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Titre : Chroniques birmanes
Auteur : Guy Delisle
Date : 2007
Nombre de pages : 262

  • L’intrigue

Guy Delisle et sa famille partent vivre durant un an en Birmanie. Il nous raconte son quotidien dans ce pays à ce moment là sous dictature, à travers sa bande-dessinée.

  • Ce que j’en ai pensé

Voici donc la troisième bande-dessinée de cet auteur que je lis (et celle que j’aime le moins, même si j’ai beaucoup apprécié ma lecture).

Il passe donc un an en Birmanie/ République de l’Union du Myanmar. Pour rappeler un peu la situation de ce pays voici un résumé :
Depuis 1962 le pays a connu une succession de dictatures militaires. Dirigée jusqu’en 2011 par une junte militaire, elle était considérée comme une des pires dictatures de la Terre. Depuis 2011, le pouvoir est assumé par le civil, même si le pouvoir de l’armée reste encore très important. Mais grâce à ce relâchement de l’armée, l’embargo des Etats-Unis et de l’Union Européenne a été levé depuis septembre 2012.

Aung San Suu Kyi, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1991 est birmane. Sa popularité et son statut d’opposante au régime l’a mise durant de nombreuse année en assignation à résidence forcée, la rendant incapable de sortir de chez elle et de se rendre éligible aux élections.

C’est donc toujours le même principe : Guy Delisle nous parle de son quotidien dans un pays étranger. Comme dans les Chroniques de Jérusalem, il s’occupe de garder son enfant (à cet époque, il n’en a qu’un seul) et il peut à loisir découvrir ce pays.

Cette BD sort en 2007, donc la junte militaire était encore au pouvoir et avec elle, la censure, les contraintes, les maladies et les interdictions ainsi qu’une grande pauvreté…

Ici, le ton est tout de même plus amer, plus désabusé que dans ces autres bande-dessinées je trouve…MSF a d’ailleurs laissé tomber ses actions dans ce pays, vu la prédilection du gouvernement à tout faire pour ne pas leur faciliter la tâche. Quand on envoie des médecins là-bas et qu’ils ne peuvent travailler que 3 jours sur 7 à cause de tous les visas et papiers qu’il faut sans cesse renouveler et qu’en plus, on ne les laisse pas s’approcher des zones du pays qui ont réellement besoin d’eux, c’est tout de même du gâchis. On comprend le sentiment d’impuissance et d’agacement que les membres du MSF peuvent éprouver.

Malgré l’aspect assez amer, je trouve cette bande-dessinée beaucoup plus drôle que les deux autres BD que j’ai lu de cet auteur. Il fait des pages entières de gags, avec son fils, la façon dont la pluie change sa manière de dessinée, sur la fête de l’eau…J’ai l’impression qu’il y a eu moins de petites parenthèse comme ça dans ses témoignages d’autres villes.

J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur ce pays (que je ne connaissais que de nom) de voir les coutumes, les lois, les moines, les fêtes, les problèmes et le comportement des habitants. Il était étrange par exemple de noter que chaque personne âgée qu’il rencontrait lui demandait pardon pour la situation du pays !

J’ai beaucoup aimé aussi le suivre dans le monastère, faire sa retraite de trois jours. Trois jours sans réellement parler, méditer, réfléchir…cela me parait énorme. Lui aussi, cela lui a paru insurmontable au début. Mais dès qu’il s’est dit qu’il allait partir après le diner dès le premier jour, il s’est enfin senti libre de profiter du moment et finalement, il est resté les trois jours.

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Une autre belle bande-dessinée à découvrir, sans restriction. Mais je préfère quand même Les Chroniques de Jérusalem.

  • Extrait