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Titre : Maus
Auteur : Art Spiegelman
Date : 1986
Nombre de pages : 295

couverture maus

  • L’intrigue

Art Spiegelman, dessinateur de bande-dessinée, demande à son père de raconter comment il a réussi à survivre au camps de la mort durant la deuxième guerre mondiale. Il met ce récit en dessin.

  • Ce que j’en ai pensé

Cette BD est un grand classique dans le monde des bande-dessinées et je suis ravie de l’avoir lu. C’est la BD Les ignorants qui m’a donné envie de la découvrir.

Composée de deux tomes, « Mon père saigne l’histoire » et « Et c’est là que mes ennuis ont commencé », (mais depuis, on peut le trouver en un seul tome intégral), ce sont deux récits que le lecteur suit en parallèle :

  • L’histoire de son père lors de la seconde guerre mondiale
  • leur relation père/fils.

Si la relation difficile entre l’écrivain et son père m’a moins intéressé, j’ai suivi passionnément celle de la jeunesse du père, incapable de m’arrêter. J’ai dû terminé cette BD après 1H du matin, stupéfaite et époustouflée!

J’ai beaucoup aimé la façon de dessiner de cet auteur, surtout sa décision de faire de ses personnages des animaux.
Est-ce parce que des dessins d’êtres humains auraient été trop abominables et inacceptables à regarder? Est-ce pour se simplifier la tâche?

Toujours est-il que les personnages sont représentés par des animaux :
Les juifs sont des souris (petites et faibles et prises au piège), les nazis bien évidemment des chats et les polonais, des cochons (cela en dit long sur ce qu’il pense du comportement polonais durant cette période!). On voit aussi des français, qui sont fidèlement représentés en grenouille.

Ce récit comment un peu avant la deuxième guerre mondiale, avec la rencontre des deux parents et se termine un peu après la libération…avec les retrouvailles des deux parents!

C’est le père qu’on suit en priorité, et c’est donc lui qu’on voit essayer de ruser, de se cacher et de survivre. Il est heureusement arrivé assez tard à Auschwitz et était en excellente santé, intelligent et débrouillard (même si la chance et le hasard jouent toujours un rôle immense) …sinon, il n’aurait jamais survécu.

Cette BD est éprouvante, elle est passionnante, elle est révoltante, elle est magnifique. On voit tout : le début, le ghetto, les premières déportations, les camps, les souffrances, les assassinats, les fours, les tortures…Parfois, c’était  insoutenable et j’ai eu du mal à ne pas sauter certains passages. Le plus dur pour moi n’était finalement pas le gaz, mais de voir comment peu à peu on déshumanisait les humains, jusqu’à éliminer toute trace de solidarité entre les déportés.

D’ailleurs, bien plus tard, alors qu’il est sauvé, il dit à son fils qui pleure parce que ses amis lui ont fait faux bonds : Des amis ? Tes amis ? Enfermez-vous tous une semaine dans une seule pièce sans rien manger… Alors tu verras ce que c’est, les amis…

Et pourtant Spiegelman trace un portrait sans concession de son père. ce n’est pas parce qu’il a vécu littéralement un enfer que c’est une excellente personne, plein de bon sentiment. Ce n’est pas particulièrement un héros.

Cette partie là, comme je l’ai déjà écrit, m’a moins intéressée. Je m’en moquais un peu de savoir que son père, devenu vieux, était une personne assez imbuvable, toujours à se plaindre, à envenimer les choses et passablement raciste. Comme quoi, on ne change pas l’homme…

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Une bande-dessinée qu’il faut avoir lu, au moins une fois dans sa vie, parce que c’est important. Il ne faut pas oublier.

Et en plus, elle est excellente!

  • Extrait

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