monde craint d’avoir des enfants handicapés. Jean-Louis Fournier en a eu deux. Le quotidien devait être très lourd à porter. Et au lieu d’en pleurer, il a décidé d’en rire.
Ce livre n’est pas méchant, loin de là : mais il se moque. Il se moque des bêtises de ses enfants, de leur incapacité à vivre normalement, il se moque de lui-même, de ses rêves de père, de ses envies de communiquer avec ses enfants et de ses réactions. Il se moque aussi des réactions variés des gens. C’est de l’humour, mais noir, dur et souvent sévère.

J’ai donc eu quelque fois du mal avec ma lecture. Parfois, je trouvais qu’il exagérait à se moquer ainsi, parfois je trouvais cela tout à fait normal et je m’insurgeais qu’il se sente obligé de se justifier. J’oscillais donc entre les deux. A la fin de la lecture, je ne sais toujours pas quoi penser de ce récit.

  • Extrait

Tu n’as pas honte, Jean-Louis, toi, leur père, de te moquer de deux petits mioches qui ne peuvent même pas se défendre ?
Non. Ça n’empêche pas les sentiments. »

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Titre : Les mots des riches, les mots des pauvres
Date : 2004

Nombre de pages : 180

Ce livre est un essai humoristique. Il reprend des mots banals de notre quotidien pour les appliquer aux différentes situations en fonction de la situation financière des personnes. Il y a les riches, les pauvres et les nouveaux riches (qui n’appartiennent plus à aucune catégorie)

J’ai préféré cet essai à « Où on va papa? » , même si certains passages sont tout de même assez durs et amers. C’est de l’humour noir, du rire jaune ce petit livre…On se moque des pauvres, des riches et des nouveaux riches…bref, on se moque de tout le monde.
Mais à la fin de notre lecture, on se dit tout de même qu’il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

Par contre, j’ai eu un bémol : je trouve que c’est tout de même très caricatural (les riches ne sont pas tous des coincés pseudo-intellectuel, cruel et inconscient et les pauvres ne sont pas tous des « braves gars » certes un peu rustres, mais avec un cœur immense et beaucoup de bonté). Il ne faut pas exagérer quand même. Evidemment, c’est un livre humoristique, donc les caricatures sont de mise, mais à ce point là, cela me gâche un peu le plaisir.

  • Extrait :

A l’église, les riches sont devant, les pauvres derrière.
A la guerre, c’est le contraire.

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