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Titre : Cent ans
Auteur : Herbjorg Wassmo
Date : 2009
Nombre de pages : 557

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  • L’intrigue

Herbjørg Wassmo décide de raconter l’histoire de sa famille sur 4 générations : elle commence par son arrière-grand-mère Sara Susanne, puis par sa grand-mère Elida et finit par sa mère Hjørdis et elle-même.

4 générations de femmes vont se succéder, aimer, se marier, faire des erreurs, être heureuses, avoir des enfants…

  • Ce que j’en ai pensé

Et encore un coup de cœur pour le mois de juillet!
Cela fait du bien! Une fois de plus la formule « histoire de famille et de femmes » a parfaitement fonctionné! J’ai adoré découvrir la vie sur 4 générations de cette famille.

Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu l’occasion de m’intéresser à la littérature nordique. Je crois d’ailleurs que c’est la première fois que je lis un roman norvégien. Donc une belle découverte et une bonne manière de commencer!

Autre fait inhabituel, j’ai eu beaucoup de mal à faire cette critique. Ce qui est étrange, c’ est que, même si j’ai adoré ce livre, j’ai énormément de mal à dire pourquoi.

Ce roman est constitué de plusieurs « cahiers », qui racontent principalement l’histoire de ses 3 femmes (l’auteure étant un peu en retrait).
Ces cahiers ne suivent pas un ordre chronologique. Souvent quelques chapitres traitent d’une des femmes, puis on passe à la suivante. On avance ainsi sur la vie de ses trois personnes en même temps. C’est vraiment un roman à propos de personnes sur des personnes. Il n’y a donc pas énormément d’actions, je préviens tout de suite.

Ce roman est un livre de femmes. C’est leurs vies, leurs pensées à elles qui y sont détaillées. Ce sont des portraits très réalistes de cette époque, où les droits de la femme commençaient à peine à exister.

La vie d’une femme du 19ème siècle n’était pas particulièrement réjouissante. Ajoutez en plus un pays rural difficile et pauvre dont la tradition familiale est de vivre de la pêche et de la ferme et de faire beaucoup d’enfants, cela donne ce roman.
Qu’est-ce que représentait la vie d’une femme durant ces années là : le mariage, le foyer et les enfants.

Même si tous les personnages principaux sont féminins, les hommes restent très présents, voir même au cœur de leurs vies, que ce soit les frères, les pères, les époux, les fils…

Le divorce n’existait pas. Quand on se mariait, c’était pour de bon. Les vies de ses trois femmes vont être déterminées par l’époux qu’elles auront choisis.
Sara Susanne fait un mariage de raison, voulu par sa famille. Elle épouse Johannes Krog (qu’elle connait mal)  pour partir de chez elle, parce qu’il a l’air d’un homme bon et entreprenant dans son travail et parce qu’il faut bien se marier.
Leur couple sera plutôt un succès, même si Sara Susanne n’aura qu’un destin : enfanter. En effet, elle aura douze enfants.

Sa dernière-née, Elida décide de faire un mariage d’amour, avec Frédérik, contre l’avis de sa famille.
Son époux, loin d’être solide, s’épuisera dans la ferme et finira par tomber gravement malade. Il devient incapable de subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Elida, qui en a assez de ses grossesses (elle aussi aura énormément d’enfants), en profitera pour réaliser un vœux : découvrir un peu le monde.

Elle décide d’accompagner son époux à la capitale, où il sera reçu à l’hôpital et de placer ses enfants afin de pouvoir s’occuper tranquillement de son époux.

Hjørdis, elle fait partie des enfants placées d’Elida. Elle vivra comme un déchirement le jour où sa mère revient la chercher de sa famille d’adoption et la ramène -à l’âge de 6 ans- chez elle. Comme sa mère, elle fera un mariage d’amour qui lui, tournera mal.
D’Herbjørg, (l’auteure), on n’apprendra pas grand chose, à part une partie de son enfance. Harcelée par son père qu’elle nomme « lui » et obligée de le fuir, elle commence à écrire. Pour elle, écrire est une façon de s’évader, de ne plus souffrir.

Je pense que mon personnage préféré est Sara Susanne. J’ai beaucoup aimé suivre sa vie, son courage, sa bonté, son désir de bien faire. La découverte de son époux, de la vie qu’elle allait mener, son épuisement face à ses enfants et ses grossesses et ce qu’elle pense de tout ça a été extrêmement intéressant à lire. Cest vraiment un personnage attachant.

Elida, elle, est celle qui a le plus de caractère. Dès le début, on voit ce qu’elle veut dans la vie et comment elle va faire pour y parvenir. Très amoureuse de son époux, aimant énormément ces enfants, elle voit bien pourtant que cela ne lui suffit pas. Mais à l’instar de sa mère, elle va essayer de changer sa vie. Son geste de mettre ses enfants en nourrice va être très mal perçu par tous. On ne se sépare pas de ses enfants, à moins d’être une mère indigne. Mais elle résiste. elle veut faire autre chose que juste materner et s’occuper d’un intérieur.

J’ai moins aimé les passages avec Hjørdis, dont je n’ai pas trop aimé le caractère retiré et soumise. Cela m’a agacé.

L’autre fait intéressant dans ce roman, c’est de voir petit à petit la société évoluer : l’arrivée du téléphone, des voitures, les guerres…En 100 ans, on voit vraiment comme l’être humain a évolué et vers quoi.

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Un beau roman, pour qui aime les histoires de famille, passionnant, attachant. C’est une auteure que j’ai découverte (et dont j’ai bien envie de lire d’autres romans immédiatement) et un pays. Je n’avais pas envie de le terminer trop vite. Malgré une critique un peu hasardeuse, je le conseille vivement.

  • Extrait

Cela réconforte de considérer la famille dans son ensemble. De voir autre chose que la dissimulation, la honte, la haine. Cela réconforte aussi de voir chacun des membres en instantané, tels qu’ils étaient alors. Non tels qu’ils sont devenus plus tard. 

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