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Titre : Les filles de l’ouragan ( vo : The good daughters)
Auteur : Joyce Maynard
Date : 2010
Nombre de pages : 330

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  • L’intrigue

Ruth et Dana sont nées le même jour.

Appartenant à des familles complètement différentes (Ruth est fille de fermiers bien ancrés sur leurs terres et Dana, fille d’artistes toujours sur le départ), elles n’ont rien en commun : Ruth aime dessiner et vit de manière passionnée, Dana est plus terre-à-terre et voudrait travailler le sol plus tard.

Ces deux petites filles vont grandir, choisir un chemin différent, prendre de bons et mauvais choix.

  • Ce que j’en ai pensé

Après la réussite de ma lecture de Baby Love, j’ai décidé de m’intéresser un peu plus à cette auteure. Et, même si cela n’était pas raisonnable du tout, j’ai rapidement emprunté un autre de ses romans : les filles de l’ouragan.

C’est bien simple, j’avais du mal à m’arrêter de lire. Je trouve que cette auteure a une écriture tellement puissante qu’on est passionné d’un bout à l’autre.
Je ne devais le lire que lors de mes trajets de métro, or je l’ai lu tout le temps : aussi bien dehors que chez moi, laissant de côté pour quelques jours l’excellent roman de Herbjorg Wassmo « cent ans », trop lourd pour que je puisse l’emmener partout.

Et pourtant, j’ai du mal à en faire la critique. C’est étrange. Ce roman m’a énormément plu, mais je suis incapable d’expliquer pourquoi.

Il y a d’abord l’écriture. Je le trouve magnifique. On est entraîné avec elle dans l’histoire, on est plongé dans son style. Vraiment, je n’ai aucun problème pour dire que c’est une grande écrivaine qui, j’espère, va compter dans la littérature anglo-saxonne.

Par contre, on ne peut pas dire qu’elle fait dans les romans joyeux. Ces histoires sont amères, ont l’air tellement réelles et tristes. C’est la vraie vie, avec ses hauts et ses bas. J’aime beaucoup ce genre de romans.

C’est la vie entière de ses deux femmes qu’on lit : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, les enfants, le mariage, le travail…

J’ai beaucoup aimé tous ces parallèles, de les voir vivre les mêmes expériences, souvent à plusieurs centaines de kilomètre de là.
Toutes les deux (pourtant si diamétralement opposées) se rejoignent par un sentiment commun : l’impression de ne pas être à sa place. De n’avoir rien à faire ou elles se trouvent. Que leurs vies est ailleurs.

Il est difficile de vivre avec une telle impression en permanence. Elles ont d’ailleurs du mal à trouver leurs places légitimes.

Ce roman nous propose donc une réflexion sur l’individu : Quand il grandit et fait ses choix de vie, qu’est ce qui vient de l’inné? Qu’est-ce qui vient de l’acquis? Quelle est la part la plus importante?
Je trouve pour ma part que l’inné prend une plus petite part dans la construction d’une identité. Je pense vraiment que l’éducation, que l’acquis est plus important. J’ai l’impression que pour Joyce Maynard, c’est plutôt le contraire.

[Attention, je dévoile la fin]

Bon, par contre, j’avais deviné la fin assez rapidement. De ce côté là, à moins d’être un des personnages, la vérité se devine tout de suite.

Je ne pense pas d’ailleurs que Joyce Maynard ait voulu en faire un secret. Il s’agissait plutôt de faire monter la tension pour le lecteur et d’attendre la toute fin du livre pour expliquer enfin toute l’histoire.

C’est absolument abominable ce que le père a fait. On dirait qu’il est le gentil dans l’affaire durant tout le livre, mais il n’a aucune excuse. C’est vraiment juste un pauvre type égoïste.
Je ne comprends pas comment la pauvre femme n’a pas pu aller chercher son véritable enfant. Je sais que c’était une autre époque, avec d’autres mœurs et coutumes, mais quand même, c’est abominable!

————————————–

C’est vraiment un excellent roman, que j’ai été incapable d’arrêter longtemps. Je le conseille et j’ai hâte de lire ses autres livres (c’est décidé, je vais lire tout ce qu’elle a écrit!).

  • Extrait

Je regrettais la façon dont je regardais alors le monde, la richesse de ce qui s’était offert à moi, la faim que j’avais ressentie, le désir qui me brûlait. J’avais un jour vécu dans un pays sauvage et magnifique, dont je ne retrouvais plus le chemin. J’avais parlé une langue que je ne connaissais plus. Quelque part sur la planète, se jouait une musique que mes oreilles ne pouvaient pas entendre.

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