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Titre : Mademoiselle Chambon
Auteur :Eric Holder
Date : 1996
Nombre de pages : 174

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  • L’intrigue

Antonio vit avec sa femme Anne-Marie et son petit garçon Kevin dans une petite ville. Un jour, il va chercher son fils à l’école et il rencontre la maitresse, mademoiselle Chambon.

Cette première rencontre va bouleverser leurs vies.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai décidé de lire ce roman, comme ça, par hasard. Il se trouvait dans ma bibliothèque, j’avais envie d’un roman court, je l’ai donc pris.

Je n’ai regretté cet hasard, j’ai passé un très agréable moment avec ce petit livre, dont je ne connaissais pas l’auteur.

Eric Holder a une écriture très douce, très agréable dans ce roman. On prend un réel plaisir à le lire, à se laisser porter par les phrases et par l’atmosphère feutré que ce livre dégage.

C’est un étrange petit livre. Même au moment où je l’ai fini et ou je fais sa critique, je ne sais toujours pas quoi en penser.

Le thème de ce roman est la naissance du désir amoureux. Suggéré et décrit avec beaucoup de délicatesse et de douceur, c’est la rencontre de deux êtres qui ne se ressemble en rien qui est écrite ici.

On peut lire les différentes étapes : la rencontre, l’émoi, le bonheur (sans encore vraiment oser l’associer à l’autre), l’impossibilité d’arrêter de penser à la personne, le désir…

Les personnages qu’Eric Holder décrit sont des personnes très simples (et pas dans le mauvais sens du terme). Antonio, marié très jeune est père et maçon. Véronique, elle est institutrice. Ils vivent dans une petite ville de province, sans beaucoup d’argent, sans excès, jour après jour.

J’ai trouvé cela assez désespérant, cette manière de décrire la ville et ses habitants. Comme ci c’était une sorte de prison, qu’on ne peut pas en sortir et que l’ennui y est profond. J’avais vraiment l’impression qu’ils étaient comme coincés dans cette ville, où tout le monde connait tout le monde et où il ne se passe jamais rien. Ou il n’y a pas d’intimité, pas d’argent, pas de bonheur violent possible. S’lls sont heureux, c’est tranquillement, tout bas.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Anne-Marie, la femme d’Antonio. Alors que mademoiselle Chambon m’énervait plutôt et qu’Antonio me faisait pitié, j’ai trouvé Anne-Marie très brillante, très forte et humaine. Elle a pris sa vie en main dès le début et petit à petit, elle a commencé à construire sa vie, sa famille…Elle sent immédiatement le danger que l’institutrice de son fils apporte. Mais elle aime son époux et elle veut pouvoir avoir confiance en lui. Je l’ai trouvé très courageuse.

C’est triste, c’est violent et pourtant très doux.
C’est un roman vraiment étrange, vraiment particulier. Eric Holder nous parle d’un sentiment très fort, en plus que l’amour : le sens qu’on donne à nos vies. Pourquoi vit-on? Pourquoi lui, Antonio vit-il? Ou plutôt pourquoi se contentait-til de vivoter avant cette rencontre? On dirait que cette institutrice l’a réveillé d’un long coma. Il semble revenir à la vie. Anne-Marie et son fils ne suffisaient pas. Son travail ne suffisait pas. Rien ne suffisait.

Cela m’a fait penser à la phrase d’Alphonse de Lamartine : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». C’est exactement ce qui arrive à Antonio.

[Attention, je dévoile la fin]

La fin, tellement brusque et brutale, c’est comme ci c’était un retour à la réalité, aussi bien pour Antonio que pour le lecteur. On sort de l’atmosphère feutré et délicate dans laquelle le roman baigne. On revient dans le monde réel, brusque, violent et laid. Cela m’a rendue triste.

Comme cela m’a attristé qu’Antonio s’intéresse à une autre femme, alors qu’il en a une tellement fantastique chez lui. Il est incapable de quitter Anne-Marie, mais il aime violemment Véronique qui l’a réveillé de son train-train de vie quotidien.
Heureusement encore qu’il ne s’est rien passé entre eux.

Je trouve cela triste. D’ailleurs plus j’y pense, plus je trouve ce roman triste.  Mais Erci Holder arrive à ne pas tomber dans le ridicule, le mélodramatique. Il en fait juste assez et c’est parfait.

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Ce roman délicat fut une belle découverte, une petite parenthèse dans mes lectures. Je pense que je vais le garder en mémoire pendant un petit moment. Je le conseille, mais autant ne pas être mélancolique.

  • Extrait

C’était le dimanche midi et, autour de nous, aurions-nous oublié le calendrier, tout disait cette sorte de langueur, le temps enfin retrouvé de vivre, et qui étire ce jour-là.

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