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Titre : Je m’appelle Asher Lev (vo : My name is Asher Lev)
Auteur : Chaïm Potok
Date : 1972
Nombre de pages : 400

  • L’intrigue

Asher Lev a un don : il dessine comme il respire. Il a tout pour devenir un grand artiste.

Mais Asher est un hassid de Brooklyn. Sa religion, sa culture, ses traditions n’admettent pas qu’on puisse perdre son temps à dessiner et vouer sa vie à l’art. Tiraillé par ses envies et ses devoirs, il tente de grandir et de se faire une place dans le monde.

  • Ce que j’en ai pensé

Cet auteur et ce roman m’ont été conseillé par une collègue. Et je ne peux que vivement la remercier!

Je ne sais même pas comment écrire à quel point j’ai adoré ma lecture! Ce fut une découverte magnifique et un grand coup de cœur! Pour moi, ce roman est un chef d’oeuvre et j’ai hâte de découvrir les autres livres de Chaïm Potok.

Ce roman nous parle de religion, de foi, ainsi que du poids des traditions dans un milieu fermé et conservateur. Et en face, il y a l’art, le génie artistique et la liberté qu’il faut posséder pour s’y plonger.

Asher Lev est hassid.

Pour rappel, l’hassidisme est un mouvement de renouveau religieux chez les juifs orthodoxes fondé au XVIIe siècle en Europe de L’Est. C’est une branche très conservatrice des juifs orthodoxes, très croyante et peu encline au progrès aussi bien idéologique que matériel.

Le père d’Asher Lev est un fervent serviteur du Rebbe (leur chef spirituel ) et ne comprend pas que son fils puisse perdre son temps avec l’art : Au mieux, c’est de la frivolité, au pire c’est un blasphème.

Donc, on a cet enfant qui n’arrive pas à choisir entre ses deux mondes, celui de ses rêves, et celui de ses parents. Son choix serait plus simple s’il n’avait pas la foi. Hors, il est très croyant et religieux. Il respecte le sabbat et les fêtes religieuses, il prie aussi souvent que ses parents…

Est-il possible de concilier les deux? Peut-on à la fois appartenir à une religion conservatrice et à la religion de l’art?

On le voit donc grandir, découvrir son don au dessin, hésiter, s’y mettre pour de bon, apprendre à connaitre tout un nouveau monde…sans arriver à quitter celui où il est né. Et pourtant, il le sait qu’il va devoir faire un choix.

[Attention, je dévoile la fin]

J’ai beaucoup beaucoup aimé son trouble et son dilemme à la fin.

Quand, une fois adulte et lancé dans sa carrière, il veut représenter  une émotion, l’émotion de sa mère, déchirée entre l’affection de son époux ultra-religieux et celle de son fils artiste, meurtrie, oubliée, malheureuse, mais douce et …mais il ne trouve pas d’image dans son monde et sa religion  pour montrer cela.
La seule imagine, qu’il trouve, pour dessiner sa mère crucifiée sur l’autel des ambitions et des envies des autres est bien évidemment…une crucifixion.

Il doit aller chercher dans une autre religion une image pour décrire ce que sa mère ressent. Hors c’est pire qu’un blasphème, pire qu’une insanité. Cela va briser  sa vie, mais il est incapable de ne pas le dessiner et de ne pas l’exposer. Il s’est d’ailleurs posé la question de détruire cette toile, une fois peinte et terminée. Mais être peintre et artiste, c’est aussi montrer et assumer ses œuvres et ses messages.

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Je recommande donc ce magnifique roman. J’ai été stupéfaite, saisie, entraînée…Je n’ai qu’une seule envie, s’est de me l’acheter et de le relire! Un véritable coup de cœur!

  • Extrait

Deviens un grand artiste ; c’est la seule façon de justifier tout le mal que tu fais autour de toi.

11/26

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