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Titre : Les larmes de l’Assassin 
Auteur : Anne-Laure Bondoux
Date : 2003
Nombre de pages : 227

Les-larmes-de-l-assassin

  • L’intrigue

Paolo est un enfant délaissé par ses parents épuisés, qui vivent dans un coin perdu et désertique de la Patagonie.
Un jour arrive Angel Allegria, un assassin. Fatigué d’être toujours en fuite, il trouve que la ferme est parfaite pour se cache et décide donc d’éliminer les occupants. Alors qu’il tue les deux parents,  il se retrouve incapable de tuer l’enfant. Il décide donc de le laisser vivre avec lui.

  • Ce que j’en ai pensé

Je continue donc dans la littérature jeunesse avec un roman conseillé par une autre de mes collègues. J’ai été très étonnée de la violence et de la tristesse qui ressortent de ce roman (et pourtant ma collègue m’avait prévenu et avait choisi ce livre d’ailleurs pour cela : afin de me démontrer que tout n’est pas beau et joyeux dans la littérature jeunesse!)

C’est donc plutôt un roman pour jeune adolescent qu’un livre pour les 8-10 ans.

Ce roman parle de la beauté des liens qui peuvent se créer entre les hommes. Un enfant et un homme, qui pourtant n’avait rien en commun et que tout séparait vont s’attacher l’un à l’autre. L’homme va aider l’enfant à grandir et à aimer. L’enfant va aider l’homme à changer et à devenir meilleur. C’est donc une découverte de soi, une sorte d’initiation au genre humain et à l’amour.

Angel a pourtant tué ses parents. Mais c’est en l’épargnant – et en fait en le considérant pour la première fois comme une personne (alors qu’il n’avait jamais eu l’attention de ses parents) – que Paolo va réellement naître et commencer à vivre et à ressentir.

Cette résurrection sera renforcée par l’arrivée de Luis (un autre homme à la recherche de lui-même), qui lui apprendra à lire et enfin par la grande ville, qui le mettra en contact avec le reste du monde.

Ils rencontreront d’autres personnages, qui parfois, les suivront le temps de quelques chapitres, mais on finit toujours par se recentrer sur Angel et Paolo.

Il montre aussi que les hommes souvent ne sont ni blancs ni noirs, mais plutôt gris : Un assassin peut aimer un enfant et tout faire pour le rendre heureux, y compris le quitter. Un jeune homme tout à fait gentil et charmant peut être un égoïste et un traître et dénoncer.

La vie n’est pas simple. Elle est souvent moche et difficile. Je ne sais pas si les enfants ont vraiment besoin de savoir cela tout de suite, mais c’est une bonne façon de leur expliquer les nuances de l’être humain.

[Attention, je dévoile la fin]

La fin est triste et mélancolique. Bien évidemment, Angel se fait rattraper par son passé (passé qui ne pouvait être mis de côté que lorsqu’ils étaient seuls, loin du monde) et va être jugé, puis condamné. Paolo, va grandir, cachant ses sentiments pour Angel que personne ne comprend et va finir par retourner à la ferme où il est né, le point de départ.

Il finira par garder Angel comme un secret, qu’il ne partagera avec personne, même pas avec la femme qu’il aime. Mais il lui rendra hommage, en nommant son enfant comme lui. Angel ne sera donc pas oublié. J’ai bien aimé cela.

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Je n’ai pas passionnément aimé ce roman, et même si ce fût une lecture agréable, je ne crois pas qu’il restera longtemps dans mon esprit. C’est pourtant un beau roman, avec un beau message.

  • Extrait

L’existence, c’était ça : la naissance incertaine de l’aube, le souffle d’un enfant endormi, et un homme aux grosses mains d’assassin, assis dans le noir, en train de souffrir.

Moi et la littérature jeunesse

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