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Titre : De beaux lendemains ( vo : The sweet hereafter)
Auteur : Russell Banks
Date : 1991
Nombre de pages : 253

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  • L’intrigue

Un matin, au nord de l’Etat de New-York, un bus scolaire dévie de sa trajectoire pour tomber dans un lac. Beaucoup d’enfants meurent.
La ville doit essayer de survivre à cet incident et de continuer à vivre.

Ce que j’en ai pensé

J’ai entendu parler de cet auteur à mon club de lecture avec le roman « american darling ». Mais en lisant la quatrième de couverture, celui-ci m’a plus tenté.

J’ai beaucoup aimé ce roman, malgré une intrigue assez dure et triste. Je suis ravie d’avoir découvert cet auteur par ce roman, cela me donne envie d’en lire plus.

Ce roman est constitué de 4 témoignages : Il y a Dolorès (la conductrice du bus), Bill Angel (un des pères qui suivait ce matin-là le bus avec sa voiture), Stephen (un avocat décidé à trouver un responsable à cet accident) et Nicole (une des survivante de l’accident, devenue paralysée).

La grande question qui se pose dans ce roman est celle qu’on se pose dès qu’on parle d’accident : est-ce que c’en est un? Juste un accident? Le hasard? Ou y a-t-il d’une manière ou d’une autre toujours un responsable? Doit-on toujours trouver quelqu’un qui doit payer pour ce qui s’est passé?

D’après l’avocat, qui se spécialise dans de tels cas, les accidents, cela n’existe pas. C’est toujours de la faute de quelqu’un, qui d’une manière ou d’une autre n’a pas bien fait son travail. Cela peut aller d’une personne à plusieurs, voir même cela peut être une entité (comme l’Etat ou la commune).

Lors de cet accident on peut se demander : est-ce de la faute de Dolorès, la conductrice qui depuis plus d’une décennie?   Est-ce la faute de l’Etat qui n’a pas assez sécurisé la route? Ou de la commune qui n’a pas asséché la sablière remplie d’eau où les enfants se sont noyés?
Ou est-ce qu’il faut accepter que parfois, il y a des accidents, que personne n’y est pour rien et qu’il faut vivre sans coupable?

J’aurais tendance à dire que les accidents cela existe…mais je ne sais pas comment je réagirais dans un tel cas et j’espère bien ne jamais avoir à le savoir.

Tous les témoignages sont très intéressants, particulièrement celui de Dolorès, qui raconte l’accident et celui de Nicole, qui parle de sa vie après celui-ci.

C’est un livre assez terrible tout de même. C’est un joli et charmant petit village, qui vit, paisiblement, à l’abri de tout (sauf du climat) et qui se retrouve à gérer quelque chose qui l’a dépasse.

Dolorès, qui est une femme absolument excellente, a toujours cru qu’il fallait suivre ce qui lui semblait le plus juste, pour, quoi qu’il arrive se retrouver du côté de « l’ange ». Du bon côté. Ce qui lui est arrivée est abominable, puisqu’elle porte la responsabilité de cet accidente. Pourtant, elle essaye tant bien que mal de dépasser cela, de se retrouver des activités, de continuer à vivre, tout en laissant le temps au villageois de s’en remettre.

Alors que Bill Angel, lui semble se laisser définitivement sombrer. Il ne veut plus, ne peut plus. Il se laisse vaguement vivre, lui qui buvait déjà, boit encore plus.

Mais la plus intéressante reste Nicole. Nicole, paralysée décide de retourner la situation et de changer de vie. Elle ne sera jamais la magnifique cheerleader aux études réussies. Elle ne se laissera plus manipuler, jamais. Maintenant que son physique est partie (pas réellement, mais en fauteuil roulant, c’est déjà plus compliqué), elle utilise son cerveau. Et on voit apparaître un personnage beaucoup intéressant et sympathique au fil des pages.

[Attention, je dévoile la fin]

Je ne sais pas trop quoi penser de cette fin.

Qu’est ce qui valait mieux la peine?Comme cette fin l’indique, pas de procès avec Dolores comme coupable, que personne ne veut attaquer mais que tout le monde décide d’ignorer? Ou bien des années et des années de de procès à la recherche d’un responsable quelconque?

C’est toujours la même façon de faire : pour le bien-être des autres, on sacrifie une personnage. La communauté n’aurait pas réussi à se refermer, à se reconstruire avec des dizaines de procès dans tous les sens. On peut dire d’un certain point de vue que Nicole, en déclarant que Dolores roulait beaucoup trop vite a sauvé la ville, au détriment de la conductrice. A présent, la ville a quelqu’un qu’elle peut accuser et repousser (car si personne ne veut faire de procès à Dolores qui a énormément souffert aussi, personne ne veut plus lui parler non plus).

C’est Dolores qui termine ce roman. Elle ne peut plus faire partie du village, elle a été repoussée. Le temps n’y fera rien. Elle ferait mieux de partir, essayer de refaire sa vie ailleurs.

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Un roman qui m’a beaucoup plu, que je conseille, tout en indiquant que le thème n’est vraiment pas joyeux. Mais je suis ravie de l’avoir découvert et dès que j’aurais le temps, je lirais d’autres romans de Russell Banks.

  • Extrait

Un village a besoin de ses enfants, tout autant et de la même façon qu’une famille. Sans eux, elle dépérit, la communauté se disperse en individus isolés, éparpillés au gré du vent.

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