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Titre : Arlington Park
Auteur : Rachel Cusk
Date : 2006
Nombre de pages : 264

9782757810064

  • L’intrigue

Arlington Park est une petite ville pavillonnaire cossue. Juliet, Solly, Maisie et Christine sont des femmes qui y vivent. Certaines travaillent, d’autres sont femmes au foyer. Toutes ont des enfants. Toutes réprouvent la vie qu’elles mènent.

C’est durant une journée comme une autre que le lecteur va suivre ses femmes dans leur quotidien.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai vu ce roman plusieurs fois sur des blogs et cela m’a donné envie de le lire. C’est tout à fait le genre de livre qui pourrait me plaire.

Tout d’abord, il faut savoir que ce roman est lent. Très très lent. Il ne se passe pas grand chose, voir rien du tout. Donc si vous aimez les récits plein de rebondissements passez votre chemin : ce roman n’est pas pour vous!

Par chance, moi, j’aime beaucoup les romans ou il ne se passe rien du tout et ou on voit juste la vie quotidienne des gens.

ici c’est un quotidien lourd et ennuyeux et déprimant que l’auteure (que je ne connaissais pas) nous décrit. Il s’agit de la vie de femmes au foyer (ou qui travaillent peu) mère de famille.

Ici, l’auteure ne va nous montrer le quotidien à travers une seule journée de ses femmes. Cela m’a un peu fait penser à Mrs Dalloway, dont l’intrigue aussi se déroule sur une seule journée.

Je ne sais pas pourquoi l’auteure a une vision aussi négative que cela du mariage, de la vie quotidienne des femmes, mais il faut s’accrocher. J’ai vraiment eu l’impression de me retrouver devant ce qui se passe d’affreux après « et ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Alors en effet, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais le heureux??

Toutes ses femmes qui devraient être heureuses et qui se retrouvent à vivre au jour le jour, sans bonheur, sans plaisir. Elles se réveillent un beau matin et se rendent compte qu’elles ne sont plus elles-mêmes et qu’elles n’arrivent plus à se reconnaitre dans la glace. Elles se retrouvent être esclaves de leurs vies avec pour maitres leur maris, maisons, obligation et surtout enfants. Elles n’ont plus l’air capables d’aimer ni mari,  ni enfants, qui ne sont au mieux, juste des éléments perturbateurs dans l’ordre qu’elles essayent de créer au pire juste des assassins qui petit à petit les étouffent et les vident.

Tout cela pour dire qu’elle ne donne pas tellement envie de commencer à fonder une famille, encore moins de se marier!

Le roman commence par une longue introduction, qui présente la ville sous la pluie. Cela met tout de suite dans l’ambiance! La pluie, le gris, le moche…toute l’atmosphère du roman dans les cinquante premières pages!

J’ai beaucoup aimé le chapitre au milieu sur le parc. c’est comme une sorte d’intermède entre les deux parties du roman (la première où on présente les personnages, la deuxième où elles passent une soirée ensemble). Encore une fois, il y a une ambiance particulière…j’ai surtout trouvé qu’elle décrivait très bien cette partie de la journée avec les différentes personnes qui se promènent. J’ai trouvé cela très réaliste.

Mes personnages préférés étaient Juliet, dont j’ai bien aimé le raisonnement sur l’assassinat (son mari et sa famille la tue petit à petit à force de la forcer à s’occuper de tout, elle n’arrive plus à se reconnaitre), ainsi que Solly, que j’ai trouvé attendrissante.

Je trouve d’ailleurs que Rachel Cusk écrit très bien, c’est fluide, parfois même beau. Dommage que le thème soit si lourd. Mais autant le dire, je n’ai pas été perturbée. je suis restée en dehors. J’ai surtout trouvé que ces femmes n’avaient pas de chance et je me suis demandée d’où venait à Rachel Cusk une telle vision pessimiste. Moi, en tout cas, je n’y crois pas. Bien évidemment, il y a des compromis à faire, des chose qu’on abandonne, mais un tel gouffre noir, non.

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Un livre donc assez étrange…j’ai encore du mal à savoir si j’ai aimé oui ou non. Je l’ai apprécié, sans aucun doute, même si je n’ai pas adhéré aux thèmes et aux messages donnés. Si vous n’aimez pas les récits où ils ne se passent absolument rien, si vous n’aimez pas les histoires amères…passez votre chemin. Sinon, essayez, cela pourrait vous plaire.

  • Extrait

– Je veux dire quel gâchis! Quel gâchis, de ne pas profiter d’une belle vie.

critiquesABC2013

16 / 26

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