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Titre : Au bonheur des Dames
Auteur : Émile Zola
Date : 1883
Nombre de pages :504

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  • L’intrigue

Denise, une jeune femme arrive à Paris avec ses deux frères pour trouver du travail. Alors que son oncle est incapable de lui en trouver un, elle arrive à trouver un poste dans un grand magasin qui commence à faire fortune . Alors qu’elle a du mal à se faire une place dans son nouveau travail, elle assiste à la guerre qui fait rage entre les petits commerçants et monsieur Mouret, le propriétaire de l’immense magasin : le bonheur des Dames.

  • Ce que j’en ai pensé

Cela faisait un long moment que j’avais envie de lire ce livre. Je pense que cela se compte en années! Des romans de Zola, j’en ai lu très peu finalement. J’ai lu les grands classiques : L’assommoir, Germinal (dont je garde un souvenir incroyable) La bête humaine et Le rêve (seul Zola que je n’ai pas du tout aimé…).

Donc celui-ci me tentait beaucoup et dans mon envie de me plonger dans une fiction sûre de me plaire, je l’ai commencé. Et je ne l’ai pas regretté.

J’ai été surprise de voir à quel point les thèmes de ce roman sont actuels : la dépense, l’inutilité, la frivolité, l’apparence…Notre société de consommation les exploite à fond:
Voir ces centaines de femmes se presser, se bousculer presque dans les magasins pour acheter, acheter et encore acheter alors qu’elles n’en ont vraiment pas besoin, que c’est juste pour posséder…on dirait le début des soldes chez H&M! Et encore, c’est nettement moins violent que maintenant, où les gens n’ont même plus une certaine retenue qui allait avec le rang des bourgeoises du début des Grands Magasins!

C’est drôle de voir comment Emile Zola nous avait cerné nous les femmes dès cette époque-là. Ces magasins-là, comme Lafayette, Printemps…puis toutes les autres marques, s’adressent tout de même avant toute chose pour les femmes. Et elles nous incitent avec des promotions, des cartes de fidélités des publicités à acheter même quand on en a pas besoin.

Il était très intéressant de voir l’évolution de la société et des magasins : la fin des petits commerces face à la capitalisation et aux prix cassés pour fidéliser les foules.
Maintenant, on les connait ses immenses magasins, qui font des immeubles entier et où on trouve de tout. Mais avant, cela devait être très impressionnant de les voir se construire peu à peu et toucher à tout avec leurs multiples rayons.
J’ai eu l’impression d’une petite ville dans ce magasin, où à la fin, on trouvait tout : les chambres, cuisines bibliothèques, salons…les employés n’avaient plus réellement besoin de sortir du magasin pour vivre, sauf pour l’air frais.

Quand à l’histoire elle-même…elle est assez simple et plaisante à suivre. Par contre, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Denise est une jeune fille un peu fade je trouve, surtout au début. Elle est bonne, gentille, naïve et honnête, bref, tout ce qu’il faut pour un personnage qui va bien se faire avoir et exploiter!
J’aurais préféré la voir avec un peu plus de caractère, un peu plus de décisions prise…même s’il était intéressant de voir qu’elle refusait de se donner à Mouret par orgueil. Et qu’elle était prête à dire non au mariage par orgueil aussi!

Leur petite histoire d’amour était mignonne…mais vraiment la construction du Bonheur des Dames était plus intéressant à suivre.

[Attention, je dévoile la fin]

Par contre, c’est quoi cette fin? J’ai été stupéfaite. Abasourdie. Et franchement déçue.

Pour une fois qu’un roman d’Emile Zola termine bien (car oui, cela termine en happy-end total, mariage, victoire de l’amour et tout ce qu’il faut pour qu’on soit content à la fin…) pourquoi est-ce que j’ai une telle impression de bâclée? Cette fin, elle est réglée en deux pages top chrono. Cela faisait très nunuche et rapide, comme s’il en avait assez, qu’il avait fait passer son message sur la société et la consommation et qu’il se souvenait qu’il avait une histoire d’amour à conclure.

C’est dommage, très dommage. Cela m’a un peu gâché le plaisir que j’ai eu en lisant ce classique.

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Un beau classique, très intéressant que je suis ravie d’avoir découvert, malgré la déception de la fin. Je le recommande tout de même!

  • Extrait

Oui, c’était la part du sang, toute révolution voulait des martyrs, on ne marchait en avant que sur des morts. 

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