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Titre : Kivousavé
Auteur : Béatrice Hammer
Date : 2008
Nombre de pages : 246

  • L’intrigue

La narratrice est un petite fille vivant avec sa grand-mère cruelle et méchante à son égard, ainsi qu’avec son père faible qui ne l’aide pas.

Apprenant un jour que sa mère, qu’à la maison, on nomme « kivousavé » n’est pas morte, mais qu’elle a quitté le foyer quand elle n’était encore qu’un bébé, la narratrice est bien décidée à découvrir la vérité et à retrouver sa mère.

  • Ce que j’en ai pensé

Et voici un autre roman jeunesse conseillée par une collègue.

C’est donc l’histoire d’une petite fille qui grandit. Seulement, elle le fait dans un environnement triste et mauvais. Sa grand-mère la maltraite psychologiquement et son père trop faible, ne la défend pas. C’est n’est donc pas le meilleur endroit pour grandir et devenir un adulte responsable!

Elle tente donc de se construire, seule, du mieux qu’elle peut et elle attend avec impatience ses 18 ans : moment où elle pourra partir (même si elle ne se rend pas tout à fait compte que le problème principal n’est pas réellement son âge, mais le pratique : pas de maison, pas d’argent, elle n’a pas les moyens de quitter sa maison).

Et en attendant, elle écrit de longues lettres à sa mère, lettres qu’elle ne peut pas envoyer, mais auxquelles elle confie tout. Ces lettres à sa mère, c’est donc son journal intime. C’est ce qui permet aux lecteurs de suivre sa vie.

Dans son malheur, elle a tout de même de la chance : elle va rencontrer des personnes prêtes à l’aider, à la sortir de là et à la faire évoluer. Ainsi, petit à petit, elle arrive à sortir la tête de l’eau et à se rendre compte que son foyer ne représente pas la normalité.

Elle a également un grand atout : elle est intelligente.
Elle est très douée en cours et surtout en mathématique, elle sait réfléchir et est beaucoup plus mûre qu’elle ne devrait l’être à son âge : sans cela, elle n’aurait pas pu s’en sortir.

C’est peut-être par instinct de survie qu’elle devient aussi intelligente et débrouillarde. Si elle avait vécue dans une famille gentille et bonne, elle n’aurait pas développer à ce point là ces capacités.

Et tout ce récit est construit autour de l’image de sa mère. Mère qu’elle croit d’abord morte, puis qu’elle adule et quand vient la crise d’adolescence, elle se révolte contre elle pour finir par revenir vers elle à la sortie de sa crise.

Bref, une vraie relation mère/fille, même si elle n’est que dans un sens.

C’est donc un joli roman, qui donne envie de s’en sortir, de construire sa vie!

Par contre, plusieurs choses ont été assez dérangeantes.

Le père qui a des nuances pédophiles (est-ce vraiment nécessaire? L’atmosphère de la maison était déjà bien glauque sans rajouter ceci),ainsi que le professeur de mathématique qui lui dit (quand elle lui avoue certains attouchements et pressions) de ne pas le prendre de manière trop dure et que cela doit être difficile pour son père….est-ce moi ou il chercher à donner des excuses à un comportement pédophile?

Certains traits du caractère de cette jeune fille sont également particulier. Elle n’a pas eu de chance dans la vie certes. Elle veut son indépendance, qu’on l’écoute et qu’on la prenne en compte. Mais je la trouve très critique vis-à-vis des autres. Qu’elle critique sa meilleure amie, ou son petit ami parce qu’à 17 ans, ils préfèrent rester chez leurs parents bien tranquilles et au chaud avec une cuisine, une chambre et une machine à laver plutôt que de se retrouver dans un 15 mètre carré sans l’eau chaude, ni cuisine ni espace mais libre, je suis plutôt triste pour elle. Oui, c’est bien de vouloir devenir indépendante, mais à ce point là, c’est plutôt triste.

[Attention, je dévoile la fin]

La fin m’a un peu laissé sur ma faim. Pourtant, je suis contente que cela finisse ainsi. On sait que la mère est là, qu’elle existe, qu’elle est à portée de main, que la narratrice va la contacter.

On sait aussi que la mère n’a pas abandonné son enfant, qu’elle la croyait morte. J’aurais voulu voir la rencontre et en même temps, je suis contente de ne pas la voir.

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Un roman sympathique pour les jeunes adolescentes (parce que je ne vois pas ce livre plaire à un garçon…) qui donne des envies d’indépendances!

  • Extrait

J’ai compté. Il me reste 1752 jours avant d’être majeure. Pas un de moins, pas un de plus. D’ici là, il faut supporter. C’est pas marrant pour moi, mais ça ne l’est pas non plus pour eux. C’est même encore moins gai. Moi, j’ai la vie devant moi, j’ai pas tout raté. Enfin, pas encore tout.

Moi et la littérature jeunesse

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