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Titre : L’Etrange vie de Nobody Owens (vo : The graveyard book)
Auteur : Neil Gaiman
Date : 2001
Nombre de pages : 310
Age : à partir de 13 ans

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  • L’intrigue

Un assassin s’introduit dans une maison et tue tous les membres d’une famille.
Mais, par un heureux hasard, un tout petit garçon arrive à s’échapper de son lit et à aller vers un cimetière.

Les fantômes du cimetière décident de prendre l’enfant sous leurs ailes et de le protéger contre l’assassin qui rôde toujours, bien décidé à terminer sa mission et à le tuer.

C’est ainsi que cet enfant, que les fantômes ont appelé Nodody Owens grandit. Mais le monde extérieur l’attire énormément…

  • Ce que j’en ai pensé

Mon dieu! Quel roman! Quelle histoire! Quelle imagination!!
C’est ma découverte de cet auteur et je ne compte pas m’arrêter là! Il a réussi à créer un monde absolument formidable et fantastique et il est dommage que ce roman soit si court.

Si court et pourtant, tellement complet! Il n’y manque rien. Ce qui fait tout ce roman (en plus de l’intrigue et de son monde), c’est son ambiance.
Ce que je vais dire n’est pas très nouveau, je pense, mais on a l’impression de se retrouver au milieu d’un Tim Burton (en tout cas, le Tim Burton des débuts, avec Sleepy Hollows et l’Étrange noël de monsieur Jack)!

C’est une ambiance gothique, noir et magique…mais aussi très mélancolique et dure je trouve, pour un roman pour 13 ans…

Durant tout le récit, on est accompagné par les illustrations de Dave McKean, qui se marient à la perfection avec le texte et qui – pour ne rien gâcher- sont magnifiques!

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Je pense que j’ai tout aimé : la découverte de ce monde de fantômes, avec leurs réunions, le coin du cimetière non-consacré – où se trouvent les « sorcières », les voleurs et les assassins – , les goules, les tumulus…j’ai vraiment adoré découvrir tous ses aspects, qui sont absolument passionnants.

Nobody Owens est un personnage très sympathique. Il est adorable en fait. Plein de bonne volonté, il apprend à lire sur les tombes, à disparaître, à utiliser des pouvoirs que le cimetière met à sa disposition. Il est bien évidemment curieux du monde extérieur et désire aller à l’école, tout en voulant rester proche de sa « famille ». Il a bon cœur, ce qui l’entraîne parfois dans des situations cocasses et dangereuses.

A la fin de chaque chapitre, il progresse, il comprend certaines leçons de vie et il grandit. Se trouvant entre le monde des morts et des vivants, il a des perceptions différentes et c’est assez intéressant à suivre.

J’ai beaucoup aimé le chapitre de la « danse macabre ». Je trouve que l’image qu’il montre est vraiment très poétique et belle, même si triste. J’ai beaucoup aimé aussi tout ce qui avait trait avec le tumulus.

J’aurais voulu en savoir un peu plus sur le personnage de la Dame grise et sur les Jack, mais ce ne sont des détails.

[Attention, je dévoile des événements de la fin]

J’ai trouvé la fin assez…dure (le mot qui vient à l’esprit est « violente », mais c’est un peu trop fort…pourtant, j’ai éprouvé cela).
Nobody apprend à ces dépends, que, même quand on pense faire le bien (c’est-à-dire, sauver des vies et enfin parvenir à arrêter un méchant), d’autres personnes ne voient pas ça. Alors que lui a intégré que, pour arrêter un méchant, il faut autre chose que juste lui demander gentillement : Il faut être prêt à se défendre et à attaquer. Son plan était génial, il n’y a rien à dire.

Bien entendu, Scarlett était une petite fille, à qui il n’était jamais rien arrivé de pire que le divorce de ses parents, elle n’était en rien préparé à ça, mais j’ai trouvé sa réaction…très violente.
Surtout sa demande à Silas : elle veut tout oublier. Elle préfère n’avoir jamais vécu ça et retourner à sa vie quotidienne, sans magie ni monstres. Etant donné que c’est définitif, je trouve ça très fort, comme message. Elle préfère effacer Nobody de ses souvenirs, aussi bien les bons que les mauvais moments.

J’ai eu de la peine pour lui, qui perd pour la deuxième fois sa seule amie. Je trouve cela aussi dur de le voir seul à 15 ans pour affronter le monde.

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Un très beau roman, empreint d’une certaine ombre mélancolique qu’on ne trouve que rarement dans les romans pour enfants, mais qui fait tout son charme. Ajoutez à cela une histoire incroyable, une imagination de folie et de beaux dessins et vous avez ce magnifique roman, que je ne peux que conseiller vivement.

  • Extrait

– Et alors ? Ce n’est jamais que la mort. C’est vrai, quoi, tous mes meilleurs amis sont morts.
– Oui (Silas hésita) Ils le sont. Et ils en ont, pour la plupart, terminé avec le monde. Pas toi. Tu es en vie, Bod. Cela veut dire que tu disposes d’un potentiel infini. Tu peux tout faire, tout fabriquer, tout rêver. Si tu changes le monde, le monde changera. Le potentiel. Une fois que tu est mort, c’est terminé. Fini. Tu as fait ce que tu as fait, rêvé ton rêve, écrit ton nom. Tu peux être enterré ici, tu peux même te déplacer. Mais ce potentiel n’existe plus.

Moi et la littérature jeunesse

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