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Titre : Au rebond
Auteur : Jean-Philippe Blondel
Date : 2009
Nombre de pages  : 99

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  • L’intrigue

Alex vit avec sa mère dans un minuscule appartement d’HLM. Christian, son meilleur ami avec qui il joue du basket, vit dans une belle et grande maison avec ses parents. Ils ne vont jamais l’un chez l’autre et se contentent de l’école pour passer du temps ensemble.

Le jour où Christian ne vient plus à l’école et ne répond pas au téléphone, Alex est désemparé. Quelque chose est-il arrivé à son ami?

  • Ce que j’en ai pensé

Et un Roman de Blondel de plus de lu! Je crois bien que je vais lire chacun de ses livres, un à un, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Et à ce moment là, je pense que je serais très triste.

Celui-ci m’a moins plu que son dernier 06H41, qui avait été un véritable coup de cœur. Mais cela tient peut-être du fait que ce roman s’adresse avant tout aux adolescents.

Ce roman, c’est la découverte de la solidarité et de l’amitié par des adolescents.

Ce sont deux garçons, qui, par un concours de circonstance vont passer de l’état de camarade/ potes à amis. Eux qui ne se connaissaient que par le sport, vont apprendre petit à petit à se connaitre, à se poser les questions essentiels et à pouvoir véritablement compter l’un sur l’autre.

Il est particulièrement difficile pour un garçon d’admettre qu’il a besoin d’aide et qu’il a un ami. Pas juste un pote, avec un haussement d’épaules. Il est difficile de toucher à des thèmes privés avec eux, tellement ils sont paniqués à l’idée de ne pas avoir l’air cool et d’être ridicule. Or, parler de choses intimes, oser dire que cela ne va pas, enfin, parler de sentiments, ce n’est pas cool du tout.

Blondel a -je trouve- super bien réussi à faire passer cette relation d’un intérêt pour le sport à quelque chose de beaucoup plus fort et qui restera toujours. les véritables amis du lycée, on les regardera toujours d’une manière plus intime et sentimentale que les autres, même si on s’est perdu de vue.

Mais il ne s’agit pas seulement de la solidarité entre deux amis, mais aussi de la solidarité entre enfants et parents. Alex se rend compte qu’il faut dépasser le stade « adolescent-tout-ce-que-ma-mère-fait-est-nul » pour enfin apprendre à véritablement connaitre sa mère. En fait, Alex grandit. Ce roman c’est aussi l’arrivée, petit à petit des adolescents dans le monde des adultes. Jean-Philippe Blondel aime bien ce thème là!

C’est une belle leçon de solidarité ce petit roman.

Blondel est par contre toujours aussi amer et négatif face au couple. Entre le père d’Alex qui a quitté sa femme alors qu’il était un bébé, ou le père de Christian qui trompe sa femme dépressive avec une jeune secrétaire, lui « informant » gentillement qu’il s’en va avec elle, cela laisse beaucoup de place pour l’amour éternel tout ça!

D’ailleurs les enfants sont assez dégoutés de l’amour je trouve. Alex lui ne veut pas vraiment d’enfants, juge énormément son père (et sa mère).  Et bien évidemment, souvent les couples ne tiennent pas, surtout les couples à l’école, et c’est mieux ainsi, mais commencer une relation en se disant que de toute façon, cela ne va pas tenir (ou Alex qui dit que très probablement son ami et sa toute nouvelle copine vont casser)…c’est quand même moyen et pas super positif.

[Attention, je dévoile la fin]

C’est un peu trop »happy-end communauté hippie » à la fin, mais pourquoi pas. Il arrive à adoucir un peu ce côté là, en précisant que tout n’est pas rose, qu’il y a des disputes, des soucis…mais leur arrangement parait tout de même assez idyllique. Tout le monde heureux dans une belle et grande et riche maison (dont ils payent les taxes comment exactement sans l’incroyable salaire du mari? ) et la vie est belle.

C’est vrai, je râle beaucoup, mais je me demande juste combien de temps cela va durer (avant qu’un des gamins partent étudier ailleurs ou qu’une des deux femmes décident de se remettre en ménage tout simplement).

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Encore un roman jeunesse que je ne regrette pas d’avoir lu. Et pour une fois, je peux conseiller les garçons. un tel livre pourrait bien leur plaire!

  • Extrait

C’est bizarre, non, ces discours que tout le monde fait alors que chacun sait à quoi s’attendre? C’est bizarre, ces rôles qu’on endosse et qu’on joue en souriant. C’est comme ces leçons de morale qu’on nous assène à tout bout de champs alors que ceux qui les assènent n’y croient pas une seule minutes. Je crois que je n’ai pas encore bien compris comment fonctionne le monde.

Moi et la littérature jeunesse

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