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Titres : Nox 1. Ici-bas 2. Ailleurs
Auteur : Yves Grevet
Date : 2012
Nombre de pages : 420 ; 424

Sans titre 1

  • L’intrigue

Dans un futur lointain, la société est divisée en deux parties : Les pauvres qui vivent dans la nox (un brouillard opaque et dangereux pour la santé) et les riches, qui vivent à la lumière du soleil.
Dans ce monde très codifié, une jeune fille, Ludmilla, habitante du monde des riches, décide de partir à la recherche de son ancienne gouvernante qui l’a élevé, renvoyée sans raison chez elle dans la nox.

D’autre part, Lucen, un jeune homme vivant dans le brouillard, essaye de convaincre ses parents de le laisser épouser la fille qu’il aime.

  • Ce que j’en ai pensé

C’est grâce à l’article de Georges que j’ai découvert ces deux romans. Sa chronique sur le premier tome donnait très envie de s’y plonger.
Je me suis donc renseignée à la bibliothèque et j’ai emprunté le premier tome et réservé le second (et j’ai été ravie de constater qu’il n’y avait que deux tomes! cela change de l’habituelle trilogie!).

Ces deux romans sont vraiment très très bien. Je ne regrette pas du tout de les avoir découvert, il aurait été dommage de les rater. Et je compte les conseiller aussi souvent que possible.

Par contre, c’est assez étrange, mais cette petite saga m’a mise très mal à l’aise. Très très mal à l’aise. Au point que je n’avais pas envie de la continuer, tout en ayant très envie de savoir ce qui allait se passer (je sais, c’est très contradictoire). Mais je ne sais pas, c’est mal passé : elle m’a beaucoup angoissée et j’ai été ravie d’avoir à attendre plusieurs semaines pour lire le deuxième tome.

Autant le dire, cela a un peu gâché ma lecture…Je crois que j’ai un peu de mal avec les dystopies, dont les scénarios toujours un peu noirs me mettent mal à l’aise.

Par contre, je ne peux que tirer mon chapeau à l’auteur : le monde qu’il a créé est extrêmement bien construit et passionnant. Mettre finalement l’atmosphère et l’oxygène comme moyen de reconnaitre les classes et la richesse est génial, surtout quand on voit la situation du monde maintenant, où on continue à polluer sans compter.
J’ai adoré en savoir plus sur cette société, ses lois, ses différents quartiers, sa justice…et surtout comment les êtres humains pouvaient vivre dans la nox : la façon dont il produise de la lumière, qu’ils tentent de se protéger au maximum de la pollution, leurs métiers, leurs mariages…

Par exemple, pour se marier, il faut que les époux soient sûr d’être « compatibles », car leur espérance de vie est plutôt courte. Que signifie être compatible? Il faut que la fille soit enceinte, afin que le couple soit sûr d’avoir une descendance et puisse se marier.

Yves Grevet a donc construit un monde très intéressant, dont on veut connaitre les détails, aussi bien dans la nox que dans la société vivant à l’air libre (mais celle-ci ressemble déjà beaucoup plus à la nôtre).

De plus, ses personnages sont plutôt attachants et profonds. L’action ne met pas trop longtemps à arriver et les péripéties s’enchaînent à grande vitesse!

Les livre est construit sous plusieurs points de vue différents.

[Attention, je dévoile des éléments des deux tomes lors de ma critique]

Tome 1

Dans ce premier tome, on a Lucen, Ludmilla et Gerges qui sont les narrateurs au fil de l’intrigue.

Yves Grevet met son monde très rapidement en place. Mon Dieu, quel suspense! Rien que pour cet aspect là, l’auteur est très bon! Plusieurs fois, j’ai dû me rappeler que ce n’était qu’un roman et que je n’avais pas de raison de m’identifier et de vivre autant l’histoire!

C’est un tome qui met tout de suite en bouche : impossible de ne pas vouloir savoir la suite!

Si j’avais du mal à m’intéresser à Ludmilla (même si ce qui lui arrive est intéressant, surtout à la fin, avec son association. On sent qu’elle commence vraiment à grandir, et qu’elle n’est plus la gamine un peu insouciante et stupide du début).

Lucen est un personnage très bien, très propre sur lui : le fait qu’il refuse de choisir entre ses amis. J’ai bien aimé la bande d’amis qui résistaient à toutes les pressions de la part des familles, de la société. Ce roman est basé sur l’amitié : aussi bien ses trahisons que ses coups de main.

Ce qui peut paraître un peu agaçant c’est qu’à cause du changement de narration, il y a une répétition des scènes. En effet, souvent, Yves Grevet a fait le choix de nous montrer la même scène plusieurs fois, mais sous un point de vue différent.

Moi j’ai bien aimé, parce que cela permettait de savoir exactement ce que tous pensaient à ce moment là. Mais parfois, on a juste envie d’avancer dans l’action et de savoir ce qui va se passer après!

Ce roman est très sombre. Très négatif…il y a peu d’espoir, ce n’est pas très engageant. On meurt facilement, on va en prison pour un rien, on se fait torturer, on souffre et on meurt jeune malade à cause de l’air. Franchement, ce n’est pas un monde engageant et il est difficile de pouvoir vivre en paix (même si on le souhaite).

Tome 2

Dans ce roman là, une voix de plus est ajoutée à la narration : celle de Firmie, la femme de Lucen.

Le thème de ce roman est l’amour et tout particulièrement l’amour parental et entre époux. On voit que c’est vraiment l’amour qui porte parfois les personnages et qui permettent qu’ils trouvent la force de survivre et de trouver des solutions. C’est vraiment très beau.

Le seul point négatif de ce roman est le nombre incroyable de coïncidences étranges et positives qui arrivent! Une fois d’accord, deux fois pourquoi pas, mais après cela faisait un peu exagéré et facile…Mais bon, ce n’est qu’une petite remarque, cela ne m’a pas énervé, j’ai plutôt trouvé cela drôle.

J’ai beaucoup aimé connaitre le point de vue de Firmie dans ce roman. Elle apporte vraiment un peu à l’histoire et son histoire est loin d’être banale.

Gerges est certainement celui qui évolue le plus dans ce roman. Alors qu’il m’était un peu indifférent dans le premier tome, je trouve qu’il gagne en profondeur en trahissant ses anciens amis, en choisissant enfin un camps et en se rendant compte des défauts du camps.
J’ai beaucoup aimé le dénouement finalement…l’indifférence, la lassitude qui l’envahi…le besoin finalement de mettre enfin tout cela derrière lui et de tout reprendre à zéro avec sa nouvelle famille.

J’ai été ravie de la fin, plutôt positive, sans l’être tout à fait. Cela ne faisait pas trop happy-end avec tout le monde qui finit bien.

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Deux très bons romans jeunesse…une dystopie très intéressante, avec des personnages attachants, une intrigue géniale…même si je suis soulagée de les avoir terminé, je les conseille vivement!

  • Extrait

A l’âge adulte, vers la fin du lycée, nous sommes censés tout savoir : qu’ils habitent à quelques centaines de mètres de nous, au-delà du no man’s land, et que le fruit de leur exploitation nous permet de bien vivre, que leurs conditions d’existence entraînent pour eux une durée de vie très courte et une surmortalité des enfants en bas âge, mais que c’est ainsi depuis des générations et que rien ne justifie ue cette situation change un jour.

Moi et la littérature jeunesse

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