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Titre  : Entre ciel et terre
Auteur : Jon Kalman Stefansson
Date : 2007
Nombre de page : 253

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  • L’intrigue

Bardur est un pêcheur à la morue en Islande il y a environ un siècle. Tout à sa lecture du Paradis perdu de Milton, il oublie sa vareuse en partant en mer.
Ce jour-là une tempête se déclenche et il en meurt de froid. Son meilleur ami, le gamin décide d’entamer un long et dangereux voyage pour rendre le livre au propriétaire et essayer de décider si la vie mérite d’être vécue.

  • Ce que j’en ai pensé

Et voilà! Dernier livre de la sélection du Prix des Lectrices! C’est bon, j’ai terminé mes lectures, je peux avoir l’esprit tranquille.
Ce roman est donc le choix de Miss Bouquinaix. Je la remercie vivement pour cette découverte!

Je dois avouer que j’avais un peu peur. Peur de me retrouver devant un livre déprimant, qui n’allait pas me plaire et qui allait me plomber la semaine.
Et finalement, je suis contente de ce cadeau et je suis contente de m’être lancée, puisque cette lecture fut un coup de cœur!

J’ai lu ce petit roman en plusieurs jours, me forçant souvent à m’arrêter, histoire de ne pas aller trop vite et de déguster. C’est ça mon seul regret: le manque de temps. J’aurais voulu le lire un soir d’hiver bien au chaud dans mon lit avec un thé et pas de travail le lendemain. Il le méritait bien.

Parlons tout d’abord et avant tout du style.
C’est je trouve ce qui fait tout ce roman : l’écriture sublime de Jon Kalman Stefansson.
Je ne sais pas comment le dire autrement, mais je me suis laissée porter par le lyrisme et la poésie de son écriture (et le traducteur a fait un super travail!), j’ai été stupéfaite et charmée.  Cela faisait un long moment (depuis « Le sermon sur la chute de Rome » de Ferrari ) que je n’avais pas été à ce point-là touché par l’écriture d’un auteur.

J’ai également beaucoup aimé l’histoire : découvrir tout un pays, toute une culture…(mon dieu, quel froid!!)

L’oubli de la vareuse me parait tout à fait plausible. Combien de fois l’a t-il prise cette vareuse pour aller à la mer? A chaque fois. Quand on répète tellement un geste, cela devient une habitude. Et parfois, alors qu’on est persuadé d’avoir accompli le geste, on oublie : Parce qu’on est dans la hâte, la lune, et qu’on est plein de souvenirs de répétition de ce même geste, jours après jours.
Combien de fois est-ce que je me suis torturée l’esprit, persuadée de n’avoir pas fermé ma porte à clef en partant parce que, effectuant cette tâche sans vraiment y penser, je ne me souvenais plus du geste?

Donc pour moi, le point de départ est plausible.

J’ai beaucoup aimé la quête du gamin : faut-il oui ou non vivre? Est-ce que cela en vaut la peine, vu la vie qui l’attend?
Ou vaut-il mieux se laisser aller et mourir, pour ne plus sentir, plus penser…Alors qu’il est décidé à en terminer avec la vie, son corps et son esprit, dès qu’il ne les contrôle plus, montrent au contraire un immense désir de vivre et de profiter de tout ce que l’existence peut offrir.

C’est un deuil qu’il a à effectuer, le deuil de son meilleur et seul ami, mais aussi de ses parents et de sa famille et de son ancienne vie de pêcheur. Un grand travail sur soi. Il est plus simple de décider que plus rien n’a d’importance et de se laisser aller, plutôt que de se faire violence et admettre sa tristesse et son besoin de se remettre de son chagrin.
J’ai aussi aimé son arrivée au village et la présentation des autres personnages, qui promettent énormément de choses pour les tomes suivants!

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Un très beau roman, avec une écriture tellement sublime que j’en suis encore stupéfaite. J’ai hâte de lire la suite (c’est une trilogie), même si je vais attendre un peu avant de l’attaquer, bien prendre mon temps. Et puis, je dois avouer que j’aimerais le relire, j’ai vraiment l’impression d’avoir presque raté des choses, des émotions, des phrases…

Vraiment, c’est un roman qu’il faut avoir lu. Je remercie encore vivement Miss Bouquinaix pour cette fabuleuse découverte.

  • Extrait

L’homme est une créature étonnante. Il lutte contre les puissances naturelles, triomphe de difficultés apparemment insurmontables, il est le seigneur de la terre et pourtant, il maîtrise aussi peu sa pensée que les gouffres qu’elle recouvre, qu’abritent ces abîmes, comment se forment-ils, et d’où nous viennent-ils , ces profondeurs obéissent-elles à des lois ou bien l’homme traverse-t-il la vie avec, au fond de l’âme, un périlleux chaos?

prixdeslectrices

J’ai à présent hâte de la réunion en octobre du Club des lectrices, où on décidera quel est le grand vainqueur de ce prix!