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Durant les derniers jours du mois de juin, j’ai découvert et avalé deux œuvres d’un nouvel auteur : Max Aub.

Je ne connaissais pas du tout cet écrivain, qui a pourtant eu une vie absolument passionnante et mouvementée. Je l’ai découvert grâce à un collègue (que je remercie) qui m’a mis deux de ses livres entre les mains.

aubMax Aub est donc un auteur espagnol, né le 2 juin 1903 à Paris et mort le 22 juillet 1972 à Mexico. Il a été auteur dramatique, romancier, essayiste et critique littéraire.

Né de parents franco-allemands, il a émigré avec sa famille en Espagne au début de la Première Guerre mondiale. C’est à ce moment là qu’il a appris l’espagnol, qui sera la langue utilisée dans ses écrits. Il a rencontré énormément de personnalités (il est celui qui a commandé Guernica à Pablo Picasso, il a travaillé avec André Malraux sur le roman « Espoir »…)
Mais il  a été dénoncé en France durant l’occupation comme communiste et a été déporté. Une fois libre, il est parti au Mexique et y est resté, jusqu’à la fin de sa vie, tout en continuant à écrire.

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Voilà donc pour la biographie de cet homme assez méconnu en France. J’ai donc lu deux de ses œuvres :

Titre : La véritable histoire de la mort de Francisco Franco
Date : 1960
Nombre de pages : 74

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Ce petit roman (ou plutôt cette nouvelle?) est le premier ouvrage que j’ai lu de Max Aub. Mon collègue m’a conseillé de commencer avec celui-ci.

C’est très burlesque en fait. Il s’agit d’un pauvre serveur Au Mexique qui décide de partir en Espagne tuer Franco, non par convictions politiques, mais pour calmer son ulcère et faire en sorte que les réfugiés politiques puissent rentrer chez eux et arrêter d’hurler dans son café.

Déjà, rien qu’avec le résumé, le ton est donné. C’est dans l’humour assez noir. Il n’y a aucun suspense. On est au courant de tout, dès le début.

Alors que ces contemporains ont vu dans cette nouvelle un encouragement au meurtre (ce qui est ridicule quand on y réfléchit une petite seconde), Max Aub tentait de démontrer qu’un passage à l’acte semblait impossible pour les espagnols. Ils étaient trop enfoncés dans le passé pour tenter de faire de paroles des actes. Ils resteraient des expatriés quoi qu’il arrive.

D’ailleurs, le meurtre est raconté en quelques pages à peine, comme si ce n’était pas l’essentiel. Le serveur, lui, n’est pas inquiet du tout. Après, il décide même de voyager un peu à travers l’Europe pour apprendre à la connaitre et pour laisser le temps aux espagnols de rentrer.

Si on rit, c’est jaune ou noir. Et si cette nouvelle ne m’a pas plu plus que cela, elle a eu au moins le mérite de m’intriguer (le style est très agréable) et de me donner envie de continuer à découvrir cet auteur.

  • Extrait :

En deux mois, il sut autant de choses sur la guerre d’Espagne que le mieux informé.

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Titre : Crimes exemplaires
Date : 1957
Nombre de pages : 122

crimes exemplaires (1)

Ce recueil est pour le moins…étrange. Décidée à ne pas m’arrêter en aussi bon chemin après » La véritable histoire de la mort de Francisco Franco », j’ai aussitôt emprunté ce livre, qui était également en coup de cœur à ma bibliothèque.

Encore une fois, cela se lit vite et bien. C’est un recueil très court, composé d’anecdotes plus ou moins longues de raisons de…tuer (les histoires sont apparemment réelles…j’espère qu’il en a tout de même invité quelques-unes!).

Et oui…tout le monde est anonyme dans ce recueil, aussi bien les meurtriers que les victimes. Les meurtriers donnent en quelques mots les raisons pourquoi ils ont assassiné leurs victimes.
La mort devient une sorte de passe-temps, puisqu’on passe en revue les différentes manières de tuer et les différents motifs. Très souvent, c’est juste la petite goutte qui déborde du vase. Parfois, c’est presque de manière inconsciente, par curiosité.

Après la lecture de ses 130 petites histoires à l’humour très noir, on se dit qu’on devrait faire moins facilement confiance à l’homme, vu comment il perd ses moyens si facilement.

C’est raconté de façon tellement banale, tellement tranquillement, que cela en est drôle et effrayant à la fois. J’ai passé un bon moment avec ce petit recueil, mais j’ai été bien contente de le voir terminé tout de même.

C’est bon pour le moment, ma curiosité avec Max Aub est satisfaite. Si je ne suis pas enchantée, je suis contente de connaitre cet auteur.

  • Extrait :

– plutôt mourir! me dit-elle. Et dire que ce que je voulais par dessus tout c’était lui faire plaisir!

 

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